Clôture en beauté du séminaire de formation des premiers délégués syndicaux du secteur du commerce présentés par la ministre Lukiana comme une légion modèle et fer de lance de son programme d’assainissement du milieu de travail concerné.

La clôture jeudi au cercle de la paroisse Notre Dame de Fatima du séminaire de formation des délégués syndicaux du secteur du commerce dans la capitale Kinshasa a été un événement de grande portée sociale, comme l’a d’ailleurs salué la ministre du Travail et de la Prévoyance sociale, Mme Marie-Ange Lukiana, qui présidait la manifestation. Tous les intervenants ayant pris la parole à cette occasion, tant du côté des vedettes du jour qu’étaient les représentants des travailleurs, que du patronat et de l’intersyndicale nationale, ont également souligné le décisif tournant marqué par l’événement. Et pour cause.
Le ministère du Travail a, en fait, posé un acte majeur du programme qu’il avait engagé de faire appliquer la législation du travail dans le secteur concerné pour abolir les scandaleuses pratiques de l’exploitation éhontée des Congolais ouvrant dans une grande majorité d’entreprises de commerce appartenant à des employeurs expatriés généralement ressortissants des pays asiatiques et de l’Ouest de l’Afrique. Une première démarche avait consisté en une prise de contact et une sensibilisation des employés et des employeurs vivant en chiens de faïence à cause de la méconnaissance quasi-totale des droits des travailleurs.
La ministre Lukiana avait bataillé fort pour commencer à changer le mauvais ordre de la situation, jusqu’à se faire mal comprise et à soulever un front heureusement vite étouffé qui cherchait à saborder les mesures d’assainissement préconisées. Il y a eu d’abord l’horaire journalier du travail sans interruption auquel étaient arbitrairement soumis les travailleurs et par lequel a débuté la réforme. Il a été question d’adapter cet horaire on eût dit des forçats à la législation du travail. L’action avait abouti au prix des malentendus et des résistances finalement vaincus. L’étape suivante de négociations des contrats du travail nécessitait une maîtrise de ses conditions par les travailleurs eux-mêmes ou leurs délégués syndicaux. Comment, effectivement, pouvait-on défendre des intérêts des travailleurs que ceux-ci manifestaient ne même pas connaître ?
C’est face à cette préoccupation que la ministre Lukiana qui venait d’ailleurs de réussir le coup de l’organisation d’un premier forum national sur l’emploi en Rdc avec implication des hautes autorités du pays et de tous les partenaires sociaux, a poursuivi son action des réformes dans le secteur du commerce à Kinshasa en priorité. Voilà dans quel contexte ont été organisées d’abord les premières élections syndicales dans plus de 150 entreprises du commerce de la capitale où œuvrent d’innombrables travailleurs aux précaires conditions sociales. Les employeurs expatriés ont dû courber l’échine pour admettre la mise en train des mesures d’assainissement des conditions de travail de leurs employés. Cette manche une fois gagnée, l’étape suivante engagée tout juste un mois seulement après le retentissant forum national sur l’emploi était de vite former les délégués syndicaux élus, afin de les prédisposer aux négociations sur les conditions et contrats de travail.
Front des délégués modèles pour révolutionner le monde du travail
Le fameux séminaire de formation des délégués syndicaux a été organisé du 13 au 15 novembre. La ministre Lukiana a tenu à saisir la précieuse occasion pour insister sur le caractère décisif et incontournable de l’objectif poursuivi de préparer des délégués syndicaux qu’elle n’a pas hésité à qualifier à la fois de pionniers et de modèles dans le processus de la défense des intérêts de la plus importante frange des travailleurs congolais exploités arbitrairement jusqu’ici.
Une fois de plus les partenaires sociaux ont été mis à contribution pour réaliser le projet du séminaire, spécialement l’intersyndicale nationale qui présenté ses experts pour dispenser la formation sur les matières en cause dans les négociations sociales. Pendant les trois jours de la formation, les délégués ont suivi d’intenses explications sur l’organisation et le déroulement de ce genre de pourparlers syndicaux. Tous les thèmes développés étaient choisis à dessein pour éclaircir les situations.
C’est donc au terme de cette formation que les délégués syndicaux concernés sont jugés prêts pour affronter leur mission de défense des droits sociaux de leurs pairs travailleurs. Ils sont donc lâchés comme des éléments sortis d’une formation militaire. Les intéressés ont été les premiers à apprécier leurs acquis en se confondant même en vives reconnaissances à l’endroit de la ministre Lukiana grâce à l’action de laquelle ils peuvent se sentir désormais aptes à revendiquer leurs droits au sein des entreprises du commerce dans lesquelles ils œuvrent. L’enthousiasme de ces délégués était tel qu’au cours de la cérémonie de clôture du séminaire, ils étaient régulièrement emportés dans des élans d’ovations de la ministre pour laquelle ils imploraient par des vivats nourris qu’elle demeure à son poste pour continuer à révolutionner le malade monde du travail en Rdc.
Un des moments les plus émouvants de la cérémonie aura d’ailleurs été celui de la longue et patiente cérémonie de remise des brevets sanctionnant la formation acquise par le demi millier des délégués syndicaux qui tenaient chacun à recevoir le précieux document des mains de la ministre Lukiana elle-même. Il était inscrit dans ces brevets que chaque lauréat est reconnu avoir « participé en qualité de délégué au séminaire de formation des délégués syndicaux du secteur du commerce sur le rôle du syndicaliste face aux impératifs d’un Etat de droits et de reconstruction nationale ».
