Sortie d’une longue période de guerre terminée par un processus électoral exemplaire qui lui a permis de se doter d’institutions démocratiques légitimes, la République démocratique du Congo a plus que jamais besoin d’une manne financière à tous égards comparable à celle qui avait été accordée après la Seconde Guerre mondiale par le Plan Marshall aux pays qui a le plus souffert des effets néfastes de cette guerre.

Hélas, rien de tel n’a été envisagé, hormis des promesses de Gascons enregistrées par toutes ces délégations de pays occidentaux qui font mine de se bousculer au portillon, et qui annoncent des investissements fuligineux qui ont ceci en commun : leurs chiffres s’arrêtent à 6 zéros, et pas au-delà ! En clair : les promesses d’aides, de dons, et autres prêts promis à Kinshasa ne vont pas plus loin que 500 millions de dollars. Des faire valoir plutôt que, réellement, des intentions véritables réelles d’aider la République démocratique du Congo à panser ses blessures et à se reconstruire.
Certes, reconnaît le confrère Omer Nsongo die Lema de L’AVENIR dans l’édition n°3139 ? « L’Occident a dépensé des milliards de dollars en soutien aux guerres de 1996 et de 1998 »; bien sûr qu’avec lui il faut reconnaître aux Européens et aux Américains d’avoir également énormément contribué au financement du processus de la transition après le Dialogue intercongolais ainsi qu’au déploiement de la Monuc à concurrence de1,2 milliard par mois ; de même qu’il sied d’être honnête en reconnaissant « sur ces entrefaites que le FMI et la Banque mondiale ont coordonné les interventions des bailleurs des fonds dans les appuis budgétaires et les infrastructures de base » : oui, tout cela est vrai. Mais il est tout aussi vrai que toutes ces interventions restent timides, sinon insuffisantes au regard des défis qu’un Gouvernement d’un pays en situation de post-conflit se doit de relever.
Libre, tout à fait libre à l’Union Européenne de crier :« cocorico » en annonçant qu’ « elle renforce sa présence en RDC avec 6 conventions de financement totalisant 65 millions de dollars pour la réalisation de certains projets prioritaires en RDC, dont celui d’assainissement urbain de Kinshasa, celui relatif à l’Agence nationale des services de surveillance de l’aviation civile (ANSSAC), la réforme de la Police nationale congolaise, le projet d’appui à la réforme des institutions chargées des aires protégées, celui d’appui à la Commission électorale indépendante et la facilité technique de la coopération.
Louables sont certes les intentions qui ont édicté cette générosité, à notre sens trop restrictive, mais ceci ne nous empêche pas d’enlever nos œillères pour constater que leurs fameux 6 conventions de financement totalisant 65 millions de dollars ne correspondent ni de près ni de loin aux besoins réels de reconstruction d’un pays dont la superficie totale englobe la superficie additionnée des pays de l’Union Européenne. Pour cette seule raison, l’enveloppe de 65 millions de dollars dont question devrait au moins être multipliée par 10 pour faire bonne mesure et pour ne pas paraître risible. Ce qui correspondrait quelque peu aux attentes des besoins réels de la République démocratique du Congo pour sa reconstruction !
Oui : reconstruire un pays détruit par trente-deux années de gouvernements de copains et de coquins, le doter d’infrastructures modernes capables de lui permettre d’atteindre les objectifs du millénaires ; la réduction de la pauvreté, l’accès aux soins de santé et à l’éducation, à l’eau et à l’électricité, la réduction du chômage exigent des moyens colossaux. Le contraire équivaut à lui demander de se contenter de ces perles que l’on jette aux pourceaux.
Placé dans cette alternative qui est de plaire aux partenaires traditionnels, et donc de faire perdurer l’attente d’une reconstruction hypothétique ; et celle de précipiter cette dernière en se tournant vers de nouveaux partenaires, moins exigeants et plus pragmatiques, Joseph Kabila a résolu de transcender cette tourmente psychologique en choisissant la seconde alternative. En élargissant le cercle pas trop restreint des partenaires traditionnels, il s’est résolu de lancer son pays dans la compétition du développement qui passe par la réalisation de ses 5 chantiers.
