Ce parti en congrès, ça devrait être un événement. Car en 25 ans d’existence, l’Udps est en retard de quatre congrès.

L’une de ces pensées ou l’un de ces actes s’appelle reconduction ou prolongation du mandat du lider maximo à la présidence du parti et suspension du Comité national faisant office de « parlement ». A preuve: Valentin Mubake, président de cet organe, pourtant élu démocratiquement en juillet 2005, n’est nullement repris par les membres du Comité organisateur du congrès.
Pour faire propre, ces deux décisions sont attribuées au collège des fondateurs, une structure qui ne comprend même pas cinq membres ! Vérité constatée la veille du Second tour de la présidentielle lorsque certains membres de l’Udps s’étaient prononcés pour une alliance avec Jean-Pierre Bemba, d’autres s’y opposant.
Transposée au niveau de l’Etat-Nation, cette décision ressemblerait à celle que prendrait Kabila en suspendant l’Assemblée nationale et le Sénat issus des élections! A l’Udps, cela s’appelle démocratie. Comme on la fait en Occident. Justement, aux Etats-Unis, au Canada et en Europe où ce parti a ses représentations les plus actives, on ne peut que prendre acte de cette démocratie réellement à la soviétique !
Recroqueviller sur l’ethnotribalisme
A dire vrai, il a fallu un double tsunami pour amener l’Udps à prendre conscience de sa « nudité ». D’abord le tsunami « 1+4 ». Etienne Tshisekedi avait refusé de briguer « la 4ème vice-présidence de la République » à laquelle il s’était pourtant porté candidat aussitôt clos les travaux du Dialogue intercongolais le 2 avril 2003 à Sun City. Il s’était par la suite empressé d’accuser Joseph Kabila et Louis Michel d’avoir organisé son écartement.
Or, il n’a jamais dit pourquoi il avait laissé poiroter quatre jours durant, sur un aéroport sud-africain, le pasteur Daniel Mulunda à bord de l’avion affrété par Kabila pour le ramener à Kinshasa et prendre part aux travaux de la Commission de suivi. De même, il n’a jamais contesté l’information selon laquelle deux leaders kasaïens (une femme et un homme) l’avaient approché pour le convaincre de prendre le poste. « Je ne me vois pas représenter le petit Kabila en Egypte », leur avait-il lancé; estimant que son statut et sa stature ne pouvaient être réduits à une vice-présidence !
Ensuite le tsunami électoral. Première à remettre en cause la composition du Bureau de la Cei, l’Udps s’était engagée dans la voie du boycott systématique de tout ce que faisait cette institution. Elle avait, au départ, mis en doute le matériel Zet Pass avant d’ordonner le boycott du recensement des électeurs. Qualifiant, par la voix d’Etienne Tshisekedi en personne, ce référendum constitutionnel de processus « électoral et politique exclusif, vicié, injuste et manifestement non productif », l’Udps avait demandé aux Congolais de rester à la maison pour ne pas cautionner cette trahison par leur participation au vote. C’était sur Rfi le 15 décembre 2005.
Même quand, en janvier 2006, elle va tenter de rentrer dans le processus vicié, elle n’en continuera pas moins à poser des préalables qu’elle savait irréalisables. Par exemple la suppression de la Cei, la disqualification du « 1+4 » pour son remplacement par le schéma classique « 1+1+1 » de type Cns et la mise en procès des acteurs impliqués dans les crimes contre l’Humanité perpétrés pendant les deux guerres de 1996 et 1998 !
En fait, l’Udps savait que ses préalables avaient pour conséquence logique le retour à la case de départ, à la situation d’avant le Dialogue intercongolais. Donc, à l’état de belligérance avec l’existence des territoires les uns sous contrôle de la composante « Gouvernement », les autres sous contrôle des composantes « Rcd », « Mlc », « Rcd-Kml » et « Rcd-N » ! Or, le retour à la case de départ signifiait réactivation du schéma de la Cns que personne ne s’était avisé de défendre à Addis-Abeba, ni à Sun City I et II, encore moins à Bruxelles ou à Pretoria.
La réalité ou la vérité est que l’Udps paie aujourd’hui la rançon de la seule constante que l’on reconnaît à Etienne Tshisekedi : celle de s’opposer à tout ce qui ne sort pas de lui-même. La constante de l’égocentrisme. Acteurs nationaux, étrangers et internationaux s’y sont heurtés. A un moment donné, par exemple, les Occidentaux avaient cru en l’Udps, et surtout en Tshisekedi. Ils ont commencé à déchanter un à un, si bien qu’à ce jour, les alliés congolais, étrangers et internationaux se comptent par les doigts d’une main.
Un parti voué au succès a lentement mais sûrement perdu de son auréole nationale pour se recroqueviller sur l’ethnotribalisme. C’est peut-être dur et choquant de le dire ou de l’admettre, mais la vérité est celle-là: l’Udps présente actuellement tous les risques de ressembler au Cndp de Laurent Nkundabatware avec pour seule différence que ce parti ne lève pas l’option armée.
Un vrai leader s’assume
Aujourd’hui, on s’empresse d’engager la responsabilité de Valentin Mubake dans les malheurs qui s’abattent sur l’Udps, absente des institutions nationales et provinciales de la République issues des élections avec tous les risques de l’être au niveau des institutions urbaines, municipales et locales. Et c’est Mubake que Tshisekedi s’emploie à livrer à la vindicte populaire! Un leader, un vrai, est celui qui assume, et non celui qui sacrifie ses collaborateurs.
Valentin Mubake, un élu en voie d’être chassé !
Président du Comité national (Parlement) de l’Udps, Valentin Mubake vit sa descente en enfer par la même tactique qu’il prisait: la diabolisation ! Il rejoint ainsi les Lihau, Kibassa, Gisanga, Lusanga et autres Dindo. L’analyste avisé pourrait facilement le constater: la diabolisation se fait à l’aune de l’appartenance ethnotribale, selon que l’on soit de l’Est, de l’Ouest ou du Centre! Pourtant, Valentin Mubake (originaire du Kivu) avait tout de même été élu en juillet 2005 par 230 voix contre 188 pour son challenger, le bâtonnier Kabasele Mfum.
Un confrère proche de Petunias avait commenté ce vote en ces termes « Cette élection qui s’est déroulée dans un climat de sérénité, de transparence et de démocratie constitue déjà un test électoral en prévision d’autres échéances qui se profilent à l’horizon. Notamment au niveau des autres postes du Bureau du Comité national et du Secrétariat Général ». Le même confrère ne s’empêche plus de prendre à parti le même Valentin Mubake, devenu un pestiféré.
Omer Nsongo die Lema/L’Avenir
Last edited: 06/11/2007 12:44:22