Les femmes de Luofu ont organisé une marche de protestation, puis pendant une semaine, ont cessé de s’alimenter, ont refusé de préparer les repas de leurs familles et d’aller travailler dans les champs, rapporte Caritas.
Les femmes du village de Luofu, localité de l’est de la République démocratique du Congo (RDC), ont observé une grève de la faim d’une semaine pour protester contre les pillages et les viols qu’elles subissent au quotidien, a-t-on appris jeudi auprès de l’ONG Caritas-RDC.
Autour de ce village reculé du Nord-Kivu, situé à 120 km au nord-ouest de la capitale provinciale Goma, 15 cas de viol sont signalés en moyenne chaque mois, déplore l’ONG catholique dans un communiqué, après une mission d’évaluation réalisée en septembre, Plusieurs groupes armés locaux ou étrangers sévissent depuis des années au Nord-Kivu, dont la partie sud-est est depuis la fin août le théâtre de violents affrontements entre armée régulière et soldats insurgés.
Des centaines de déplacés de guerre venant du sud se réfugient régulièrement dans le territoire de Lubero, où se situe Luofu. Pour les mois de juillet et août, Caritas a recensé 113 cas de viol, dont 22 sur des hommes, parmi les déplacés dans ce territoire.
Les victimes de ces atrocités ne sont pas prises en charge, faute de structures de santé adéquates et en l’absence d’agences humanitaires sur place, selon Caritas/RDC. « Nous avons lancé un appel de fonds (...) afin de venir en aide à ces personnes », a déclaré à l’AFP Guy-Mann Kamandji, chargé de communication de Caritas-RDC.
Les femmes de Luofu ont organisé une marche de protestation, puis, pendant une semaine, ont cessé de s’alimenter, ont refuse de préparer les repas de leurs familles et d’aller travailler dans les champs, selon Caritas. C’est « la première fois » que ces femmes expriment « non seulement leur indignation, mais aussi leur impuissance devant une situation insupportable », selon l’ONG.
Quarante-six d’entre-elles ont été « brièvement arrêtées » pendant la grève de la faim, intimidées par les forces de l’ordre, mais n’ont pas interrompu leur mouvement, souligne Caritas. Des habitants de Luofu ont aussi fait part à l’ONG du pillage systématique de leur petit élevage, des récoltes et d’autres biens, perpétré depuis plusieurs années par des rebelles hutus rwandais, des miliciens locaux Maï-Maï mais aussi des militaires de l’armée régulière.
L’unique centre de santé du village a été récemment pillé par des rebelles rwandais.
Caritas-Congo exhorte les autorités congolaises à « prendre au sérieux le cri du coeur des femmes de Luofu qui ont pris des risques énormes en protestant bruyamment contre leurs bourreaux, dans une zone où l’insécurité règne en permanence.
LP/Afp
Last edited: 15/10/2007 17:33:48