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Bonjour | 06/09/2008 7:36 | English Make DC Home page | RSS feed

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Ce qui est beaucoup plus intéressant dans ce projet, c’est qu’à terme, la réhabilitation de la turbine G 23 par Mag Energy, rapportera à la Société nationale d’électricité (Snel) des centaines des millions de dollars pour un investissement qui ne lui a pratiquement rien coûté. Pour avoir arraché le marché de réhabilitation de Inga II auprès de la Société nationale d’électricité (Snel) face à des concurrents costauds, la société Mag Energy, une filiale de la multinationale canadienne Mag Industries, est à ces jours l’objet de jalousie. Des investigations ont permis de remonter la filière et de se rendre compte qu’il n’y a aucun n’incident malheureux, léger soit-il, derrière le protocole d’accord que la Snel vient de conclure avec cette filiale de la multinationale canadienne Mag Industry. Dans les affaires, personne ne fait à l’autre de cadeau. Qui perd un marché au profit d’un autre n’est pas celui qui ratera l’occasion de salir l’image du concurrent.

Question de faire tourner l’imagination, on trouve toujours à redire, à récriminer, là où les choses se sont passées dans la transparence.

En effet, le péché de Mag est d’avoir ravi le marché de la réhabilitation de Inga II face à des concurrents plus costauds mais dont l’offre n’a pas été consistante. Mag a entamé les discussions avec la SNEL en 2003, même plutôt en 1998. A l’époque, il y avait déjà d’autres investisseurs en pourparlers avec la société mais jamais prêts à mettre la main à la poche pour débourser le financement nécessaire.

Mag Energy ne s’est pas présentée au départ comme leur concurrent car, son projet, dès le premier contact avec la Snel, était de tirer du courant du barrage d’Inga pour alimenter les usines de Mag Industry installées à Pointe-Noire, au Congo/Brazzaville. Ce sont des unités d’exploitation de magnésium, ce minerai très adulé par la nouvelle technologie dans l’industrie automobile. Il est moins lourd que l’acier et plus fort que l’aluminium. C’est ainsi que les véhicules fabriqués à base de ce métal ne connaissent pas de grande consommation en carburant, puisqu’ils sont légers. L’unité industrielle en question basée au Congo Brazzaville n’a besoin que de 120 mégawatts pour faire tourner ses machines.

Etant donné que le barrage d’Inga ne peut pas le satisfaire sans pénaliser ses abonnés, les deux parties se sont convenues pour que Mag se charge de la réhabilitation  de Inga II pour augmenter sa capacité et en tirer les 120 Mw nécessaires à l’alimentation électrique de l’aciérie de Pointe-Noire.

Pour ceux qui ne le savent pas, Inga II dispose d’une capacité installée à même de répondre à la demande de Mag mais, seulement trois de ses huit turbines de 162 mégawatts chacune fonctionnent. Les autres sont à l’arrêt avec une dernière qui tourne mais connaît des graves avaries. En juillet 2004, Mag parvient à arracher un contrat avec la SNEL pour la réhabilitation de deux turbines. L’autre volet du même protocole fait obligation à l’entreprise canadienne de rendre viable la turbine affectée des avaries. C’est alors que surgit une multitude d’investisseurs qui avait en tête l’idée de racheter carrément la SNEL pour lui revendre à elle-même le courant produit à Inga.

Ils se butent à Mag Energy qui demande à voir clair dans les offres des soumissionnaires en tant que partenaire de la SNEL. De guerre lasse, il trouve l’astuce de demander aux soumissionnaires intéressés de mettre l’argent sur la table. Lui-même exhibe la preuve d’une disponibilité de 4 millions de dollars. Tout se passe comme aux enchères. Faute d’une offre plus intéressante, le marché est adjugé. Mag qui comptait consolider sa santé financière avec l’appui d’un nouvel actionnaire est réduit à compter sur ses propres forces. L’ingéniosité de son manager lui permet de convaincre la Société financière internationale – SFI – une filiale de la Banque mondiale, à financer le projet pour un coût de 13 millions de dollars dans un premier temps.

Ce premier volet ne concerne que la turbine G 23 à rendre viable. L’appel d’offres est lancé. Le consortium Asltom demande 25 millions de dollars pour la réalisation de l’ouvrage. Pour le même travail, la société italienne Franco Tosi présente une facture de 11 millions de dollars, soit moins de la moitié de l’offre d’Alstom. En toute logique, elle rafle la mise. Le solde entre les fonds mobilisés et le devis présenté a été prévu pour réaliser l’électrification rurale, tel que l’exige le contrat et faire face à d’autres imprévus liés à la vétusté de l’ouvrage. Personne n’avait prévu au départ que les ouvrages de génie civil qui sert de soutènement au barrage n’avaient plus aucune consistance.

