Pendant 2 semaines, le Centre culturel français (Ccf) de Kinshasa en collaboration avec et l’Ambassade de France à Kinshasa va organiser une série de projections de films documentaires à Kinshasa.

Le film documentaire sera à partir de ce mardi 30 octobre dans la soirée à la rencontre des populations dans les quartiers kinois à l’occasion de la quinzaine du « film documentaire » organisée par le Centre culturel français (Ccf) de Kinshasa en collaboration avec et l’Ambassade de France à Kinshasa. Cette activité qui s’inscrit dans le cadre du « Mois du documentaire », organisé chaque année en France et dans le réseau culturel à l’étranger prévoit la projection des films français, congolais et internationaux. En marge de ce festival, des débats et rencontres avec des réalisateurs ainsi que la formation pour les jeunes auteurs congolais y sont aussi programmés.
Ainsi, le Belge Thierry Michel réalisateur de « Mobutu roi du Zaïre animera du 12 au 16 novembre une formation sur l’analyse filmique, a annoncé au cours d’un point de presse lundi à la Halle de la Gombe, M. Nicolas Boissez attaché audiovisuel pour l’Afrique centrale( à l’Ambassade de France à Kinshasa). S’exprimant sur l’organisation de ce festival il a expliqué : « Quand on parle de cinéma, on voit plus le film de fiction. Le cinéma documentaire est intérressant parce qu’il a de l’emprise avec le réel à Kinshasa. Il y a beaucoup d’histoires réelles avec des images très fortes ».
Au total, une dizaine de quartiers de Kinshasa ont été sélectionnés pour accueillir cet événement qui sera à sa première édition. Il s’agit entre autres de Bandalungwa, Kalamu, Kinshasa, Kintambo, Lingwala, Ngaliema, Kasa Vubu, Limete. Mais la Halle de la Gombe a aussi été retenue pour quelques productions. Dans les prochaines éditions, les organisateurs promettent d’atteindre plusieurs autres communes et même aller à l’intérieur du pays.
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Un cycle de 5 documentaires autour de la thématique « Mémoire, réconciliation ? » sera d’abord projeté au CCF du 29 octobre au 3 novembre, en présence de Boris Lojkine, réalisateur français. Il présentera son film « Les âmes errantes », sorti en début d’année dans les salles françaises, qui traite de la recherche des corps des soldats Viêt-Cong portés disparus pendant la guerre du Vietnam.
Les 5 films du cycle, en provenance de France, d’Asie, du Moyen-Orient et d’Afrique traitent tous de personnages qui tentent de vivre avec un passé traumatisant, qu’il soit lié à une guerre civile (« Contes cruels de la guerre », sur un ex-milicien du Congo-Brazzaville), un génocide (« S21, la machine de mort khmère rouge », sur le Cambodge), le conflit israélo-palestinien (« Pour un seul de mes deux yeux ») ou une politique de ségrégation raciale aussi violente que l’apartheid (« La Commission de la Vérité », sur la commission vérité-réconciliation en Afrique du Sud).
Ce cycle sera ensuite projeté dans plusieurs quartiers de Kinshasa, ainsi qu’une dizaine de films congolais récents, dans le cadre du festival « Balabala ciné », organisé par une jeune association locale, avec le soutien de l’Ambassade de France et du CCF-Halle de la Gombe. Balabala ciné a pour but principal de promouvoir des films documentaires congolais et d’ailleurs à travers des projections publiques.
Ames errantes (Boris Lojkin – 2006 – 84’)
Au Vietnam, trente ans après la guerre, les fantômes du passé n’ont pas fini de hanter les vivants : des centaines de milliers de soldats sont morts sans sépulture, réduits au triste destin d’âmes errantes. Munis des registres de leurs unités, Tho et Doan, deux anciens soldats Viêt-Cong, se mettent en quête des tombes de leurs camarades, dans l’espoir de ramener leurs corps à leurs familles.
Dans un présent parfois indifférent à cette histoire tragiques, ils rencontrent une femme encore hantée : Madame Thiêp.
En compétition au festival Cinéma du réel 2006. Sorti en salles en France en 2007.
Contes cruels de la guerre (Ibéa Atondi & Karim Miské – 2006 – 51’)
A travers le récit d’un retour au Congo-Brazzaville, son pays natal, Ibéa Atondi, pose un regard singulier sur les guerres de l’Afrique contemporaine. Fascinée par la folie meurtrière de Mignon, un milicien Cobra anéanti par l’alcool et la drogue, la narratrice tente de saisir les mécanismes qui l’ont poussé, lui et ses compagnons, à perdre toute dignité humaine. Pour évoquer l’horreur de la guerre, aucune image de violence, mais un travail métaphorique qui vient appuyer les témoignages des victimes et des bourreaux.
La commission de la vérité (André Van In – 1999 –138’)
Accéder à une société véritablement démocratique, tel est l’enjeu de la « Commission pour la Vérité et la Réconciliation » mise en place en Afrique du Sud par Nelson Mandela. Composée de 17 membres sous la conduite de Monseigneur Desmond Tutu, cette Commission sera relayée dans tout le pays par des groupes dits « Khulumani » (littéralement : « Libérez la parole »). Elle va convier, pendant un peu plus d’un an, victimes, bourreaux et témoins de l’Apartheid à faire la vérité sur le passé. Le réalisateur a reçu l’autorisation de suivre pendant toute sa durée cet incroyable processus qui doit permettre de refonder la nation.
« German Television Awards » (1999) : Prix du meilleur programme étranger ; « European Films Awards » (1999) : Prix du meilleur documentaire européen ; « Bombay International Documentary, Short and Animation Film Festival » (2002) : Prix du Meilleur documentaire.
S21, la machine de mort Khmere rouge (Rithy Panh – 2002 – 105’)
Sous Pol Pot et le régime khmer rouge, entre 1974 et 1979, près de 20.000 personnes sont internées, interrogées, torturées puis exécutées au centre de détention et de torture au cœur de Phnom Penh, S21. Pendant près de trois ans, le réalisateur a entrepris une longue enquête auprès des rares rescapés, mais aussi auprès de leurs anciens bourreaux. Confrontant bourreaux et victimes, Rithy Panh mène une réflexion bouleversante sur la mécanique totalitaire.
Sélection officielle Festival de Cannes 2005.
Pour un seul de mes deux yeux (Avi Mograbi – 2002 –100’)
Les mythes de Samson et de Massada enseignent aux jeunes générations israéliennes que la mort est préférable à la soumission. Aujourd’hui, alors que la seconde Intifada bat son plein, les palestiniens subissent quotidiennement les humiliations de l’armée israélienne. Exténuée, cette population, comme hier les juifs face aux Romains ou Samson face aux Philistins, crie sa colère et son désespoir.
Avi Mograbi, cinéaste israélien, croit en la force du dialogue, avec les Palestiniens assiégés et avec l’armée israélienne omniprésente.
Sélection officielle – Cannes 2005 – « Hors compétition ».
Dépliant quinzaine du film documentaire/Boni Tsala/MMC
Last edited: 30/10/2007 15:39:38