On peut tout lui reprocher, sauf d’avoir choisi cette alternative. C’est dans cette perspective, c’est sous cette trame somme toute logique que s’analyse et se comprend sa démarche. Auprès du Gouvernement de Beijing, quand bien même
une frange de la classe politique à laquelle s’ajoutent des activistes d’une certaine Société civile
engoncés dans un esprit antipatriotique aussi dégradant que dégoûtant font cause commune avec ceux qui, dans le camp de nos partenaires traditionnels, tentent désespérément de s’opposer à la matérialisation des accords signés entre Kinshasa et Beijing. Leur attitude dénote d’une traîtrise impardonnable, si nous devrions douter un seul instant de la volonté de nos partenaires asiatiques d’aller de l’avant avec les engagements qu’ils ont pris avec nous dans cette grandiose aventure que les deux peuples ont convenu de vivre en toute confiance, sur la base d’un partenariat qu’ils ont dénommé « gagnant-gagnant ».
Des centaines de jeunes congolais vont incessamment secouer les chaînes de l’oisiveté !
L’énoncé même du genre de partenariat passé entre les deux pays démontre à suffisance que nous nous trouvons en présence d’un partenariat dont le soubassement essentiel est la confiance réciproque. Dès lors, exit les supputations grossières dont on veut habiller ce partenariat. Balayées également d’un revers de la main toutes les allégations pessimistes et autres médisances méchantes sur les intentions cachées portées contre les Chinois dans la conclusion de ces accords qui, disons-le tout haut, ouvrent des débouchés immédiats à une jeunesse congolaise impatiente de secouer dès le premier trimestre 2008 les chaînes de l’oisiveté, et de connaître les joies de l’emploi. Tenez : au regard des travaux dont le coup d’envoi va être donné incessamment, il y aura beaucoup d’emplois aussi bien dans l’exploitation minière que dans la construction et la réhabilitation des infrastructures, les Chinois ont annoncé les couleurs : ils vont emmener 10. 000 des leurs en RDC. Et, cerise sur le gâteau, ils ont précisé que, pour I de leur compatriote venu de Beijing, ils vont embaucher 5 Congolais. Ce qui donne, dans une arithmétique élémentaire quelque chose comme 50.000 Congolais qui vont rompre avec le chômage à l’échéance du 31 mars 2008 ! Chiche ! Non ?
En frappant à la porte des amis Chinois, nous avons simplement voulu exercer notre droit inaliénable de disposer de notre destin, parce que nous avons compris qu’il est de notre droit de faire en sorte que ce destin ne s’éloigne pas de nous.
Contrairement à une idée intentionnellement répandue dans les esprits, les accords sino-congolais se veulent d’être une contribution de la Chine à la réalisation des 5 chantiers du Chef de l’Etat, grâce à un prêt de 8,5 milliards de dollars par la banque d’Etat chinois EXIMBANK dont le montant sera débloqué en 2 phases.
La 1ère phase de 5,5 milliards seront affectés à l’exploitation des mines, et 3,5 aux infrastructures dont : la construction, la réhabilitation et la modernisation du chemin de fer long de 3.200 km de Sakania, au Katanga, à Matadi ;la construction d’une route bitumée de longue de 3.400 km de Lubumbashi à Kisangani ; la construction de 32 hôpitaux, dont 2 par province et dans les grandes villes; la construction de 145 centres de santé dont 1 dans chaque territoire ; la construction de grandes universités, et enfin la réhabilitation de 450 km de voies urbaines.
S’agissant du volet de l’exploitation minière ouvert aux capitaux chinois, il est nécessaire de comprendre que l’agitation périlleuse autant qu’inutile des activistes de la Société civile n’offre d’ailleurs aucune alternative dans ce domaine: la RDC se veut d’obtenir la mise en exploitation d’une infime partie de ses ressources minières dont l’exploitation et la prospection accélérée génèreront un bien-être général pour le peuple congolais. Honnis soient qui mal y pensent, et qui y voient un contrat léonin plutôt qu’autre chose.
A tout prendre, ce vaste programme de projets contenus dans les accords sino-congolais constituera l’élan nouveau de la reconstruction de l’édifice congolais, mais aussi, pensons-nous avec force conviction, le vecteur qui déclenchera le moteur du décollage effectif de la zone économique et sociale de l’Afrique centrale au sein de la CEEAC dont Joseph Kabila assume la présidence depuis le mois passé.
A l’évidence, ces accords nous permettront de marcher vers notre avenir, que nous voulons modeler à notre gré. Avec les minerais dont la nature a généreusement doté notre sous-sol. Aux seules fins de nous ouvrir la porte de l’affranchissement du sous-développement. Dès lors, peut nous chaut que ce soient des Zoulous, des Papous, des Malaisiens ou des Chinois pour les exploiter. Pourvu que la République démocratique du Congo y gagne « ad vita aeternam » en infrastructures sociales de toutes sortes. Peu importe que c’est de cette façon que la RD C compte atteindre les objectifs du Millénaire.
MMC
Last edited: 22/11/2007 16:05:57