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Bonjour | 02/12/2008 21:11 | English Make DC Home page | RSS feed

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Il faut forcer les Kasaïens et les Katangais à arrêter. Le pays n’a pas à ouvrir un autre front de guerre surannée. Pourtant, entre Katangais et Kasaiens, c’est une affaire de sang dont les exemples bibliques sont ceux d’Isaac avec Ismaël, d’Esaü avec Jacob ou, pour être plus près de nous, d’Israéliens et de Palestiniens. Tous de la descendance abrahamique. Donc, c’est l’histoire des conflits fraternels cycliques pour lesquels les Ne Kongo disent: « le lien de la famille peut se détacher; mais il ne se coupe jamais » !

Que s’est-il passé au Ka­tanga entre, d’un côté, les Kasaïens et, de l’autre, les Katangais ? A en croire les médias parais­sant  à Kinshasa, Gabriel Kyungu wa Kumwanza, président de l’Assemblée provinciale et prési­dent d’une aile de l’Unafec, aurait tenu des propos discriminatoires à l’endroit des Kasaïens du Ka­tanga, cela à partir de Kolwezi.

Après un mois ou presque, dans cette affaire, continue d’y aller avec sa version, si bien que l’on a du mal à rendre correctement les faits tels qu’ils se sont produits. On sait seulement qu’au ni­veau de la Rtnc, il y a eu des déclarations les unes accusatri­ces, les autres contestatrices.

Dans l’une de ces dernières, il a été rappelé le pardon présenté publiquement par Gabriel Kyungu, en pleine Cathédrale du Centenaire, à la population congolaise en général et kasaïenne en particulier pour les événe­ments de 1992-1993.

On sait, en plus, qu’au niveau de l’Assemblée nationale, il y a eu un échange de propos conciliants entre deux honorables dé­putés dont l’un de l’organisation « Grand Kasaï », l’autre de l’Unafec (Katanga), échange au terme duquel ils se sont embras­sés. C’est, du reste, au cours de cette plénière que Vital Kamerhe a dissuadé les députés kasaïens d’organiser la marche qu’ils ve­naient d’envisager la veille de faire ici à Kinshasa; le président de la chambre basse ne voulant pas engager le pays dans la spirale des manifestations et contre­-manifestations.

Qu’est-ce qui a alors justifié la marche du  ven­dredi 16 novembre 2007 organi­sée par une structure jusque-là inconnue du grand public dénomée « constellation kasaïenne » ?.­ La précision à donner d’em­blée est que la prise de position de Vital Kamerhe est une initia­tive individuelle n’engageant nullement l’Assemblée nationale ou ayant force de loi pour être imposée à tout le monde. Non ! Partant, tout kasaïen ou tout katangais qui désire marcher est libre de le faire. C’est l’un des acquis de la démocratie.

Il faut cependant admettre que le président de l’Assemblée nationale est tout de même une autorité morale dont les conseils, prodigués à la Représentation nationale méritent considération.

Encore le Rcd...

La question, dès lors, se pose en termes d’opportunité quand, par exemple, au Nord­-Kivu, Laurent Nkunda justifie con­tinuellement la guerre qui s’y déroule plus par la problématique tutsi - sa communauté d’appar­tenance - que par la problématique sécuritaire congolaise dans son ensemble.

On se souviendra que pen­dant la campagne électorale pour la présidentielle en juillet 2006, le seul candidat à avoir éta­bli un lien de solidarité (?) entre population Luba et population Tutsi est Azarias Ruberwa, pré­sident national du Rcd !

Lorsque, vendredi dernier, après dispersion par la Police de la marche « Constellation kasaïenne », Hubert Kabasubabo secrétaire général du même Rcd- va dénoncer ce qu’il con­sidère comme une politique de deux poids, deux mesures parce qu’on aurait laissé marcher ceux qui brandissaient des machettes et des houes, il y a là une volonté manifeste de promouvoir l’autostigmatisation, autrement appelée victimisation. Certes, la préoccupation première est de savoir si, oui ou non, Gabriel Kyungu a tenu les propos qui lui sont imputés. Comme relevé plus haut, on en sait pas plus que ce que les uns disent et les autres contredisent.

On agite l’axe Katanga­-Kasaï

Pourtant, entre Katangais et Kasaïens, c’est une affaire de sang dont les exemples bibliques sont ceux d’Isaac avec Ismaël, d’Esaü avec Jacob ou, pour être plus près de nous,- d’Israéliens et de Palestiniens. Tous de la descendance abrahamique.

Donc, c’est l’histoire des conflits fraternels cycliques pour les­quels les Ne Kongo disent: « le lien de la famille peut se déta­cher; mais il ne se coupe ja­mais »! C’est pour cette raison que, aussi dangereuses soient-elles pour l’unité nationale, les frictions katango-kasaïennes ou kasaiennes-katangaises doivent absolument être contenues,  comme Vital Kamerhe du Pprd. Et non surdimensionnées, comme tente de le faire Hubert Kabasubabo du Rcd ; la cohabitation tutsi/hutu au Rwanda et au Burundi invitant à la sagesse! L’expérience, de­puis 1960, démontre à suffisance que chaque fois que l’on tente d’attaquer et d’affaiblir davantage le Congo, on agite l’axe Katanga-­Kasaï. Personnellement, j’en ai fait les frais en 2000. Alors, de grâce, il faut forcer les Kasaïens et les Katangais à arrêter. Le pays n’a pas à ouvrir un autre front de guerre suran­née au moment où tous les ef­forts se concentrent sur la guerre surannée imposée au Nord et au Sud-Kivu par une communauté congolaise tutsi plutôt instrumentalisée par son lea­dership.

L’axe Kasaï-Katanga : la distraction !

Juin 2000. Nuit du 12 au 13. Il est presque 4h00 du matin lorsqu’on tambourine à ma porte. On m’appelle de mon nom: Omer Nsongo die Lema. Je sors, et je me retrouve face à cinq personnes dont deux en tenue civile, trois en tenue militaire; armés en bandoulière. Après vérification de mon identité, ils m’embarquent. Destination : Démiap. C’est là que j’apprends que je suis cité dans l’affaire Mukamba. Mon « crime »? En avoir appelé, dans un document manuscrit, au rapprochement entre Katangais et Kasaïens argument invoqué : l’axe Kasaï­-Katanga que l’on agite depuis 1960 chaque fois que l’on veut déstabiliser le Congo !  Repères importants 1960 avec la sé­cession katangaise et la sécession kasaïenne. 1990-1992 avec la transition l’initiative louable du rapprochement Tshisekedi­Nguz ayant dégénéré avec le refoulement des Kasaïens du « Shaba ». 1997 avec la déstabilisation de l’Afdl par la frange kasaïenne de l’Udps. Etc.

Je vais passer, pour cette initiative, 39 jours à la Démiap et 85 au Cprk, soit 124 jours. Le jour de ma libération, je me fais délivrer un mandat d’élargissement avec cette mention : « Les motifs pour lesquels M. Omer Nsongo die Lama a été incar­céré ne subsistent plus » Oui : les motifs se sont volatilisés, évanouis...

Depuis, je conforte ma foi dans la consolidation de l’unité nationale à partir de l’axe Kasaï-Katanga. En d’autres termes, Si vous voulez tuer le Congo, tuez d’abord cet axe ! Au Rcd, visiblement, on le sait...

Omer Nsongo/L’avenir

Last edited: 20/11/2007 15:13:16

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