À l’heure où il prépare son 40ème anniversaire, l’INA est menacé de déguerpissement par une société dénommée Broadcasding International Business, présumée propriétaire de l’immeuble qui abrite cette institution depuis le 2 juillet 2007.

L’Institut national des arts (INA) risque de se retrouver dans la rue dans les jours qui viennent. A l’heure où il prépare son quarantième anniversaire, l’INA est menacé de déguerpissement par une société dénommé “Broadcasting International Business” (BIB) , présume propriétaire de l’immeuble qui abrite cette institution, depuis le 2 juillet 2007. La BIB aurait acheté ce bâtiment, situé sur l’avenue du Commerce n°1, à monsieur Jean-Paul Nyombi Ndoni Te Litho, liquidateur de la succession Jean-Joseph Litho Moboti Nzoyombo. Pour ce faire, l’avocat de cette société, Maître John Mbongo, vient d’adresser une correspondance au Directeur Général de l’INA l’exhortant à « bien vouloir prendre des dispositions utiles pour libérer l’immeuble sus évoqué afin de permettre l’exécution des travaux ». Une copie de cette lettre a été transmise au ministre de la Justice et garde des sceaux.
Le bâtiment réclame porte le numéro 771 du plan cadastral de la commune de la Gombe et abrité les locaux de l’Institut national des arts depuis de nombreuses années. Une institution qui a formé des générations d’artistes qui ont fait et continuent à faire la fierté du pays à travers le monde. Certains d’entre eux viennent de représenter valablement la RDC au royaume de Belgique à travers le festival culturel Yambi ».
Les artistes congolais en formation ainsi que leurs formateurs, risquent d’être dépouillés. Il sied de rappeler qu’il y a 20 ans, l’Institut national des arts a déjà été victime d’un déguerpissement de ses bâtiments. 20 ans plus tard, le même scénario risque de se répéter presque dans l’indifférence générale. Les autorités compétentes devraient se pencher sur ce cas pour éviter d’hypothéquer la formation des artistes de la RDC.
Petite carte postale de l’INA
L’Institut national des arts a été créé, par ordonnance présidentielle, le 1er décembre 1967 et a ouvert ses portes à l’enseignement de la musique et de l’art dramatique le 2 février 1968. Le quarantième anniversaire de l’existence de cet établissement de formation artistique et culturelle sera célébré entre les deux dates par des manifestations commémoratives , à la fois méditatives et festives.
Deux sections sont venues s’ajouter aux deux premières : l’une d’enseignement (la section Animation culturelle) et l’autre de recherche (Le Centre d’études et de diffusion des arts). En outre, un deuxième cycle a été ouvert, tour à tour, en Animation culturelle et en Art dramatique mais pas encore en musique. Il convient de signaler, pour être complet, qu’un cycle secondaire fonctionne au sein de l’INA depuis sa création et que les élèves de ses humanités présentent les examens d’Etat depuis 1977. Nous ne disposons pas encore de statistiques exactes des diplômes de toutes ces sections, mais ils doivent avoir dépassé le millier cette année.
L’immeuble Hôtel Astoria a été très officiellement attribué à l’INA par le ministère des Travaux Publics et Aménagement du territoire par une note du 20 février 1988. A la suite de menaces incessantes dont l’INA était l’objet depuis son installation dans cet immeuble, le président Mobutu a donné des instructions au ministre de l’ESU pour que l’INA puisse bénéficier de l’abri de cet immeuble jusqu’à ce que des locaux appropriés soient trouvés pour les enseignements et l’administration.
L'Etoile de la Nation
Last edited: 24/11/2007 12:21:51