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Bonjour | 16/05/2008 16:53 | English Make DC Home page | RSS feed

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Bruxelles salue l’arrestation et le transfert à La Haye de Germain Katanga, chef milicien de l’Ituri en Rdc. Le ministre belge des Affaires étrangères, Ka­rel De Gucht, a dit la joie de son pays, la Belgique, du transfert, à La Haye, de Ger­main Katanga, chef milicien de l’Ituri. Le fait que Katanga doive maintenant répondre de ses actes devant le tribu­nal est un nouveau pas dans la lutte contre l’impunité en RD Congo, a fait savoir le patron de la diplomatie belge qui a souligné avoir parlé au Président de la République à New York sur la nécessité de coopérer pleinement avec la Cour pénale internationale (CPI).

« Je suis heureux de constater que les autorités congolaises s’y emploient concrètement », a, en outre, ajouté l’homme d’Etat belge qui a estimé que l’arrestation de Katanga enverra un signal fort « à tous ceux qui sont encore en train de com­mettre des atrocités à l’Est du Congo ».

Katanga a été remis dans la nuit de mercredi à jeudi à la CPI. Il est accusé de meurtres et d’actes de traitements inhumains et d’es­clavage sexuel. A Kinshasa, selon Paul Madidi, chargé de la sensibilisation au Bureau de la Cpi à Kinshasa citant le juge de la chambre préliminaire, Katanga a notamment planifié et mis en œuvre en février 2003, une attaque contre le village de Bogoro.

Germain Katanga transféré à la Cour pénale Internationale

Le 17 octobre 2007, Ger­main Katanga, ressortissant congolais et com­mandant présumé de la Force de résistance patriotique en Ituri (FRPI) a été remis par les autorités congolaises à la Cour pénale internationale (CPI) et transféré au siège de celle-ci. Egalement connu sous le nom de « Simba », il aurait commis six crimes de guerre et trois crimes contre l’humanité sur le territoire de l’Ituri, en Républi­que démocratique du Congo (RDC). L’affaire qui le concer­ne s’inscrit dans la situation en RDC, sur laquelle le Bureau du Procureur de la CPI enquête depuis le 1er juillet 2002.

La première comparution de Germain Katanga sera annon­cé prochainement.

Les faits allégués

Le 2 juillet 2007, après avoir examiné la requête et les éléments de preuve présentés par le Procureur, la Chambré préliminaire a délivré sous scellés un mandat d’arrêt à l’encontre de Germain Katan­ga. Les scellés ont été levés le 18 octobre 2007. La Chambre a conclu qu’il existe des motifs raisonnables de croire qu’en sa qualité de plus haut com­mandant de la FRPI, Germain Katanga a joué un rôle essen­tiel dans la planification et la mise en œuvre, le 24 février 2003 ou vers cette date, d’une attaque menée sans discrimi­nation contre le village de Bo­goro, sur le territoire de l’Ituri. La Chambre a aussi estimé qu’il existe des motifs raison­nables de croire que, pendant et après l’attaque du village de Bogoro, dirigée principale­ment contre des civils d’ethnie hema, les actes criminels sui­vants ont été commis : meurtre d’environ 200 civils, atteintes graves à l’intégrité physique de civils ; arrestation, menace avec des armes et enfermement de civils dans une pièce remplie de cadavres ; pillages ; réduction en esclavage sexuel de plusieurs femmes et filles et participation active d’enfants âgés de moins de 15 ans à la­dite attaque.

La Chambre a consi­déré de plus qu’il existe des motifs raisonnables de croi­re que Germain Katanga et d’autres commandants de la FRPI et du Front nationaliste et intégrationniste (FNI) se sont mis d’accord sur un plan commun d’attaque du village de Bogoro.

Selon la Chambre, il existe également des motifs raisonnables de croire que l’attaque contre Bogoro s’inscrivait dans le contexte d’un conflit armé sur le territoire de l’Ituri et qu’elle a été lancée conjointement par la FRPI et le FNI dans le cadre d’une atta­que systématique et généralisée qui, entre janvier et mars 2003 au moins, a pris pour ci­ble la population civile de cer­taines parties du territoire de l’Ituri, principalement d’ethnie hema.

Les chefs d’accusation

Le mandat d’arrêt visant Germain Katanga énumère neuf chefs, mettant en cause sa responsabilité pé­nale individuelle au sens des alinéas a) et b) de l’article 25-3 du Statut de Rome : trois chefs de crimes contre l’humanité : meurtre (article 7-1-a), actes inhumains (article 7-1-k) et esclavage sexuel (article 7-1-g) ; six chefs de crimes de guerre, homicide intentionnel (article 8-2-a-i ou 8-2-c-i), traitements inhumains (article 8-2-a-ii) ou traitements cruels (article 8-2-c-i), fait de faire participer activement des enfants de moins de 15 ans à des hosti­lités (article 8-2-b-xxvi ou 8-2-e-vii), esclavage sexuel (article 8-2-b-xxii ou 8-2-e-vi), fait de diriger intentionnellement des attaques contre la population civile en tant que telle ou con­tre des civils qui ne participent pas directement aux hostilités (article 8-2-b-i ou 8-2-e-i), et pillage d’une ville ou d’une localité, même prise d’assaut (article 8-2-b-xvi ou 8-2-e-v).

Déclaration du Greffier

M. Bruno Cathala, Greffier de la Cour, salue la décision des autorités, congolaises. « Les autorités congolaises ont coo­péré avec la Cour dans l’es­prit du Statut, en exécutant le mandat d’arrêt et en remettant Germain Katanga à la CPI », a-t-il déclaré.

Rappel du contexte

Germain Katanga est la deuxième personne détenue par la CPI. Le 17 mars 2006 à Kins­hasa, Thomas Lubanga Dyilo, ressortissant congolais et fon­dateur présumé et dirigeant de l’Union des patriotes congolais (UPC) a été arrêté et transféré à la Cour. La situation en RDC est l’une des quatre situations sur lesquelles enquête actuellement le Bureau du Procureur de la CPI.

Les trois autres sont les suivantes : la situation en Ougan­da, pour laquelle quatre man­dats d’arrêt ont été délivrés à l’encontre de responsables de l’Armée de résistance du Seigneur ; la situation au Dar­four (Soudan), pour laquelle des mandats d’arrêt ont été délivrés à l’encontre d’Ahmad Muhammad Harun, ex-ministre d’Etat chargé de l’intérieur et actuellement ministre d’Etat chargé des affaires humanitai­res au sein du Gouvernement soudanais, et d’Ali Muhammad Ali Abd Al Rahman (alias « Ali Kushayb »), un dirigeant de miliciens/Janjaouid ; et la si­tuation en République centrafricaine.

Désiré-Israël Kazadi/Le Phare

Last edited: 19/10/2007 14:30:00

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