Lancement officiel mardi du séminaire de formation des délégués syndicaux élus dans le secteur du commerce pour concrétiser l’une des mesures prises par le ministère du Travail et visant l’assainissement le milieu des opérateurs et employés dudit secteur
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Le cercle de la paroisse Fatima à Kinshasa sert de cadre de tenue, du 13 au 15 courant, d’un séminaire de formation de près d’un demi millier de délégués syndicaux récemment élus dans quelque 165 entreprises du secteur du commerce de la capitale. Ce séminaire est organisé par le ministère du Travail et de la Prévoyance sociale sur impulsion personnelle de la ministre titulaire, Mme Marie-Ange Lukiana Mufwankolo, qui concrétise ainsi les décisions de l’action qu’elle a entreprise d’assainir ce milieu professionnel caractérisé par une scandaleuse exploitation des travailleurs congolais par la catégorie d’employeurs expatriés principalement libanais et asiatiques. Un tournant dans l’assainissement du secteur du commerce.
L’événement a été ressorti à la cérémonie d’ouverture mardi de ce séminaire par le Secrétaire général du ministère du Travail et de la Prévoyance sociale, comme un grand tournant du programme d’action de revalorisation du travailleur congolais que se sont engagées de mener les autorités gouvernementales dans le cadre de l’assainissement de l’emploi décrété une des priorités des cinq chantiers de développement lancés pour l’actuel premier mandat de la IIIème République.
Les discours de circonstance prononcés à la cérémonie d’ouverture ont tous souligné l’importance attachée à la formation des délégués syndicaux élus pour la première fois dans le secteur du Commerce pour assurer désormais l’encadrement des travailleurs et veiller à faire respecter la législation sociale dans le secteur concerné.
Le président de l’Intersyndicale nationale du Congo, M. Dunia, qui fut le premier à prendre la parole après le mot d’introduction du secrétaire général du ministère du Travail et de la Prévoyance sociale, a notamment indiqué que par le séminaire de formation de délégués syndicaux élus lancé mardi, « ce jour consacre, selon lui, le triomphe, mieux la victoire de la raison dans le monde du Travail et particulièrement dans le secteur du commerce où l’arbitraire dans le traitement de la main d’œuvre congolaise régnait en maître absolu au mépris délibéré de la loi sociale en vigueur dans notre pays, à s&voir le Code du travail ».
M. Dunia renchérira en soulignant que : « nos compatriotes travaillent sans contrat de travail, leurs salaires et avantages sociaux étant fixés selon le bon vouloir de leurs employeurs et en violation des dispositions légales, notamment celles relatives au Smig (Salaire minimum interprofessionnel garanti). Sans congé ni horaire de travail, ils travaillaient comme des bêtes de somme, sans avoir droit à la défense de leurs droits, car la présence syndicales n’était pas acceptée dans ce secteur ».
Aujourd’hui, a poursuivi le président de l’Intersyndicale nationale congolaise, nos compatriotes œuvrant dans ce secteur peuvent pousser un « ouf » de soulagement, car, d’autorité, Excellence Mme la ministre du Travail et de la Prévoyance sociale a sifflé la fin de la récréation en imposant dans ce secteur le respect et l’application de toutes les dispositions légales et réglementaires qui régissent le monde du Travail. L’horaire du travail et la présence syndicale sont devenus une réalité dans ces entreprises ».
S’adressant directement aux délégués syndicaux qui vont suivre le séminaire de formation, M. Dunia leur a expressément signifié ce qui suit, à savoir : « Les élections syndicales dont vous êtes l’émanation ont été organisées en vue d’assurer véritablement la défense des droits et intérêts des travailleurs. Il s’agit ici d’un succès et d’un acquis à l’actif de Mme la ministre du Travail et de la Prévoyance sociale que nous devons conserver et perpétuer, afin d’améliorer les conditions de vie et de travail de nos frères et sœurs qui prestent dans cette catégorie d’entreprises ».
Un représentant des travailleurs est intervenu en commençant par remercier les responsables du ministère du Travail pour avoir concrétisé l’attente de l’application de la législation sociale et du travail dans leur secteur, pour signifier ensuite à l’endroit de la ministre ce que l’orateur en vedette a qualifié de « toute notre sympathie et tout notre appui pour la réforme entreprise dans le monde du travail congolais en général et dans le secteur du commerce en particulier ».
Quant à l’intervention la plus remarquée du reste de la ministre du Travail et de la Prévoyance sociale en personne, Mme Marie-Ange Lukiana, elle a situé l’événement du jour dans son contexte du programme d’action de grande envergure que tient à réaliser le gouvernement sous l’impulsion du Chef de l’Etat, le Président Joseph Kabila, et du Premier ministre Antoine Gizenga, qui tiennent à réhabiliter le travailleur congolais et son emploi. Les mots introductifs de l’adresse de la ministre marquaient déjà l’importance de l’enjeu placé dans l’événement. « Comme nous le savons tous, a effectivement déclaré la ministre Lukiana, Kinshasa la capitale est la ville province miroir de la République. A ce titre elle se doit d’être le reflet de l’Etat de droit auquel notre population tant meurtrie aspire ardemment, encouragé en cela par l’heureux événement de la démocratisation ».
