Des agents licenciés adressent un mémo aux autorités. « Juste une réduction d’effectifs pour cause de problèmes financiers », explique le porte-parole du Bureau.

« Nous ne sommes pas au courant de l’existence d’un mémo adressé aux autorités du pays sur la situation sociale à la Commission Electorale Indépendante ». La mise au point est du porte-parole du Bureau de la CEI, Delion Kimbulungu, interrogé par Le Phare mardi dans la soirée. Celui-ci se faisait l’écho d’une rumeur faisant état de la mise eu circulation d’un mémo, par des agents de la CEI, pour fustiger ce qu’ils appellent licenciements massifs. Le document, selon les mêmes sources, devait être déposé aujourd’hui auprès des bureaux des deux assemblées et distribué aux parlementaires.
Principaux initiateurs du mémo, des agents du Siège, relevant du personnel non opérationnel, accusent la CEl de licenciement abusif et massif. « Le Bureau ne s’est pas réuni et la plénière n’a jamais été convoquée », se plaint l’un d’entre eux.
Un de ses collègues explique qu’à la limite, le dégraissage pourrait se comprendre pour le personnel opérationnel relevant du Bureau National des Opérations (BNO). Ce bureau disposait d’un budget propre dans le cadre du projet APEC, dont on attend le redimensionnement dans le cadre des élections urbaines municipales et locales. Le paradoxe réside dans le fait que c’est le personnel non opérationnel qui est remercié, tandis que celui du BNO est reversé au Siège.
Nous voulons comprendre à quelle logique répond ce licenciement, Si les textes régissant la CEI ont été respectés, et surtout pourquoi cette politique de deux poids deux mesures qui tend « privilégier le personnel opérationnel ». Dans les lettres de notification de fin de contrat adressées aux agents concernés par la mesure -on parle d’une centaine- le Bureau de la CEI se justifie en évoquant ses différents entretiens avec le gouvernement sur les questions financières. « Ainsi, le gouvernement a pris l’engagement de doter régulièrement la CEI des ressources nécessaires à son fonctionnement, dans les limites arrêtées de commun accord, en ce compris les arriérés 2007 non encore honorés. En contrepartie, la CEI a accepté d’alléger ses effectifs, dans les limites compatibles avec cette période où elle n’organise pas d’opérations électorales, et ce, pour le personnel du Siège ».
Mesure discriminatoire et surtout abusive, rétorquent les agents du Siège. Ils rappellent que leur contrat devait courir « jusqu’à la dissolution de la CEI ». Ce qui n’est pas le cas aujourd’hui, soulignent-ils avec force, expliquant qu’en cette période où aucun scrutin n’est organisé, ce sont les agents du BNO qui devaient aller en congé. Et de rappeler que le gouvernement a engagé un effort conséquent, en dotant la CEI, rien que pour le deuxième semestre de 2007, d’une enveloppe évaluée à un million et demi de dollars, qui devrait monter à 2 millions nets, selon certaines prévisions, pour l’exercice 2008.
Des chiffres qui demandent évidemment d’être confirmés. Ils n’en démontrent pas moins l’étendue du malaise social qui couve à la GEI, au point de remonter jusqu’au Parlement, où le mémo devrait être distribué aujourd’hui aux députés et sénateurs. Quelle sera alors la réaction des parlementaires face à cette autre preuve du malaise social qui couve dans le pays?
Difficile à dire. Toujours est-il qu’au Bureau de la CEI, on se déclare non saisi et surtout ignorer l’existence d’un quelconque mémo destiné aux autorités du pays. Il ne s’agit pas d’un licenciement massif, a répliqué le porte-parole Delion Kimbulungu à la question du Phare. Avant d’expliquer : « Il faut plutôt parler d’une réduction des effectifs. La première vague a eu lieu en décembre 2006, la deuxième et la troisième en mars et novembre 2007, a causé, essentiellement, des problèmes financiers ».
Il reste, évidemment, à savoir si la brèche ainsi ouverte et la soudaine intrusion des parlementaires ne va pas soulever des questions que la CEI aurait bien voulu éviter sur une gestion souvent décriée.
(Th)KGM/Le Phare
Last edited: 21/11/2007 14:01:15