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Bonjour | 06/07/2008 1:35 | English Make DC Home page | RSS feed

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Pour cet économiste, le gouvernement a la mission historique de combler rapidement le fossé du sous-développement dans lequel se débat la République démocratique du Congo depuis des décennies avec sa cohorte de maux : pauvreté, maladies endémiques, épidémies bref la mal-vie. On l’appelle Boniface (Bony pour les intimes) Kitambala Ntel Piel. Il est économiste de formation, comptable, diplômé de l’Université Paris I Sorbonne-Panthéon. En France où il réside, il fait partie du Secrétariat du Parti du peuple pour la Reconstruction et la démocratie (PPRD) section France. Loin de son pays et aussi loin des chiffres qu’il manipule quotidiennement, il se penche dans cette réflexion, sur Kinshasa, capitale et siège des institutions de son pays en pleine reconstruction. Pour ce chercheur, André Kimbuta l’actuel Gouverneur de cette ville peut faire des miracles. A la seule condition qu’il bénéficie du soutien non seulement de ses administrés mais aussi du pouvoir central. « Le Gouverneur André Kimbuta sera-t-il le Baron Haussmann de la ville de Kinshasa ? », tel est l’intitulé de sa réflexion.

Par cette interrogation à priori surprenante, cet article se propose modestement d’explorer les voies et moyens qui permettraient au premier magistrat de la ville-province de Kinshasa de réussir le défi de changer le visage de la capitale de la Rdc. La tâche est immense et la communauté nationale a le devoir de soutenir le grand dessein de la transformation de Kinshasa, siège du pouvoir politique, économique et culturel de notre pays.

 Choisir le personnage du Baron Georges Eugène Haussmann (Préfet de la Seine de 1853 à 1870) pour d’une certaine manière, l’ériger en modèle n’est pas anodin. Il est le créateur du Paris moderne. Le Baron Haussmann dont la carrière a été inséparable de l’Empereur Napoléon III a dirigé les grands travaux qui transformèrent  Paris. Cette ville adulée par les kinois pourrait constituer, toutes proportions gardées, une référence à l’accomplissement de la catharsis du Chef de l’Etat. Son survol en hélicoptère de la capitale effectué le 1er septembre, augure certainement des lendemains bouleversants dans la ligne d’une ambition de construire une ville moderne. Le pays ayant pris l’option du renouveau, les nouveaux édiles de la capitale doivent s’atteler à rompre le nœud gordien pour un changement radical qui permettra de sortir la municipalité de l’anarchie et du laisser-faire rétrogrades hérités de la deuxième République.

L’ambition est affichée et pour renforcer le trait, le Gouverneur lors de son investiture le 20 mars a tenu un discours volontariste qui a été conclu au demeurant par cette formule solennelle et lapidaire : « le travail commence ».

I) L’impératif des grands travaux et des investissements publics à Kinshasa

Du 6 au 10 mai de cette année, les états généraux de la ville de Kinshasa ont permis de circonscrire la physionomie des maux et problèmes qui rongent la vie urbaine. Cette volonté d’impliquer la base des citoyens à la résolution des difficultés quotidiennes de la ville constitue une innovation. Ce mode de gestion de la cité par la consultation de la base peut être considéré comme le prélude à l’apprentissage d’une démocratie urbaine.

Le besoin des grands travaux n’est plus à démontrer. Notre Capitale surpeuplée et évoluant encore sur des paradigmes urbanistiques de l’ancien temps colonial demande un remodelage de sa configuration afin d’en faire une ville moderne. Depuis l’indépendance, subsiste la juxtaposition coloniale entre un centre administratif et commercial bordé de quartiers résidentiels et une périphérie composée de cités-dortoirs appelés à l’époque « cités indigènes ». Cette organisation urbaine qui focalise la majeure partie de l’activité économique dans une zone géographique, représente un anachronisme à corriger par une décentralisation afin d’imprimer un développement économique cohérent. Cette concentration des flux de biens et services ainsi que de déplacements de personnes doit être remise en question par une distribution judicieuse des bassins d’emplois et d’activités sur toute l’étendue de Kinshasa.

Il y va de l’intérêt bien compris des planificateurs urbains d’ oeuvrer au décongestionnement de la circulation dans la ville. A ce sujet, le percement de quelques larges artères et voies spacieuses à l’exemple du boulevard triomphal apportera assurément une fluidité sur les routes. Ce grand programme d’érection d’avenues, d’une autoroute circulaire éventuellement, de canalisations et collecteurs pour les eaux de ruissellement et les eaux ménagères ainsi qu’un système d’égouts aura un pendant social indéniable en ce sens qu’il absorbera des bataillons de chômeurs et stimulera en amont comme en aval de pans entiers d’activités industrielles de sous-traitance, de maintenance et de réparation.

Ce faisant, il y a lieu d’envisager en parallèle une politique d’embellissement de la ville en la dotant de parcs, jardins, squares et places, constitutifs d’espaces verts; soupapes nécessaires à l’oxygénation d’une ville de plus en plus gagnée par la pollution. Libérer l’imagination créative de nos ingénieurs civils et académiciens des Beaux-Arts et rechercher le savoir-faire des botanistes, jardiniers-paysagistes du célèbre Jardin botanique de Kisantu, seront des initiatives heureuses permettant d’opérer une réelle chirurgie urbaine. Ainsi une prise en charge de la gestion de ces grands travaux dans leurs différentes phases de conception, d’exécution et de fonctionnement par des sociétés d’économie mixte contrôlées par l’autorité urbaine même avec une participation minoritaire, sera stratégique pour une maîtrise de la politique urbaine. C’est à ce prix que Kinshasa peuplée de quelques six millions d’habitants voire plus, pourra devenir une mégalopole moderne en amoindrissant les risques de violence sociale.