Judicieuses remarques de la ministre Lukiana
« Par ailleurs, indiquera ensuite la ministre, dans le lien Peuple-Droits-Emploi, le secteur du commerce est celui le plus fréquenté et exploité en aval et en amont, sur le plan structuré, par notre population. C’est dire que le secteur du commerce de Kinshasa doit devenir le chantier modèle, en matière d’organisation de travail, de dialogue social et de bon climat des affaires, en faveur tant des droits des travailleurs que des intérêts du capital investi par les employeurs et ce, exempt d’arbitraire et d’anarchie pour une reconstruction durable. Nous osons donc croire que c’est cette noble quête de droit et de justice, d’équité et d’efficacité en milieu du travail qui nous rassemble ce jour ».
La titulaire du ministère du Travail a retracé le délicat et assidu processus qui a permis d’engager progressivement les réformes réclamés dans le secteur du commerce dans lequel « depuis des décennies les entreprises ne disposaient d’aucune représentation conforme du personnel et n’ont jamais organisé les élections syndicales conformes à la loi. (…) Le processus qui se renforce aujourd’hui, soulignera-t-elle, a démarré avec la signature au cours de l’année 2005 d’un protocole bipartite dans le secteur du commerce entre employeurs, d’une part, et les organisations syndicales, d’autre part ».
Mme Lukiana s’étendra sur les tractations qui ont été menées pour saluer le premier aboutissement de l’élection des délégués syndicaux dans 165 entreprises, ce qu’elle a qualifié « d’événement majeur que nous devons tous capitaliser pour le maintien du dialogue social permanent dans le secteur. C’est le lieu également, soulignera-t-elle, de féliciter et de remercier tous les employeurs qui ont accepté d’organiser lesdites élections en dépit des difficultés rencontrées ».
Des remarques ont toutefois été soulevées par la ministre quand elle fera constater notamment que « les élections ne constituent pas une fin en soi. Elles sont le début d’u processus qui vise à créer un cadre légal et permanent de dialogue entre employeurs et travailleurs. De ce fait les questions suivantes se sont posées : comment les délégués syndicaux élus pourront-ils se présenter au rendez-vous du dialogue social sans être à même de défendre avec sérénité, assurance, compétence et efficacité les intérêts de leurs camarades travailleurs ? »
« Prochainement il sera engagé des négociations en matière de salaire comme prévu dans le protocole d’accord du 25 septembre 2005. Pour ce faire ne faut-il pas que les délégués syndicaux soient bien outillés ? C’est pour rencontrer ces préoccupations importantes que cette troisième étape qui est la formation syndicale des délégués élus s’avère nécessaire pour renforcer leurs capacités et leur donner les connaissances de base appelées l’A-B-C du syndicalisme, en vue de réaliser l’objectif social de leurs entreprises respectives et d’asseoir au sein de celles-ci la culture syndicale ».
Des pertinents sujets de formation à assimiler
Concrètement le séminaire de formation est axé autour du pertinent thème ci-après, à savoir : « Le rôle du syndicaliste face aux impératifs d’u Etat de droits et de la reconstruction nationale ». Les communications prévues d’être dispensés au séminaire par des techniciens du monde syndical ciblent l’administration du travail, le syndicat, la réunion syndicale et la prise de parole, le fait syndical, l’information syndicale, le contrat de travail, les rémunérations et ses modalités d’exécution, les conditions générale de travail, les litiges individuels du travail et le licenciement des délégués syndicaux, les conflits collectifs de travail, la procédure de revendication, le droit de grève, le rôle, compétence et fonctionnement de la délégation syndicale, la technique de négociation collective, et, enfin, la représentation des travailleurs dans les entreprises.
Voilà autant de matières qui constituent autant les sujets des communications que des ateliers prévus pour une meilleure pénétration des problèmes spécifiques qui se posent. Pendant rois jours les délégués syndicaux vont faire triturer leurs méninges pour assimiler la pratique syndicale qu’il leur faut maîtriser. Rendez-vous au dernier jour, jeudi, pour constater comment se sera déroulée l’importante formation. L’ouverture du séminaire n’a pas été seulement un moment austère, elle a tout de même été agrémentée par l’animation d’un groupe de comédiens de la troupe dite « Saï-Saï » qui a comblé l’assistance par le numéro présenté dans lequel étaient dénoncés les abus et scandales de l’arbitraire dans le traitement et l’exploitation du travailleur congolais du secteur du commerce.
Daniel Nzuzi/MMC
Last edited: 14/11/2007 16:48:05