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Bonjour | 08/09/2008 0:06 | English Make DC Home page | RSS feed

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Les pa­trons de presse doivent mettre un peu d’eau dans leur vin pour que ce secteur soit organisé grâce à la convention collective. Responsable des Médias à l’Organisation internationale de la Francophonie, Emmanuel Adjovi a accordé une interview au quotidien Mutations du Cameroun. Deux ans après le lancement des travaux de négociation et d’adoption de la convention collective, celle-ci n’a toujours pas été signée.

Votre expé­rience dans d’autres pays peut-elle permettre de considé­rer tout ce temps comme une période nécessaire ?

La période de deux ans n’est pas totalement nécessaire, mais c’est un peu anormal. Il y a eu blocage dans les négociations parce que les patrons ont souhaité que l’Etat fasse des efforts en terme d’ap­plication de la convention de Flo­rence et son protocole addition­nel de Nairobi. Ils ont également souhaité une augmentation de l’aide de l’Etat à la presse pri­vée. Il y a des préoccupations très claires qui ont été posées par les patrons. Ceux-ci ont constitué des obstacles pour le déve­loppement des négociations. Par contre, au Tchad, par exemple, la négociation était bouclée en un an. Au Burkina-Faso, la conven­tion collective est en négociation depuis juillet dernier.

Les patrons burkinabés avaient la même pro­blématique qu’au Cameroun. Ils se demandaient comment l’Etat allait les aider à appliquer la con­vention collective. Mais ils n’ont pas adopté l’attitude de leurs ho­mologues camerounais, puisqu’ils ont d’abord accepté de se ren­dre aux négociations. Parallèle­ment, ils se sont réunis avec les syndicats des travailleurs pour élaborer un livre blanc qui ser­vira d’outil de base afin d’effec­tuer le plaidoyer en faveur des mesures d’accompagnements de la convention collective. L’exemple burkinabé peut donc inspirer les Camerounais.

Pensez-vous que ces blocages seront levés dans les prochai­nes semaines ?

Nous le souhaitons vraiment. C’est pour cette raison que nous encourageons tous les acteurs à faire les efforts nécessaires. Les syndicats des journalistes doivent reprendre les concertations et les patrons de presse devraient entrer en contact avec le ministère de la Communication et celui du Travail et de la Sécurité sociale. Si tous ces différents acteurs se concertent, il y a de forte chance que les goulots d’étranglement soient levés.

Par ailleurs, les pa­trons de presse doivent mettre un peu d’eau dans leur vin pour que ce secteur soit organisé grâce à la convention collective. Sinon, il va perdre toute sa crédibilité et les organes de presse d’aujourd’hui, qui ont besoin d’évoluer vers les entreprises de presse disparaîtront progressive­ment. Or, la convention collec­tive peut contribuer à l’organisa­tion du secteur.

Quelles observations vous sug­gèrent les absences des minis­tres de la Communication et celui du Travail et de la Sécu­rité sociale lors de l’ouverture du séminaire lundi dernier au Cradat ?

Il faut comprendre que les ca­lendriers des ministres sont par­fois compliqués. Ils ont certaine­ment eu de bonnes raisons de n’avoir pas assisté à la cérémo­nie d’ouverture de cet atelier de formation. Toutefois, ils ont sou­haité nous rencontrer, c’est la preuve qu’ils ne se détournent pas du dossier. Il y a donc une volonté qu’il faut encourager et concrétiser. Nous souhaitons qu’ils se décident à sortir le dos­sier de l’impasse, pour que la presse camerounaise soit vrai­ment une presse de qualité, exemplaire et qui montre le che­min aux autres pays d’Afrique centrale.

En dehors du Tchad et du Bur­kina-Faso, y a-t-il d’autres pays africains comparables au Cameroun ?

Le Bénin a récemment adopté sa convention collective. Le Séné­gal a déjà la sienne. Idem pour la Côte d’Ivoire. En république dé­mocratique du Congo, les gens ont préféré la mise en place de contrat de travail fixe. Celui-ci reprend pour l’essentiel les dis­positions d’une convention col­lective. Au Mali, les concerta­tions s’effectuent avec le soutien de l’Oif. A notre avis, un grand pays d’Afrique centrale comme le Cameroun ne peut pas se si­tuer en dehors de ce mouvement, pour le sérieux de sa démocratie et des hommes de grande qualité qu’on trouve dans ce pays.

Comment jugez-vous l’impli­cation des journalistes came­rounais dans ce mouvement ?

Au niveau des syndicats, on sent une forte mobilisation. Il y a une volonté de faire avancer le dos­sier. On sent vraiment que les gens en veulent. Je n’ai pas eu l’occasion de mesurer la déter­mination de tous les journalistes à la base. Mais, chez ceux que j’ai rencontrés, je sens une vo­lonté de voir le secteur se struc­turer, pour que l’avenir soit plus radieux.

Qu’est-ce que le Cameroun peut attendre de la Francopho­nie ?

La Francophonie fait déjà beaucoup pour le Cameroun. Pour que nous en venions à cet atelier de formation relatif à la conven­tion collective, la Francophonie a énormément investi en Afrique centrale. Le mouvement a com­mencé depuis 2004, à travers une série de rencontres organisées dans plusieurs pays de la région et auxquels les Camerounais ont toujours été invités.

En outre, elle soutient cet atelier, en mettant l’expertise à sa disposition. Elle entend donc continuer dans ce mouvement. Après sa signature, il faudra surtout la vulgariser, for­mer des syndicats, aussi bien de patrons de presse que de journa­listes pour la mise en œuvre de cette convention collective.

Mutations du Cameroun/Le Potentiel

Last edited: 16/10/2007 10:31:51

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