À la tombée de la nuit, deux camions de vivres sont arrivés. Mais, selon Blanchard Mbela, habitant sur l’avenue Kulumba com/Bumbu, le lendemain matin, ces véhicules étaient déjà à moitié vides. Cela, avant même que le partage n’ait commencé.
Avec les pluies diluviennes qui se sont abattues sur Kinshasa en octobre dernier, la commune de Bumbu a eu aussi ses sinistrés. En guise de réconfort, le gouverneur André Kimbuta promis un sac de riz à chaque ménage frappé. Mais, la population accuse l’autorité municipale d’avoir détourné cette aide humanitaire. Car, après le partage, aucune parcelle n’a eu plus de trois hors de riz. Les responsables de la commune soutiennent que la promesse du gouverneur n’a été qu’un discours politique.
Pour non respect des normes urbanistiques, Kinshasa a connu un véritable désastre à la suite des pluies diluviennes qui ont inondé ses communes à la fin du mois d’octobre 2007. A cet effet, André Kimbuta, le gouverneur de la ville est passé ici et là pour consoler les victimes des eaux traîtresses. Arrivé dans la commune de Bumbu au soir du 30 octobre, le gouverneur de la ville assurait que chaque parcelle touchée par les inondations aurait droit a un sac de riz de 50 kg, des haricots, du lait, des boîtes de conserve de sardines comme de corned-beef, du sel, du sucre et des poissons sales.
À la tombée de la nuit, deux camions de vivres sont arrivés. Mais, scion Blanchard Mbela, habitant sur la rue Kulumba n° 30, le lendemain matin, ces véhicules étaient déjà a moitié vides. Cela, avant même que le partage n’ait commencé. Depuis ce jour-là, dit-il, quelques cadres politico administratifs de notre commune ont attrapé de l’embonpoint.
Les responsables des bureaux de quartiers se sont abondamment servis sur notre dos.
Au quartier Dipiya, M. Salamau, propriétaire de la parcelle sise rue Lubaki n° 18, n’est pas content. Il affirme que pour cette parcelle de 49 personnes, ils n’ont eu droit qu’à un bol de riz (sakombi), un bol de sucre et une boîte de sardines. Quant à papa Pululu de la rue Mukoso n° 27 au quartier Lokoro, il n’a obtenu que 2 bols de riz pour sa parcelle qui contient 14 personnes. Et maman Cécile Kankala déclare : « Je suis allée perdre mon toute la journée, soit de 8h00 « à 19h00 » sans rien obtenir. Et Ce, du moment que des chariots pleins à craquer pénétraient dans les maisons des chefs de quartiers ».
Pour leur part, papa Katembue Lambert et maman Josephine Tshilanda de la rue Mukoso no 22 disent n’avoir eu que 2 bols de riz pour une famille de 13 personnes. Le pasteur Kidima Albert de la rue Yonso n° 24 se plaint ainsi : « J’ai perdu mon poste téléviseur, deux machines a coudre, des habits et des livres. Mais, je n’ai rien obtenu du tout ». Il affirme du moins que son voisin a eu un seau en plastique et un bidon vide d’une capacité de 5 litres.
L’autorité communale se lave les mains
Parlant au nom du bourgmestre Cyrille Bokongama empêché, le chef de bureau de la commune de Bumbu Mossibo Mobatho Alexis nous a fait comprendre qu’il faut savoir que le discours tenu par le gouverneur n’était qu’un discours politique. Car, deux camions ne pouvaient pas suffire pour tout ce beau monde. En réalité, dit-il, il y a eu 261 sacs de riz pour 60.000 personnes. En plus, ce sont les chefs de rues qui ont été responsabilisés. Et chaque personne a eu droit a ne fis-ce qu’un petit rien. Il déclare qu’à l’issue des enquêtes menées du 30 au 31 octobre, on a enregistré 6.020 familles sinistrées, comprenant 48.000 personnes. Les quartiers concernés étaient ceux de Mfimi, Mongala, Dipiya, Ubangi, Lukeni, Kasaï, Lokoro, Maï Ndombe et Matadi.
Mais, le jour de la distribution, poursuit-il, 2.000 cas imprévus se sont ajoutés. De 6.000 au départ, les ménages touches s’élevaient cette fois à 8.000. Et le nombre de personnes a servir avait change de 48.000 à 60.000 pour 120 parcelles inondées. Et lui d’affirmer : « Nous sommes arranges pour que chacun ait au moins un gobelet, tant la quantité était insignifiante ». Il a ajouté que le bourgmestre a présidé lui-même cette opération.
A propos des camions qu’on aurait déchargés nuitamment au profit des autorités communales, il déclare que cela est faux. La preuve, argue-t-il, en est que le ministre provincial du Plan et de la Reconstruction était lui-même sur place. En passant, le chef de bureau Mossibo a regretté le fait que les habitants, confiants en la météo, souhaitent qu’il y ait d’autres inondations, afin qu’on leur envoie d’autres dons. « Cette fois-là, nous dirons au gouverneur de superviser lui- même la distribution de ses vivres, afin qu’on ne nous soupçonne plus de détournement » a-t-il lâché avec amertume.
Avant de nous séparer, le chef de bureau a quand même félicité le gouverneur qui avait promis la réhabilitation des artères de Bumbu : « Même s’il faudrait emprunter l’argent, j’empruterai pour qu ‘on réhabilite l’avenue Shaba ». La population croit que ces propos-là, au moins, n’étaient pas démagogiques. La preuve en est qu’il y a un début des travaux de drainage effectués sur ce tronçon par la société BASSI S.P.R.L. On ose croire que c’est l’oeuvre d’André Kimbuta.
(Milor)DONATIEN NGANDU /Le Potentiel
Last edited: 27/11/2007 14:27:43