Les problèmes brûlants de l’heure au Bas-Congo et le traitement que les autorités de cette province en ont donné ont été au centre d’un pertinent point de presse tenu jeudi à Kinshasa par le président de l’Assemblée provinciale de cette entité territoriale.

La suspension par le gouvernement de l’arrêté du gouverneur du Bas-Congo, portant réglementation de l’assiette et du mode de perception et de recouvrement des taxes, n’a pas laissé le président de l’Assemblée provinciale du Bas-Congo, François Kimasi indifférent.
Au cours d’un point de presse, animé ce jeudi 22 novembre au Grand Hôtel Kinshasa, François Kimasi a réagi aussi à l’élection de Josiane Mfulu Masaka au bureau de cette assemblée. Soulignant que le bureau de cette assemblée cesse d’être monocolore.
Selon lui, jusqu’à présent, les autorités provinciales du Bas-Congo n’ont pas encore reçu une correspondance officielle pour leur signifier la suspension de l’arrêté provinciale sus évoqué. A ce jour, la nouvelle a été répercutée par la seule voie de presse.
En sa qualité de président de l’Assemblée provinciale, il se devait de s’informer et d’écouter les uns et les autres pour se faire une opinion. Ainsi, s’interroge-t-il : est-ce que la Constitution en vigueur autorise le gouvernement central d’agir ainsi.
“Le gouvernement veille à ce que la loi soit respectée. S’il y a violation, le gouvernement doit d’abord saisir la Cour suprême de justice qui fait office de Cour constitutionnelle. Au lieu de suivre cette voie, le Gouvernement suspend cet arrêté. Le président Kimasi se dit surpris par cette décision. Et de renchérir: “La province se voit dans l’obligation d’interroger la Cour suprême de justice. Après cela, on saura ce qu’il faut faire. Les autorités de la province laissent le temps au temps, on doit respecter l’esprit de la Constitution.
Sur plusieurs autres sujets, le président François Kimasi a donné son appréciation. L’agression de son véhicule de fonction et de son chauffeur par un homme en uniforme, l’élection de la vice-présidente de l’Assemblée provinciale du Bas-Congo, la double commission d’enquête parlementaire sur le péage sur la route nationale n°1, la participation de l’ABAKO au gouvernement provincial de Kinshasa, ... autant de points abordés.
A propos de l’agression contre son véhicule de fonction, il précise qu’elle a eu lieu le samedi 17 novembre après l’élection de la vice-présidente de l’Assemblée provinciale, Josiane Mfulu Masaka. Cette élection se serait déroulée normalement. Envoyé pour faire une course, le chauffeur de François Kimasi a été victime d’une agression de la part d’un homme en uniforme et en arme qui l’a sérieusement battu.
Selon le président Kimasi, l’assaillant lui aurait demandé, entre autres, de lui indiquer l’endroit où se trouvait son chef (Ndrl F. Kimasi). Cela étant, l’Assemblée provinciale n’est pas contente. Son président a ainsi saisi les responsables de la police provinciale et le vice-gouverneur de province pour tirer cette affaire au clair. En ce qui le concerne, le chauffeur battu a porté plainte devant l’auditorat militaire. A ce propos, le président Kimasi souligne que la police républicaine est au service de la population. Un policier n’a pas le droit de se faire justice. Il existe des juridictions où il peut se plaindre le cas échéant.
Pour ce qui touche à l’élection de Josiane Mfulu Masaka de l’AMP, François Kimasi relève que le bureau de l’Assemblée cesse d’être monocolore, c’est-à-dire composé des membres de l’Union pour la Nation. C’est, dira-t-il, une des particularités du régime démocratique qui réserve parfois des surprises lors des élections. Pour lui, l’AMP s’est organisée mieux que l’UN.
Dans cette élection, dira-t-il, l’ABAKO, son parti, a adopté une position empreinte de neutralité pour ne pas subir des pressions. Et tout s’est passé à la régulière. Enfin, sur la commission d’enquête parlementaire sur le péage sur la route Kinshasa-Matadi géré par la société Malta Forrest, Kimasi dira que la population a besoin de savoir ce qui s’y passe.
Il est fait état d’instabilité d’agents commis au péage renvoyés régulièrement, d’installations qui auraient coûté 300.000 à 500.000 USD pour chaque point de péage (Lukala, Kenge et Kasangufu), d’un recrutement des dirigeants et agents suivant des critères clientélistes,... Les populations veulent en savoir plus sur la clé des répartitions de recettes 70% pour les travaux, 20% pour la province et 10 % pour la gestion. Il est surtout question de passés au peigne fin la gestion, a fait savoir François Kimasi. C’est après les conclusion des enquêtes que l’Assemblée provinciale va formuler des recommandations à l’exécutif provincial.
Didier Munsala Bukasa/L’Observateur
Last edited: 24/11/2007 13:22:54