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Bonjour | 02/12/2008 23:36 | English Make DC Home page | RSS feed

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Malgré les démentis de Kigali, des militaires de l’armée régulière rwandaise combattent bel et bien dans les rangs des insurgés du général déchu, Laurent Nkundabatware en rébellion contre le gouvernement congolais. La présence des militaires rwandais parmi les combattants  insurgés du général dissident Laurent Nkundabatware qui mène une rébellion au Nord-Kivu contre l’armée régulière de la République démocratique du Congo, se confirme de plus en plus, selon le témoignage des déplacés de guerre et les soldats « nkundistes » déserteurs.

Selon les témoignages des déplacés de guerre qui se sont confiés à l’envoyé spécial, au Nord-Kivu de la chaîne de télévision internationale TV5, « leur village avait été attaqué à l’aube par les soldats rebelles de Nkunda accompagnés des militaires rwandais».

« Voyez comment nous sommes. Nous n’avons rien récupéré. Tous nos biens ont été pillés par les rebelles de Nkunda aidés par les soldats rwandais. Vous nous voyez sous la pluie battante avec nos habits mouillés. Nous n’avons plus d’autres habits. Nous ne savons pas où aller. », a déclaré l’un des déplacés de guerre interviewé par le reporter de TV5.

Le jeudi  18 octobre 2007, 68 éléments de Nkunda se sont rendus aux FARDC. Ils sont venus pour la plupart du territoire de Masisi et ont été acheminés au centre de regroupement de Kitugu à Goma.

Ils ont déclaré avoir déserté les rangs de Laurent Nkunda notamment à Mweto, Kawundu, Niamitaba,  Kihoki dans le territoire de Masisi. Ils disent être motivés par l’appel du Président Joseph Kabila d’intégrer l’armée régulière.

Car pour eux, seules les FARDC peuvent combattre les FDLR.

« Nous sommes venus nous rallier au gouvernement. Pour échapper à Nkunda, nous étions en déposition, et c’est de là que nous nous étions « échappés », témoigne un des déserteurs. Un de ses compagnons ajoute « Il (Ndlr :Nkunda) envoyait les militaires rwandais cohabiter avec les soldats congolais. Moi, j’ai dit que je ne pourrai pas rester avec les militaires rwandais. »

« Nous avons analysé la situation et nous avons trouvé qu’il nous a trompés. Nous avons quitté le CNDP pour entrer au gouvernement. Moi, je suis prêt à aller n’importe où parce que le Congo c’est notre pays », martèle un autre.

Ces témoignages des déplacés de guerre et des déserteurs « nkundistes » sur la présence des militaires rwandais parmi les insurgés fidèles à Laurent Nkunda, confirment l’information selon laquelle que l’armée rwandaise a détaché un contingent de 3.000 militaires rwandais qu’elle a affecté au CNDP de Laurent Nkunda.

Des déplacés sans assistance

Malgré l’accalmie qui a succédé aux combats du week-end dernier dans des secteurs hautement Stratégiques pour les Nkundistes dans le territoire de Rutshuru, la situation humanitaire des déplacés internes est au bord de la catastrophe.

La veille de ces affrontements, ils étaient déjà 143.000 personnes qui ont fui leurs milieux naturels suite aux combats, entre la mi-septembre et la mi-octobre, selon les chiffres publiés vendredi par l’Office de Coordination des Agences Humanitaires des Nations Unies (OCHA). Tout en qualifiant cette situation de délicate, OCHA craignait en plus l’accroissement de ce nombre par un afflux d’autres réfugiés internes, sans probablement soupçonner le plan des insurgés.

Comme pour concrétiser ces craintes, les insurgés sont vite venus à la charge samedi en lançant des attaques sur deux points qui leur sont Stratégiques dans la mesure où ils seraient en mauvaise posture, quoiqu’ils prétendent avoir été provoqués. La semaine passée, Nkundabatware a échappé à une embuscade tendue par les FARDC alors qu’il essayait de délocaliser son poste de commandement.

Quant aux attaques sur le groupement de Jomba et la position de Rumangabo dans le territoire de Rutshuu, ce sont là deux points par lesquels Laurent Nkundabatware et ses hommes pourraient s’ouvrir des voies soit pour s’exfiltrer vers l’extérieur s’ils ne veulent pas se rendre aux FARDC dans l’optique du brassage, soit pour s’approvisionner toujours de l’extérieur en matériel militaire. Jomba leur ouvre le chemin de l’Ouganda tandis que par Rumangambo le Rwanda serait accessible.

