Kinoises et Kinois savaient, depuis la fin précoce de la saison sèche, en août dernier, qu’ils allaient entamer un vrai chemin de la croix au retour des pluies torrentielles. Lundi dernier, chacun d’eux a pu prendre la pleine mesure des désagréments et dégâts à venir. La capitale s’est transformée, en trois heures, en une « ville morte ».

Transports, écoles, commerces, marchés, bureaux ont connu une longue paralysie à la suite de l’envahissement des voies de communications par les eaux de ruissellement et celles refoulées par des rivières aux lits très mal curés ainsi que des égouts et caniveaux bouchés. Elèves, marchands, fonctionnaires, débrouillards, enseignants, agents commis à la circulation routière ont perdu tout ou partie de la journée à cause non seulement du mau­vais temps mais surtout à cau­se du manque d’un dispositif de gestion des eaux de pluie.

Routes méconnaissables

La voirie urbaine ayant foutu le camp de longue date, des automobilistes avaient du mal à trouver leur chemin au milieu des chaussées gorgées d’eaux et truffées des nids de poules.

Aucune grande artère de Kinshasa n’offrait la possibilité d’un voyage sécurisant. Le risque de casse pour la mécanique était omniprésent aussi bien sur le boulevard du 30 juin, le boulevard Lumumba, les avenues Kasa-Vubu, Poids Lourds, Assosa, Gambela, Vic­toire, ex-24 Novembre, Kasaï, Kabinda, Funa , Université, Kianza, Cecomaf que sur By Pass (secteur de Mont Ngafu­la).

Facilement repérables en temps normal et partant évitables, des nids de poule remplis d’eaux ont fait pleurer plus d’un automobiliste. Des grincements de dents ont été particulièrement enregistrés sur Poids Lourds où plusieurs véhicules ont connu des avaries au niveau des arrêts Po­lar, Uzam et de la l6me rue. Le rond point Victoire, devenu un lac artificiel, a contraint certains automobilistes à un arrêt d’activités de plus de trois heures.

Caniveaux et égouts bouchés

Tout au long de la saison sèche, la brigade d’assainissement de l’Hôtel de Ville ainsi que certaines Ong « af­fairistes » avalent prétendu s’investir dans le curage des égouts et caniveaux à Kinsha­sa. La pluie torrentielle de lundi a démontré à tous les failles d’un travail au rabais, qu’il faudra reprendre à zéro, avec le maximum de sérieux et, malheureusement, des fonds plus importants que ceux empochés par des fanfarons.

Tout le monde constaté que les caniveaux et égouts de la capitale constituent des points de refoulement des eaux de pluie. Or, un principe bien connu des spécialistes de l’urbanisme indique que l’on n’arrête pas les eaux.

 Face à leur force irrésistible il n’y a qu’une alternative : lui aménager une ou des voies de sortie. L’invasion des chaussées et même des habitations dans de nombreux quartiers de la ville est consécutive à l’absence des canaux destinés à drainer les eaux vers des points de chute tels que les rivières et les collecteurs.

(Milor)

Le Phare