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Les atrocités trop cruelles qu’il a fait commettre par ses hommes sur des policiers en service commandé à Kinshasa à la veille du second tour de l’élection présidentielle. L’incendie criminel des installations de la haute cour de justice ainsi que de quelques autres bâtiments publics perpétré par ses fidèles ont afin de placer les magistrats de la Cour suprême de siéger dans les délais sur les recours en contestation des résultats du premier tour introduits par son parti ; la cuisante déconvenue militaire essuyée par les militaires commis à sa garde face aux éléments de l’armée régulière en mars 2007 à Kinshasa ne constitueraient-ils pas des motifs d’appréhension suffisants pour que Jean-Pierre Bemba Gombo, leader du Mouvement de libération du Congo – MLC- prolonge indéfiniment son séjour hors du pays, dans l’espoir d’obtenir quelques parrains qui lui garantissent un retour paisible à Kinshasa ?

Il n’est un secret pour personne que le « chairman » du MLC n’a réussi à se consoler de sa déroute électorale face à Joseph Kabila qu’en se procurant un siège de sénateur à la chambre haute du Parlement. En réalité, cette nouvelle qualité lui ouvrait une porte sécurisante ; celle de l’immunité parlementaire, capable de le mettre à l’abri de certaines situations inconfortables. Comme par exemple, d’éventuelles poursuites judiciaires, pour une raison ou pour une autre. Dans tous les cas, l’homme se sait intérieurement redevable devant la justice de son pays de quelques charges pénales susceptibles de l’éloigner de la scène politique nationale pendant de longues années.

A cet effet, les appréhensions de Jean-Pierre Bemba se sont confirmées le 23 mars 2007 avec l’information judiciaire ouverte adressée le 23 mars 2007 par le Procureur général de la République à son endroit, sur plainte du Gouvernement qui l’a accusé de haute trahison. Allusion on ne peut plus évidente aux derniers affrontements qui ont eu lieu à Kinshasa.

Il va sans dire que, plus que tout autre raison, la démarche du Parquet général de la République auprès du bureau du Sénat est la raison première qui rend hypothétique le retour à Kinshasa du leader du MLC, alors que chaque jour qui passe pousse  le bureau de la chambre haute du Parlement dans un embarras qui ne dit pas encore son nom mais qui est palpable.

D’un côté, les absences prolongées du sénateur JP-Bemba, le mettent en porte-à-faux avec le Règlement intérieur du Sénat qui ne règlent pas la perte de la qualité de sénateur par tout membre qui s’absenterait à plus du tiers des séances d’une session extraordinaire. Par rapport à cette obligation, le leader du MLC a tout intérêt à éviter cette situation qui le priverait d’une salutaire immunité qui le mettrait hors de portée d’une action judiciaire à son encontre. Mais, quand bien même s’il pouvait s’y soustraire par on ne sait quel exercice occultiste, rien ne lui garantit vraiment une sortie de la hantise d’une action judiciaire, étant donné que, sénateur ou pas, Jean-Pierre Bemba est tributaire de la réponse que le bureau du Sénat aura à donner au Procureur général de la République quant à sa requête relative à l’information judiciaire du 23 mars  ouverte à sa charge.

Car il est prouvé maintenant que le PGR n’entend pas démordre sur la question. Le rappel qu’il en fait dans sa mercuriale à l’occasion de la rentrée solennelle de la Cour suprême de justice samedi 3 novembre 2007 est significatif du sort qui attend le numéro Un du MLC à son retour des vacances portugaises forcées.

Dans son parti on ne se fait plus d’illusions sur cette question ; les miasmes qui secouent le MLC actuellement  sont des signes précurseurs annonciateurs du crépuscule du « chairman » qui se démène comme un beau diable dans un bénitier pour se trouver des parrains à sa cause.

Il a frappé à la porte des Belges pour leur compter fleurette. Mais mal lui en a pris : l’aile néerlandophone de la communauté belge atteinte du syndrome du  séparatisme a maintenant l’oreille dur, elle ne veut rien entendre ni savoir. Seul Karel de Gucht – toujours lui – a prêté une oreille distraite aux fariboles de son interlocuteur congolais visiblement au plus fort d’une agitation interne oppressante.

Quant aux sénateurs du Royaume belge, peine perdue pour lui ; la réputation d’homme conflictuel qui colle à sa peau l’a précédé en Belgique, si bien que sa rencontre avec les membres de la chambre haute du Royaume de Belgique ne lui a été d’aucune utilité. C’est, apparemment, la dernière station du chemin de la croix qui mène Jean-Pierre Bemba au Golgotha. Entre-temps, le pays vit à l’heure de la décrispation politique propice à l’entrée dans la danse des investisseurs. Pendant que le « chairman » joue aux abonnés absents ! Ce qui, loin s’en faut, n’est pas de mauvais augure pour le pays.

MMC

Last edited: 07/11/2007 17:18:25

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