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Bonjour | 02/12/2008 22:48 | English Make DC Home page | RSS feed

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Trop, c’est trop ! Les habitants de Mbandaka qui soutiraient frauduleusement le courant sur le réseau de la Mission des Nations Unies au Congo (Monuc), ne sont plus servis en énergie électrique depuis le mois de septembre dernier. Les activités commerciales qui tournaient grâce à ces fraudes sont arrêtées et la ville est plongée dans le noir.

Paul Nkumu est inconsolable. Cet habitant de Mbandaka vivait es­sentiellement de la vente d’eau froide en sachets. Mais, depuis le mois de septembre, son congélateur ne lui sert plus à rien. C’était plein de sa­chets d’eau froide. Cela me rapportait assez d’argent, explique-t-il, la mort dans l’âme, montrant du doigt son appareil électroménager. J’étais servi en électricité mieux qu’à Kinshasa où le délestage est monnaie courante. Maintenant, tout est fichu !

En effet, Paul Nkumu n’est plus raccordé au réseau de la Monuc, dont les puissants générateurs de 250 à 300 KVA ont cessée de fournir l’élec­tricité à la quarantaine de résidences des agents de la mission.

La raison est simple : depuis l’installation de la Monuc en 2004 à Mbandaka, des frau­deurs s’étalent greffer sur son réseau  de distribution de courrant. Vendeurs d’eau, propriétaire de cabines téléphonique chargeur de batteries pour cellulaire, tenanciers de bistrots, cadres civils et militaires... sou­tiraient frauduleusement l’électricité fournie par la Monuc.

« Je faisais glisser un fil de couleur verte entre les branches des arbres, et le fil noir ou marron au niveau du tronc pour tromper la vigilance de leurs agents.. « raconte sous anony­mat l’un des fraudeurs.

Paralysie des activités

Ces raccordements ont fini par peser et détériorer le réseau. Ni les protestations auprès des autorités locales, ni le débranchement des rac­cordements frauduleux n’ont jamais rien changé à la situation. Dès qu’on leur coupait le courant un jour, ils le rétablissaient le lendemain. De fois, ils s’attaquent physiquement à nous… », témoigne un électricien de la Monuc.

« La coupure générale était l’uni­que solution pour mettre un terme à ce fléau, renchérit un autre qui se réjouit de pouvoir « en fin respi­rer ». « On s’était fait pas mal d’en­nemis à cause de ce courant », dit-il.

Cette décision a replongé Mban­daka dans une obscurité quasi totale. La nuit, dans cette ville bâtie en pleine forêt équatoriale, on aperçoit à peine quelques îlots d’habitations éclairés. Selon un agent de la Société natio­nale de l‘électricité (SNEL), à peine 200 familles sur 700.000 habitants de Mbandaka reçoivent du courant, quand la centrale thermique tourne. Et elle rationne son courant qu’elle ne fournit que 4 heures par jour, lors­qu’elle dispose d’un peu de gasoil.

Du coup, les petites industries lo­cales de pêche, de construction de ba­teaux, de fabrication de caoutchouc et de médicaments ne fonctionnent plus. Quant aux activités qui ont pros­père ces trois dernières années grâce à l’électricité de la Monuc, elles ont vu leur espoir s’envoler. Ce courant qu’on nous a coupé n’appartenait à personne.., affirme tout bonnement l’un des fraudeurs, aujourd’hui désemparé.

Ils oublient qu’ils sont fautifs

Si tous n’ont pas fermé boutique, nombre d’entre eux, raccordés aupara­vant au réseau de la Snel ou qui possé­daient de petits générateurs, essayent maintenant de s’en contenter. Mais ils ne s’en sortent pas bien. Car, ils doivent débourser 100 $ US au début du mois pour espérer être servi par la Snel.

« Pensez-vous que 4 heures de fourniture d’électricité suffisent pour refroidir les sachets d’eau et en gar­der la fraîcheur sous le soleil ardent de l’Equateur ? », questionne un reven­deur qui préfère arrêter son activité.

Très lucrative, l’activité des char­geurs de batteries des téléphones portables est aussi sérieusement per­turbée. Ils sont contraints désormais de recourir aux groupes électrogènes, mais de faible puissance, qui ne leur permettent pas de faire correctement ce travail. « Je chargeais des dizaines de batteries 24h/24. Maintenant ce n’est plus le cas… » regrette Emanu Mpia.

Dans les résidences des agents de la Monuc aujourd’hui coupées de leurs gros générateurs, la solution est maintenant à l’individuel. De pe­tits groupes électrogènes alimentent les maisons. Certains fraudeurs mécontents profèrent parfois des me­naces au téléphone de l’administra­teur local de la Monuc, Imad Azmim.

« Ces gens oublient qu’ils n’avaient pas le droit et étaient plutôt fautifs », confie un agent de la Monuc, qui se dit étonné parles propos belliqueux utilisés par certains habitants de Mbandaka.

Matthieu Mokolo/lnterCongo média/Syfia/Journal du Citoyen

Last edited: 12/11/2007 15:47:59

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