Un autre défi à relever et non des moindres, est la politique de l’habitat, véritable hydre pour les équipes successives de gouvernorat. Elle comprend en plus du volet logement, des aménagements divers comme la voirie, l’assainissement, l’adduction d’eau et l’électrification. Et à tout bien considérer, une des pièces maîtresses de la rénovation urbaine  se déclinera dans la triptyque « déconstruction », construction et réhabilitation  de l’habitat à Kinshasa. Mais en attendant, on observe malheureusement une cristallisation des cauchemars des villes africaines notamment l’absence de services publics de ramassage d’immondices, la déficience des réseaux d’évacuation d’eaux usées qui stagnent et causent l’insalubrité avec son lot de maladies (malaria, fièvre typhoïde). Et on assiste impuissant à l’amplification de ces calamités surtout dans l’espace urbain non planifié des quartiers spontanés et des bidonvilles parce qu’aucun plan cadastral d’occupation des sols n’a aménagé des terrains dédiés à la construction de logements.

II) Pragmatisme et patriotisme économique au service d’une grande ambition

Le gouvernement a la mission historique de combler rapidement le fossé du sous-développement dans lequel se débat notre pays depuis des décennies avec sa cohorte de maux : pauvreté, maladies endémiques, épidémies bref la mal-vie. C’est dans cette optique qu’il serait important d’opérer de programmes de restructuration des quartiers urbains à Kinshasa. Une politique de construction des logements sociaux pour les plus pauvres n’est pas utopique. Le gouvernement post-apartheid en Afrique du Sud a construit en l’espace d’une dizaine d’années environ deux millions de logements. Il y a matière à réfléchir sur le volontarisme et les procédés techniques sud-africains.

C’est dans ce contexte que l’accès à la propriété de logements urbains peut être favorisé par le projet sur le captage de l’épargne de la diaspora. La construction dans les normes du confort moderne d’habitations sur des terrains viabilisés par les pouvoirs publics dans les communes périphériques pourra par osmose permettre à moyen et long terme l’extension d’une urbanisation cadastrée et planifiée vers les communes occupées par des bidonvilles et des quartiers d’habitat spontané.

L’épargne de la communauté congolaise de l’étranger pourra participer à l’œuvre de la reconstruction car en effet, le bâtiment crée des emplois. La population des « enfants de la rue » ( Shégués) pourra dans un premier temps bénéficier de formation en apprentissage aux métiers de maçons, menuisiers, plombiers, peintres, couvreurs, électriciens avant d’être affectés sur les chantiers de construction. Ce programme pourra raisonnablement offrir une activité professionnelle et des revenus à cette frange de la population dépourvue du minimum vital.

Récemment, le peuple congolais a salué l’offre de coopération exemplaire de la Chine pour la reconstruction de notre pays. Il s’avère qu’au delà des humeurs et des susceptibilités diplomatiques aux relents tutélaires d’une époque révolue, la logique recommanderait au gouvernement de rechercher et privilégier des partenariats diligents et gagnant-gagnant. L’heure n’est plus aux tergiversations parce que le peuple souffre et il faut lui donner des gages d’espoir dans la concrétisation des cinq chantiers du Chef de l’Etat qui procureront des emplois et des revenus à nos populations. La Chine détentrice des plus fortes réserves monétaires au monde de l’ordre de 1300 milliards de dollars a de surcroît, un savoir-faire technologique accessible à nos pays; elle dépassera l’Allemagne à la fin de cette année pour devenir la troisième puissance économique du monde. Quoi de plus normal pour le Congo de signer des contrats d’une importance primordiale pour la construction des infrastructures nécessaires à son développement ! Faut il rappeler que l’Etat chinois est le premier créancier institutionnel des Etats-Unis d’Amérique avec quelques 400 milliards de dollars placés dans les bons du trésor américains et qu’il a investi cette année dans le capital du premier fonds de pension américain Blackstone ?

Par ailleurs, une multitude de pays en développement bénéficient de milliards de dollars de la coopération chinoise. Le Brésil, pays émergent, a accru sa coopération avec des sociétés chinoises qui construisent des ports et des lignes de chemin de fer pour l’évacuation des matières premières et des minerais nécessaires à l’économie chinoise. Alger est en pleine mutation grâce à des chantiers de construction d’un nouvel aéroport ultra moderne, d’un technopole et d’autoroutes par des sociétés de travaux publics chinoises. Le Kenya est le pays d’Afrique sub-saharienne où 80% des marchés de travaux publics financés par les institutions financières internationales sont remportés après appels d’offre par des sociétés chinoises. En Afrique centrale, la Guinée équatoriale grâce à sa manne pétrolière finance le développement rural et la modernisation à grands pas de ses infrastructures urbaines par des sociétés chinoises.
 
Les exemples sont légion démontrant l’efficacité de la coopération chinoise. Devrions-nous nous en priver pour satisfaire certains ethnocentrismes ? Absolument pas. Il nous faut mener une politique de rattrapage et de reconstruction efficiente de notre pays et pour ce qui est de Kinshasa, certaines villes comme Pékin, Shenzen, Guangzhou peuvent valoir de repères parce qu’elles sont représentatives d’un essor prodigieux en moins d’un quart de siècle et aussi pourquoi pas Porto Alegre au Brésil, la ville de l’alter mondialisme et du consensus social.

Bony Kitambala Ntel Piel/MMC

Last edited: 19/10/2007 17:44:53

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