A titre de rappel, nous publions de nouveau aujourd’hui le texte de cette requête du Procureur Général de la République pour pouvoir compléter ce dossier qui, du reste, garde encore son actualité.

Le Procureur Général de la République (PGR), Tshimanga Mukeba, a sollicité, dans une requête déposée le 10 avril dernier au bureau provisoire du Sénat, la levée de l’immunité parlementaire du sénateur Jean-Pierre Bemba Gombo, en rapport avec les affrontements armés des 22 et 23 mars derniers à Kinshasa, entre les militaires commis à sa garde rapprochée et les troupes des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC).
Cette requête, introduite quelques heures seulement après « l’évacuation pour raisons médicales » du sénateur congolais vers le Portugal, soutient que les affrontements déclenchés à Kinshasa ont occasionné des pertes en vies humaines, ainsi que la destruction de plusieurs bâtiments publics et privés, actes qui vont à l’encontre des engagements signés par le président Joseph Kabila et l’ancien vice-président Jean-Pierre Bemba.
Le PGR Tshimanga, qui évoque le code pénal congolais, estime que l’ancien vice-président Bemba devrait être poursuivi pour « meurtres, vols à main armée, pillages, coups et blessures volontaires et destructions méchantes ».
Information judiciaire
Selon ce haut magistrat de la République, ces faits ou certains d’entre eux peuvent être mis à charge de l’ancien vice-président Bemba en tant qu’auteur « intellectuel » des infractions commises par les éléments de sa garde. La requête du PGR s’inscrit en droite ligne de l’information judiciaire ouverte le 23 mars dernier à l’endroit du sénateur Jean-Pierre Bemba, par le Parquet Général de la République, après que le gouvernement l’a accusé de « haute trahison », en rapport avec les derniers affrontements armés de Kinshasa.
Il y a lieu de rappeler que, depuis le 22 mars, Jean-Pierre Bemba s’était refugié dans une des résidences de l’Ambassade d’Afrique du Sud à Kinshasa, d’où il a joint l’aéroport International de N’Djili dans la nuit du 10 au 11 avril, en compagnie des membres de sa famille et sous grande escorte des blindés de la Mission de l’Onu au Congo (Monuc), après la signature par Mbueshi Kongo, le président du bureau provisoire du Sénat, le 9 avril à l’ambassade du Portugal, de l’autorisation de son évacuation sanitaire vers ce pays.
Décrispation du climat politique
Ce départ marque visiblement une décrispation du climat politique à Kinshasa, qui était resté tendu depuis les affrontements armés d’août 2006 et ravivé par ceux de mars 2007 dernier.
L’autorisation accordée par l’ambassade du Portugal à Jean-Pierre Bemba était assortie d’un engagement écrit de ce dernier, déposé à l’ambassade du Portugal, à n’avoir, dans ce pays d’accueil, aucune activité politique contre les autorités « légitimes » en place en RDC.
Quelques jours auparavant, l’ancien vice-président Bemba avait évoqué, dans une déclaration au journal français « Le Monde », la possibilité de s’exiler, au cas où il n’aurait pas de « garantie » pour sa sécurité.
Se confiant à la presse le 11 avril dernier, François Mwamba, le secrétaire général du Mouvement de libération du Congo (MLC), a assuré l’opinion que Jean-Pierre Bemba a quitté le pays en « homme libre » afin d’aller répondre à un rendez-vous médical qui aurait dû intervenir une semaine plus tôt au Portugal.
Sur ce même sujet, Eve Bazaïba, la porte-parole de l’Union pour la Nation (UN), plate-forme politique qui a soutenu la candidature de Bemba au second tour de la présidentielle, a certifié que ce dernier regagnera Kinshasa au terme de son séjour médical au Portugal, prévu pour 60 jours. Elle a précisé qu’aucun mandat d’arrêt n’avait été délivré contre le sénateur J. P. Bemba qui jouit de son immunité parlementaire.
Signalons qu’arrivé au Portugal à bord de son avion privé, le Président du MLC a élu domicile dans sa résidence située à 300 kilomètres de la capitale portugaise.
Joseph Nkambidio/Journal du Citoyen
Last edited: 05/11/2007 08:32:03