Les derniers gorilles des montagnes en République démocratique du Congo sont particulièrement menacés depuis la reprise des combats entre l’armée et des soldats dissidents dans la zone où vivent les animaux, dans l’est du pays. Les insurgés ralliés au général déchu Laurent Nkunda et les forces armées congolaises se sont affrontés à plusieurs reprises depuis la fin août dans le parc national des Virunga (Nord-Kivu est de la RDC). Des combats meurtriers ont éclaté samedi et se poursuivaient dimanche dans les collines de Bukima secteur du parc proche de la frontière rwandaise où vivent plusieurs familles de gorilles, selon des sources militaires congolaises des deux camps.

Une partie de cette zone est tombée samedi sous contrôle des soldats insurgés ralliés au général déchu tutsi congolais Laurent Nkunda, mais les forces loyalistes ont affirmé dimanche à l’AFP avoir repoussé les dissidents, après des combats meurtriers.

« Les rebelles ont pris le contrôle de toute la zone des gorilles après les combats hier (samedi) et aujourd’hui » (dimanche), a déclaré à l’AFP Samantha Newport, une porte-parole de l’association de protection de la faune Wildlife Direct basée à Goma. « C’est très grave et la situation pour les gorilles est pire qu’avant la reprise des combats il y a cinq semaines. Les gardes forestiers chargés de les surveiller ont été obligés de fuir », a-t-elle dit par téléphone.

« Tous les gorilles des montagnes congolais sont désormais sans protection, sans surveillance, et nous ne pouvons rien faire pour le moment », a-t-elle dit. Dix gorilles des montagnes ont été tués et deux sont portés disparus dans le parc national des Virunga depuis le début de l’année. Les associations de défense de l’environnement ont accusé les hommes de Nkunda d’être les auteurs du braconnage.

Lorsque les combats ont éclaté fin août, les hommes de Nkunda ont attaqué des postes des patrouilles de l’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICON) et vole des armes, des munitions ainsi que des moyens de communication, privant les gardes-forestiers de leurs capacités à suivre les singes.

A la suite d’une trêve conçue sous forte pression de l’ONU, début septembre, les combats se sont déplacés de la campagne vers les collines boisées du parc des Virunga, un des plus grands parcs nationaux d’Afrique et un site classé patrimoine mondial par l’Unesco. Milices locales ou étrangères, soldats congolais, braconniers, traversent régulièrement le parc, en occupant parfois des secteurs. Il ne reste plus que 700 gorilles des montagnes en liberté au Rwanda, Ouganda et RDC, dont 370 dans le parc des Virunga.

Selon les spécialistes de la faune et de l’environnement, plus de 150 gardes forestiers ont été tués au cours des 10 dernières années dans les cinq parcs de l’est du pays. Outre les gorilles des montagnes, des chimpanzés et des Bonobos, espèce dont la population a été décimée ces 15 dernières années, vivent également en RDC.

L.P