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Longtemps négligée et jetée, la noix palmiste aide aujourd’hui plusieurs femmes à se prendre en charge en fabriquant un savon très apprécié par les habitants de Kisangani. Des concasseurs mécaniques ont même été mis au point pour soulager leur peine. Longtemps négligée et jetée, la noix palmiste aide aujourd’hui plusieurs femmes à se prendre en charge en fabriquant un savon très apprécié par les habitants de Kisangani. Des concasseurs mécaniques ont même été mis au point pour soulager leur peine. Kisangani, la noix palmiste est l’objet et toutes les convoitises. Femmes, hommes, enfants, tous se bousculent pour l’avoir. Elle sert, en effet, de matière première pour la fabrication du « tobobi », un savon artisanal local très prisé par la population.

On assiste à une véritable nuée vers cette noix devenue une source importante de revenus. « Parfois, pour obtenir ce précieux fruit, des femmes de la vile parcourent jusqu’à 100 kms à Vélo », déclare Feza Katanga, vice-présidente de l’Association des mamans « ndika », (AMANDI), un groupe de femmes qui commercialise l’huile palmiste (« ndika » en lingala, une des langues parlées à Kisangani, NDLR).

Début de l’aventure

C’est vers les années 1996-97, en pleine période de guerre et de rébellion, que s’est développé la production artisanale de savons à Kisangani. La seule usine industrielle, la Sorgerie, venait de fermer ses portes. La division du pays en plusieurs zones, tenues par les différentes factions rebelles, rendait difficile l’importation de savon. Privées de revenus, plusieurs familles tentent alors d’utiliser l’huile de palme, mais le savon obtenu ne moussait pas assez.

Moins cher et facile à vendre

« Des ONG prennent alors le devant et forment les populations à la fabrication artisanale de savons, cirage et autres produits de première nécessité, devenus rares pendant la guerre », rappelle Kyenia Ndoba, superviseur du service de l’Environnement à Kisangani. Les associations, principalement de femmes aidées par les experts, recourent alors à la noix palmiste dont l’huile permet, en effet, de faire un « tobobi » bien moussant et de bonne qualité  mais surtout accessible à toutes les bourses.

« Moi,  je n’utilise que ce savon. Avec 10 FC (moins de 0,02 $), je peux me le procurer facilement », témoigne Ismaël Kasongo, un habitant de Kisangani, qui s’en sort pour tout : hygiène corporelle, vaisselle, lessive... « Nous écoulons notre marchandise auprès des vendeuses du marché central et des commerçants qui les amènent dans l’amère province », explique Jean Ngoy, un fabricant.

Jean Ngoy produit en moyenne 19 sachets de 24 savons par jour et dit empocher 5 à 10 $ à la fin de la journée grâce à celle activité qu’il mène depuis plus de cinq ans.

Source d’inspiration

Des dermatologues s’inquiètent des effets nocifs de ce savon. Certains utilisateurs présentent en effet des irritations de la peau après s’être lavés. Il n’est pas facile d’obtenir cette précieuse huile. Il faut d’abord broyer la dure coque de la noix à main nue, avec des cailloux ou une barre de for, extraire l’amande, puis la chauffer pour recueillir l’huile.

S’inspirant des moulins à manioc, des ingénieurs locaux ont mis au point des concasseurs et des presses à huile mécaniques. Ces machines sont une vraie aubaine pour le fabricant et pour les femmes qui ont ainsi vu leurs souffrances diminué.

Bousculades pour broyer les noix palmistes

« Le coût de production d’une presse s’élève à un pou moins de 800 dollars. Nous la vendons à plus de 1.000 dollars la pièce. C’est une version adaptée, elle permet de séparent  l’huile des tourteaux et facilite beaucoup la tâche des utilisateurs, signale Balikolo Ley, copropriétaire d’une fabrique des presses à huile, non loin du marché central de Kisangani.

Chaque matin, les femmes sont nombreuses à faire la queue devant la dizaine de presses que compte la ville pour faire broyer leurs noix. « Nous passons trop de temps à la presse à cause surtout des coupures intempestives de l’électricité », se plaint Léon Fundi, conseiller au sein de l’Association des mamans.

Les coupures du courant sont loin d’être l’unique grain de  sable dans ce processus de production. « Le manque d’outils (bâches, bassins, bidons), le transport et les tracasseries administratives sont autant de difficultés qu’éprouvent ces femmes », ajoute le conseiller.

Pépé MIKWA/ InterCongo media/Syfia

Last edited: 09/11/2007 15:40:32

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