Ce qui est intéressant dans ce projet, c’est qu’à terme, la réhabilitation de la turbine G 23 rapportera à la SNEL pas moins de 3 millions de dollars pour un investissement qui ne lui a rien coûté. Ces travaux n’avaient pas encore commencé que Mag a réussi à mobiliser plus de 100 millions de dollars à investir dans la réhabilitation de toutes les 4 autres turbines. Il faudra attendre jusqu’en 2010 pour l’inauguration effective d’Inga. II s’en sortira avec une capacité plus importante, loin au-delà de 120 mégawatts à acheminer par ligne aérienne dans la capitale économique du Congo/Brazzaville. Le contrat est simple. Mag finance et la SNEL rembourse avec le produit de la vente de courant une fois l’ouvrage en activité.

Le partenariat Mag Energie et la Snel fait l’objet des attaques injustifiées

Cet accord a été passé en pleine transparence, en concertation avec la SNEL. Le Sénateur Abdoulaye Yerodia Ndombasi alors  vice-président de la République chargé de la Reconstruction et Développement à l’époque, a,  à l’inauguration des travaux «de fiabilisation» du groupe G23, salué l’importance que Mag accorde au développement de la Rdc, à travers ce projet.

C’était un certain jeudi 27 avril 2006, au site d’Inga dans la province du Bas-Congo. Cette cérémonie très riche en couleurs a été présidée au nom du Chef de l’Etat Joseph Kabila, par l’ancien vice-président précité, en présence du ministre de l’Energie, Salomon Banamuhere, toujours en fonction, du ministre des Mines du Congo Brazzaville, du gouverneur du Bas-Congo, de l’Ambassadeur de la Délégation de la Commission européenne à Kinshasa, Carlo de Filipi, des membres du comité de gestion de la Snel, de l’Ambassadeur de la Rdc en Afrique du Sud, des hauts responsables de la société Mag-Energy, des experts venus du Canada et de l’Afrique du Sud, du Pad de la Miba et de beaucoup d’autres personnalités conviées spécialement pour la circonstance. Cela justifie sans nul doute l’importance qu’aussi bien la communauté internationale que toutes les autorités locales accordent à ce projet salvateur.

Il faut dire ici que l’ouverture du chantier de fiabilisation de la centrale d’Inga 2 a été chaleureusement saluée par l’ensemble du personnel de la Snel/Inga qui n’avait plus vu organiser une telle cérémonie depuis près de 20 ans environ.
Le démarrage de ces travaux était perçu là-bas, comme une réponse au rêve de la population de la cité d’Inga qui n’attendait que cette occasion. Qui plus, a réveillé l’espoir de tous les Congolais en général, particulièrement le personnel de la Snel de cette partie du Bas-Congo qui sait qu’il peut encore souffler et travailler normalement.

Retraçant un tout petit peu  l’historique de la centrale d’Inga 2, un haut cadre de la Snel a laissé entendre que ce site qui, à lui seul, représente 59% du parc de production de la Snel dans l’ensemble, et 69% du parc de production électrique de la partie ouest du pays, dessert le Bas-Congo et la ville de Kinshasa.
L’on note qu’à ce jour, beaucoup de machines sont en arrêt. L’exploitation de celles qui fonctionnent est malheureusement peu fiable. Voilà pourquoi d’aucuns  saluent l’ouverture du chantier de fiabilisation du groupe 23 de la centrale d’Inga 2.

La mise en route de ce projet avait fait dire aux mauvaises langues que Mag a remplacé le projet de réhabilitation de 4 groupes par celui de la fiabilisation d’une seule turbine. « Faux et archifaux, nous continuons nos travaux pour les 4 groupes, avec la même intensité que celle que nous avons déployée pour la fiabilisation », s’était indigné l’un des coordonnateurs de ce projet.

L’idée, notamment celle d’exporter du courant à Pointe-Noire, a fait son chemin. D’autres pays dont l’Angola sollicitent Mag à faire de même pour eux. Le problème, c’est qu’ils ne sont pas prêts pour  l’argent.

Toutefois, ce qui est vrai c’est qu’après Inga II, Mag projette de s’attaquer à Inga I qui dispose d’une capacité installée de 351 mégawtts avec 4 turbines sur six en marche et ainsi de suite. Pour Mag, Inga « c’est le défi de la SNEL vis-à-vis de la privatisation, de la faillite ».

C.L./MMC

Last edited: 23/10/2007 17:29:49

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