L’euphorie était générale dans le camp de tous récipiendaires et vedettes du jour, ce qui n’a pas empêché la ministre de leur adresser un message de clôture de formation avec d’importants conseils et de judicieuses recommandations.
Mme Lukiana, à ses habitudes, a effectivement prodigué de sages conseils à ceux qui deviennent comme le fleuron de son armée dans le programme de l’assainissement du monde du travail en Rdc. Elle déclarera, par exemple, au début de son adresse, que : « Tous les organisateurs que nous sommes ainsi que les observateurs, avons été agréablement surpris de voir et d’apprendre que les délégués syndicaux du secteur du commerce ont eu tout au long de leur formation un comportement exemplaire, très discipliné et très appliqué ».
La ministre renchérira à l’intention directe des délégués syndicaux à l’honneur en ces termes : « Camarades délégués syndicaux, vous laissez une bonne image au ministère du travail et de la Prévoyance sociale, laquelle efface tous les malentendus antérieurs. Je vous félicite et vous en remercie très sincèrement ».
« Mes remerciements s’adressent également aux employeurs du secteur du commerce qui ont compris la nécessité d’avoir au sein de leurs entreprises une délégation syndicale pour ma défense des intérêts des travailleurs et qui ont accordé à leurs délégués élus le temps nécessaire pour être formés en vue de leur permettre d’acquérir des connaissances nécessaires pour l’accomplissement de leurs missions. Je rappelle ici que les trois jours passés à la formation sont payés, et nul ne peut agir autrement ».
Souhait de négociations sociales comme cadeau des fêtes
Pour la ministre Lukiana, la formation acquise donne l’occasion à se bénéficiaires « de se familiariser avec la législation sociale et les textes réglementaires en matière du travail, de l’emploi et de la prévoyance sociale. Cela constitue un prélude à l’installation au sein des entreprises d’un climat de paix au moyen du dialogue social franc et permanent ».
« Comme j’ai eu à le souligner dans mon discours d’ouverture, rappellera la ministre, le gouvernement de la République démocratique du Congo qui est préoccupa par la promotion du dialogue dans toutes ses actions à connotation sociale, voudrait voir le secteur du commerce être un modèle en matière de dialogue social pour l’intérêt des uns et des autres, de manière à ce que la paix sociale puisse y régner. Voilà pourquoi le ministère du Travail et de la Prévoyance sociale est satisfait de l’heureux aboutissement de ce séminaire de formation des premiers délégués du secteur, et c’est ici le lieu d’en féliciter également les formateurs ».
S’agissant des conseils proprement dits prodigués aux délégués syndicaux, Mme la ministre Lukiana indiquera expressément aux intéressés ce qui suit : « Les connaissances que vous venez d’acquérir peuvent désormais vous permettre d’assurer les responsabilités qui vous incombent désormais, celles de représenter vos électeurs que sont les travailleurs auprès des employeurs. Vous serez davantage performants si vous prenez la ferme option de continuer de vous former par la lecture des textes législatifs et réglementaires qui régissent le monde du travail et par la participation à d’autres formations pouvant être organisées par vos syndicats respectifs ».
« C’est à ce prix seulement que vous pourrez améliorer vos prestations en tant que représentants des travailleurs, qualité qui requiert la maîtrise des notions essentielles de la législation sociale pouvant permettre de contribuer à la promotion des meilleures conditions de travail dans les entreprises au sein desquelles vous prestez ». La ministre s’est permise ensuite de s’adresser à ses auditeurs en langue nationale de la capitale, le lingala, pour conseiller le respect et de l’outil du travail et du climat de dialogue avec les employeurs, pour encourager un rapide engagement des négociations des contrats de travail dont Mme Lukiana a appelé de tous ses vœux un heureux aboutissement avant les fêtes de fin d’année, de sorte cet acquis soit présenté comme un heureux cadeau des fêtes que les employeurs offriraient à leurs employés. Evidemment cette recommandation a soulevé des vivats nourris des délégués syndicaux redoublant publiquement leur reconnaissance à l’endroit de l’autorité ministérielle qui leur est apparue comme leur providentielle protectrice.
Félicitations à la mutuelle ASTC
Les derniers chaleureux mots du discours de la ministre ont été adressés particulièrement à la classe des employeurs, à savoir : « Pour ce qui concerne nos amis employeurs, nous recommandons un climat des affaires profitables à tous. Une ultime déclaration de la ministre a concerné la structure que les travailleurs du secteur du commerce ont eu l’initiative de créer. Ci-après comment Mme Lukiana s’y est prise pour l’évoquer.
« Avant de terminer, je voudrais réitérer également mes sincères remerciements aux partenaires syndicaux du secteur du commerce pour l’empressement et l’intérêt qu’ils ont accordés à la formation acquise. Je remercie également les délégués syndicaux et tous les travailleurs dudit secteur à travers leur association dynamique d’entraide qu’est L’Association des travailleurs du secteur du commerce, ASTC en sigle, laquelle n’est pas un syndicat, mais une mutuelle sociale de solidarité qui a fait ses preuves ».
MMC
Last edited: 17/11/2007 14:28:14