Pour ces deux raisons et d’autres encore, les insurgés seraient tentés de concentrer des attaques bien ciblées afin de se créer des couloirs qui les soulageraient après deux mois d’une campagne pratiquement ininterrompue. Depuis septembre, date du lancement de cette énième guerre par Laurent Nkundabatware contre la République démocratique du Congo, l’homme doit être logiquement épuisé, au propre comme au figuré. Il serait éventuellement en court de munitions et d’autres équipements indispensables à la conduite de la guerre, sans parler des pertes de tous ordres en hommes de troupe. Des milliers qui se sont déjà rendus aux forces régulières de la RDC, et d’autres qui font défection avant de s’évanouir dans la « nature », sont des contraintes qui pousseraient Nkundabatware à se doter des troupes fraîches qu’il va chercher jusque dans des écoles primaires...

Vrais faux boucs émissaires

Si les insurgés ont été réellement attaqués à Bunagana dans le groupement de Jomba par d’autres forces négatives - FDLR ou Maï-Maï auxquelles ils ont répondu samedi dernier, le bombardement qu’ils ont effectué contre une position FARDC à Rumangabo, est une provocation injustifiable. Selon Radio Okapi, « Le CNDP a reconnu avoir lancé des obus sur la localité de Rumangabo en réaction, d’après ce mouvement, aux attaques de ses positions de Bunagana ».

Une autre provocation des insurgés est illustrée par les affrontements de Bukina qui ont opposé au même moment les insurgés aux FARDC de la 9e brigade intégrée, selon cette même source Cette dernière reprend le témoignage du commandant de cette brigade qui affirme que ses hommes étaient attaqués par ceux de Nkundabatware.

En quête de tous les moyens imaginables pour justifier sa croisade contre la République démocratique du Congo, Nkundabatware va chercher des boucs émissaires partout pour leur faire porter le chapeau. Faisant fi de la catastrophe humanitaire qu’il a déjà créée et qu’il avait brandie pour appeler à son semblant de cessez-le-feu, ce seigneur de guerre semble oublier que le déplacement des populations est un fléau qui fait partie des dégâts collatéraux dans toute guerre.

Et s’il avait peur de plonger cette population dans la misère, la faim et autres dénuements, il aurait pris la guerre en aversion.

Mais, ce chef de guerre qui semble ne plus disposer des ressources au niveau local, se lance maintenant dans le recrutement d’enfants au moment où d’autres écoliers qui ont eu la chance de lui échapper sont allés grossir les rangs des déplaces.

Plus do 80.000 à Goma et sans assistance constante

La seule ville de Goma compte actuellement plus de 80.000 déplaces » qui ne bénéficient pas d’une prise en charge adéquate. Parmi ceux qui sont installés dans le tristement célèbre site de Mugunga né en 1994, une femme à témoigné à radio Okapi que « depuis leur installation il y a sept semaines, ils n’ont reçu comme assistance alimentaire qu’environ 10 Kg de petits pois et 2 L d’huile végétale. « La communauté internationale, par le coordonnateur humanitaire du système des Nations Unies en RDC, Charles Vincent, est au courant de cette situation. Celui-ci a visité aussi les différents camps des déplacés entre Goma et Kitshanga. Ce fonctionnaire de l’Onu a promis une assistance renforcée à l’endroit de ces déplacés auxquels il sied d’ajouter ceux qui ont envahi le stade de Rusthuru depuis le week-­end dernier. Ceux-ci passent pour des déplacés oubliés alors qu’ils ne souffrent pas moins que les autres.

En fait, ils sont des milliers, ceux qui ont fui samedi les villages de Bunangana, Runyoni, Chengerero, Kabindi, Karambo...

La solidarité internationale devra réagir afin de venir en aide non seulement à ces sinistrés, mais aussi pour mettre fin aux troubles qui secouent interminablement la Rdc. Dans sa rencontre le mardi 9 octobre dernier avec les Ambassadeurs des pays de l’Union africaine à Kinshasa, le représentant spécial sortant du Secrétaire général de l’Onu en Rdc et chef de la Monuc, William Lacy Swing a reconnu la complexité de la situation au Nord-Kivu, complexité qui dépasse de loin le cas du conflit de l’Ituri. Aveu d’impuissance ou pas de la Monuc, une mission de type Artémis serait toujours la bienvenue dans cette partie du pays. Car il faut reconnaître que l’opération Artémis a été pour beaucoup dans la pacification de l’Ituri.

L’Avenir

Last edited: 22/10/2007 14:04:09

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