Le discours d’ouverture solennelle de la première session du Congrès du Parlement a été l’occasion pour le président de l’Assemblée nationale de fixer le cadre et l’idéal de la tâche commune que sont appelés à accomplir les Sénateurs et les députés nationaux siégeant ensemble sur des questions spécifiques.

Le Congrès n’est pas une nouvelle institution de la République. Encore moins une nouvelle chambre législative. Les institutions sont limitativement énumérées par la Constitution (Article 68). Il s’agit, dans l’ordre institutionnel congolais, d’une haute instance politique dont les prérogatives sont déterminées par la Constitution en son article 119.
Lequel stipule que les deux chambres se réunissent en congrès pour les cas relatifs à la procédure de révision constitutionnelle (Articles 218 à 220); l’autorisation de la proclamation de l’état d’urgence ou de l’état de siège et de la déclaration de guerre (Articles 85 et 86) ; l’audition du discours du président de la République sur l’état de la nation (Article 77) ; la désignation des trois membres de la Cour constitutionnelle (Article 158).
Ce rappel, valant mise au point, a été fait jeudi 1er novembre 2007 au Palais du peuple, par le président de l’Assemblée nationale, en sa qualité de président de céans, au cours de la cérémonie d’ouverture de la première session du Congrès du Parlement de la Troisième République. Il a reconnu que les prérogatives du Congrès sont autant importantes que délicates.
Autant elles lui confèrent un rôle de premier plan dans la consolidation de la jeune démocratie et l’émergence d’un Etat de droit en RDC, autant un usage abusif qu’on en ferait mettre en péril la stabilité des institutions actuelles et la paix. Cette démarche, faite en liminaire de la première plénière du Congrès, visait à lever toute équivoque ainsi que toute confusion qui pourrait s’insinuer dans certains esprits. Le processus démocratique, encore fragile, en encaisserait un grand coup et ramènerait la RDC à la case départ, c’est-à-dire au règne de la dictature et de la longue transition ponctuée de guerres et de conflits de tous ordres.
Qui en aurait encore besoin, en ce moment précis ?
Le Congrès se veut un haut niveau de décision de deux chambres réunies. Par conséquent, les députés et sénateurs se devraient éviter d’être les fossoyeurs du long processus de paix et politique dont l’aboutissement reste la consolidation d’un Etat de droit. Pas des entourloupes dont on a déjà senti les effluves à la chambre basse.
Les parlementaires élus sont condamnés au sens aigu de responsabilité, de l’Etat et de l’intérêt général. Et pour cause. Le parcours constitutionnel de la RDC n’a pas été heureux. Le président de céans du Congrès l’a rappelé, à la mémoire collective.
C’est le cas, notamment des ratés de la Loi fondamentale et de la Constitution de Luluabourg par lesquels Joseph Kasa-Vubu, Patrice-Emery Lumumba, Moïse Tshombe, Evariste Kimba se sont illustrés. Voie de sortie proposée par Vital Kamerhe « Nous devons nous hisser au-dessus des vicissitudes de la conjoncture politique et des intérêts catégoriels ».
Le Potentiel
Last edited: 02/11/2007 15:16:01