Les provinces suspectent dans le budget national élaboré par le gouvernement central une non prise en compte de leurs attentes sur la rétrocession des 40 % des recettes qu’elles produisent. L’enjeu est en passe de soulever un chaud débat.

Si les députés l’attendaient en septembre, le gouvernement a finalement déposé, le 21 novembre, son projet de loi budgétaire pour l’exercice 2008 au Bureau de l’Assemblée nationale. Le ministre du Budget, Adolphe Muzito, s’est voulu rassurant. Le Budget 2008 est de loin mieux que celui de 2007. Il s’évalue à 3,338 milliards de dollars.
Le katanga veut voir
Et selon le ministre de l’Information et de la Presse et porte-parole du gouvernement, Toussaint Tshilombo Send, les crédits alloués au budget de l’année prochaine prennent en compte les aspects liés à la décentralisation territoriale. Mais, si ce projet n’est pas encore mis à l’examen des Chambres, nombre de provinces, les Assemblées provinciales ont adopté le budget 2008 pour leurs provinces.
La province Orientale, l’Equateur et les deux Kasaï se sont déjà dotées de leurs budgets. Il vaut en dépenses au moins près du double de celui de l’exercice 2007. Le Kasaï occidental, par exemple, est même allé au firmament: son budget se chiffre à 109 millions de dollars, soit 156% de croissance par rapport au budget 2007. Le gros des recettes qui composent ce budget n’est point un acquis.
Le gouverneur, Trésor Kapuku Ngoy, et l’Assemblée provinciale, bien que s’observant en chiens de faïence, s’accordent toutefois sur le fait que les fameux 40% devant, selon la constitution, être retenus par les provinces sur l’ensemble des recettes qu’elles auront réalisées, contribueront à tenir ce budget. Au Katanga, on se veut, par contre, plus prudent. L’assemblée locale a, en majorité, préféré attendre ce que représentent en termes financiers ces 40% des recettes qui reviennent à la province. Pacta sunt servanda, soutient, au contraire, Alphonse Ngoy Kasanji, le Gouv’ du Kasaï oriental.
Qui, depuis Paris où il se trouvait en quête d’investisseurs, a attesté sur Rfi que le chef de l’Etat, Joseph Kabila, a personnellement souscrit au principe de rétention des 40% par les provinces au cours d’une rencontre avec tous les gouverneurs de province. « C’est une disposition constitutionnelle », rappelle Ngokas d’un ton plutôt revendicatif et moins rassuré. « Le 1er janvier 2008, elle sera d’application », renchéri-t-il.

Le budget 2008 du Kasaï oriental se chiffre à quelque 33 millions de dollars. Mais au moins 19 millions, soit plus de 55% de l’enveloppe budgétaire, reposent sur une hypothétique rétention de 40% des revenus à la province. De l’avis des analystes, le gouvernement central accordera certes des crédits on ne peut plus consistants aux provinces par rapport à 2007.
Les velléités
Mais le principe des 40% ne pourrait entrer en vigueur que quand la loi Kalume sur la décentralisation s’appliquera dans l’arrière-pays. Avec ce déjà redouté Commissaire de l’Etat nommé à Kinshasa pour représenter le gouvernement central en province, les Gouv’ manifestent déjà des velléités de s’affranchir de Kinshasa. Il appert que celui du Katanga, Moïse Katumbi Chapwe, a été interdit de faire le déplacement de la Chine où il a pourtant été officiellement invité début novembre. Alors que le Gouv’ du Maniema, Didier Manara, jugé plutôt modéré, s’est rendu à Guangzhou via Kinshasa.
Pold Kalombo/Le Soft International
Last edited: 27/11/2007 16:57:42