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Il s’est passé mercredi à l’Assemblée nationale quelque chose de désagréable démontrant que l’Opposition ne parvient pas jusque-là à rationaliser au plan politique et au plan juridique ses motions. Rappel des faits.

Vendredi 26 octobre 2007. La plénière de la chambre basse planche sur le projet de loi relatif à la création de la Commission électorale nationale indépendante, Ceni en si­gle, conformément à l’article 211 de la Constitution.

L’honorable Gilbert Kiakwama demande la parole pour une motion de procédure. L’in­tention, manifestement, est bonne. Il est question de faire intervenir la Cei pour aider les législateurs à appréhender les difficultés qu’elle rencontre dans l’organisation du processus référendaire et électoral, cela de l’étape du recensement des électeurs à celle de la procla­mation des résultats provisoires des scrutins en passant par l’en­registrement des candidats et la campagne électorale. Jus­que-là, tout baigne dans l’huile.

Admettant le bien fondé de l’initiative, le Bureau de l’As­semblée nationale réunit, sous le président de Vital Kamerhe, la conférence des présidents. Y prennent part tous les groupes parlementaires.

Au cours de l’échange, tous réalisent que la présenta­tion du Rapport général équivaut à la dissolution de la Cei. Or, celle-ci a encore à organiser les élections législatives pour la cir­conscription de Befale et les élections urbaines, municipales et locales pour lesquelles, d’ailleurs, le montage financier est bien avancé.

Ne trouvant nulle part une disposition prévoyant un Rapport intérimaire, les partici­pants conviennent quand même de ce type de rapport pour be­soins purement didactiques.

Mercredi 31 octobre 2007. La plénière est ouverte avec comme invité le Bureau de la Cei ; son président en tête. Après avoir levé l’option – ap­prouvée du reste par les Dépu­tés – de la présentation du Rap­port intérimaire, l’honorable Tho­mas Luhaka obtient la parole pour une motion qui remet quasiment en question la décision qui vient d’être prise.

Sa motion est complétée par l’honorable François Muamba. L’argumentation évo­quée est fondée sur l’intitulé dudit rapport, distribué mercredi même et, justement en raison de cette distribution tardive, la violation de l’article 61 du Rè­glement intérieur. L’honorable Jean-Paul Lisanga Bonganga, le premier à prendre la parole en faveur de la motion Luhaka, fait observer que le document de la Cei ne porte pas le titre « Rapport Intérimaire », mais plutôt « Présentation à l’As­semblée Nationale par le Président de la Cei sur l’or­ganisation, les attributions et le fonctionnement de la Cei ».

Que dispose cependant l’article 61 ? Son libellé est le suivant : « Les documents à soumettre aux délibérations des membres de l’Assemblée plé­nière sont distribués quarante-huit heures au moins avant les séances, sauf cas d’urgence ».

Dans l’entendement du président du Bureau de l’Assemblée nationale et de bien des députés, la prestation du président de la Cei n’est pas à considérer comme une matière soumise aux délibérations.

Elle a, comme relevé ci-dessus, un caractère didacti­que. Par ailleurs, en lisant correctement le même article, il y a l’incise « sauf cas d’urgence » qui peut s’appliquer au Docu­ment Malu-Malu dès lors qu’il s’agit d’une contribution à l’élaboration de la loi sur la Ceni et qu’il y a urgence. L’Opposi­tion sollicite alors un report.

Que s’est-il passé ?

Visiblement, elle a eu du mal à se déterminer par rapport à la gestion de sa propre mo­tion du vendredi 26 octobre 2007. Au demeurant, Vital Kamerhe – premier à sentir la situation virant au vinaigre – va user de sa sagesse pour arrê­ter les dégâts.

« M. l’abbé Malu-Malu ne présentera plus de Rapport In­térimaire ; il présentera une fois pour toutes le Rapport Général. Tant que le processus n’aura pas pris fin, personne ne devra demander à M. l’abbé Malu-Malu de revenir ici présenter un quel­conque rapport », tranche-t-il avant de remercier le Bureau de la Cei de sa disponibilité, en­core que son président venait de rentrer d’un voyage à l’étranger.

Que s’est-il passé ? Ou qu’est-ce qui allait se passer ? Ou encore que voulait en défini­tive l’Opposition ?

Retrouvons « BALI­SES » de l’édition n°3107 du lundi 15 octobre 2007. Sous le titre « Le Mlc a un problème avec le Droit », il est démontré que depuis la mise en place de l’Assemblée nationale, ce parti va de motion désarticulée en motion contestable.

D’où la question, posée en encadré, de savoir si l’Opposition voulait envoyer à la po­tence celui-là même qui leur a permis d’être députés ! Et même de prétendre, maintenant, à des postes ministériels (avant-der­nière livraison sous le titre « Un ministre de l’Intérieur Opposant »).

L’ennui est qu’en ne sa­chant comment se déterminer par rapport à sa motion présentée par Gilbert Kiakwama, l’Opposition se prive, elle-même, d’un apport décisif dans l’élaboration de la loi sur la Ceni alors que c’est elle qui, tout le long du processus référendaire et électoral, a eu à se plaindre de tel fait ou de tel autre.

Cette énième bavure pourrait amener d’aucuns à ne plus s’attendre à quelque chose de positif à chaque motion éma­nant de ses composantes.

A la potence, toi qui nous a fait roi

En initiant sa motion lue par Kiakwama vendredi 26 octobre dernier, l’Opposition a justifié sa démarche par un argument crédible s’enquérir des difficultés de la Cei dans son fonctionnement. Mais en­tre cette date et celle d’hier, il doit s’être passé quelque chose de pas du tout catholi­que dans ses rangs. C’est comme si l’on avait tenté de faire le procès de la Cei, à dé­faut de celui de l’abbé prési­dent Malu-Malu.

Pourtant, c’est cette même Cei et ce même abbé-président qui ont fait rois les dé­putés nationaux élus. Un « procès » pourrait se comprendre s’il était l’initiative de l’Opposi­tion non institutionnelle, celle-là qui avait fait le libre choix de boycotter le recensement, le référendum, l’enregistrement des candidatures et, tout natu­rellement, la campagne électo­rale ainsi que les élections proprement dites.

L’Opposition institution­nelle, voulait-elle faire plaisir à sa jumelle contestataire ? Ou seu­lement, entre les deux dates, a-t-elle compris que le piège aurait pu se refermer sur elle-même ? A ceux qui ne s’en souviennent plus, il est bon de rappeler que le Mlc, pardon Jean-Pierre Bemba, avait estimé au lende­main de la proclamation des résultats définitifs du second tour de la présidentielle qu’il pouvait toujours revenir sur le sujet.

Reste à savoir si avec la motion Kiakwama, la motion Luhaka n’a pas envisagé ce retour, et que tout le monde ait pris par la suite peur de l’effet boomerang !

Omer Nsongo die Lema/L’Avenir

Last edited: 01/11/2007 13:58:13

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