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Malaise à la Commission électorale indépendante

Kinshasa, 21/11/2007 / Politique
Des agents licenciés adressent un mémo aux autorités. « Juste une réduction d’effectifs pour cause de problèmes financiers », explique le porte-parole du Bureau. « Nous ne sommes pas au courant de l’exis­tence d’un mémo adressé aux autorités du pays sur la situation sociale à la Com­mission Electorale Indépen­dante ». La mise au point est du porte-parole du Bureau de la CEI, Delion Kimbulun­gu, interrogé par Le Phare mardi dans la soirée. Celui-­ci se faisait l’écho d’une ru­meur faisant état de la mise eu circulation d’un mémo, par des agents de la CEI, pour fustiger ce qu’ils ap­pellent licenciements mas­sifs. Le document, selon les mêmes sources, devait être déposé aujourd’hui auprès des bureaux des deux as­semblées et distribué aux parlementaires.

Principaux initia­teurs du mémo, des agents du Siège, relevant du per­sonnel non opérationnel, accusent la CEl de licencie­ment abusif et massif. « Le Bureau ne s’est pas réuni et la plénière n’a jamais été convoquée », se plaint l’un d’entre eux.

Un de ses col­lègues explique qu’à la limite, le dégraissage pour­rait se comprendre pour le personnel opérationnel re­levant du Bureau National des Opérations (BNO). Ce bureau disposait d’un bud­get propre dans le cadre du projet APEC, dont on attend le redimensionnement dans le cadre des élections urbai­nes municipales et locales. Le paradoxe réside dans le fait que c’est le personnel non opérationnel qui est re­mercié, tandis que celui du BNO est reversé au Siège.

Nous voulons comprendre à quelle logique répond ce licenciement, Si les textes régissant la CEI ont été respectés, et surtout pour­quoi cette politique de deux poids deux mesures qui tend « privilégier le person­nel opérationnel ». Dans les lettres de notification de fin de contrat adressées aux agents con­cernés par la mesure -on parle d’une centaine- le Bureau de la CEI se justifie en évoquant ses différents entretiens avec le gouver­nement sur les questions financières. « Ainsi, le gou­vernement a pris l’engage­ment de doter régulièrement la CEI des ressources nécessaires à son fonction­nement, dans les limites ar­rêtées de commun accord, en ce compris les arriérés 2007 non encore honorés. En contrepartie, la CEI a ac­cepté d’alléger ses effectifs, dans les limites compatibles avec cette période où elle n’organise pas d’opérations électorales, et ce, pour le personnel du Siège ».

Mesure discrimi­natoire et surtout abusive, rétorquent les agents du Siège. Ils rappellent que leur contrat devait courir « jusqu’à la dissolution de la CEI ». Ce qui n’est pas le cas aujourd’hui, souli­gnent-ils avec force, expli­quant qu’en cette période où aucun scrutin n’est orga­nisé, ce sont les agents du BNO qui devaient aller en congé. Et de rappeler que le gouvernement a engagé un effort conséquent, en dotant la CEI, rien que pour le deuxième semestre de 2007, d’une enveloppe éva­luée à un million et demi de dollars, qui devrait monter à 2 millions nets, selon certai­nes prévisions, pour l’exer­cice 2008.

Des chiffres qui de­mandent évidemment d’être confirmés. Ils n’en démon­trent pas moins l’étendue du malaise social qui couve à la GEI, au point de remonter jusqu’au Parlement, où le mémo devrait être distribué aujourd’hui aux députés et sénateurs. Quelle sera alors la réaction des parlementai­res face à cette autre preuve du malaise social qui couve dans le pays?

Difficile à dire. Toujours est-il qu’au Bureau de la CEI, on se déclare non saisi et surtout ignorer l’existence d’un quelconque mémo destiné aux autorités du pays. Il ne s’agit pas d’un licenciement massif, a répli­qué le porte-parole Delion Kimbulungu à la question du Phare. Avant d’expliquer : « Il faut plutôt parler d’une réduction des effectifs. La première vague a eu lieu en décembre 2006, la deuxiè­me et la troisième en mars et novembre 2007, a causé, essentiellement, des pro­blèmes financiers ».

Il reste, évidemment, à savoir si la brèche ainsi ouverte et la soudaine intrusion des par­lementaires ne va pas sou­lever des questions que la CEI aurait bien voulu éviter sur une gestion souvent dé­criée.

(Th)

KGM/Le Phare

Last edited: 21/11/2007 14:01:15

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