Cette recherche tente de déterminer les circonstances particulières de la construction d’une identité culturelle à travers la musique congolaise moderne.

Il existe aujourd’hui une musique congolaise moderne qui a pris sa configuration artistique à Kinshasa depuis de nombreuses années, malgré la diversité de sous-cultures qui caractérise la République démocratique du Congo. Cette musique congolaise moderne véhicule une culture de masse à tous les niveaux.
Intellectuels, analphabètes, pauvres, riches, vieux et jeunes, toutes les strates sont concernées dans une unité sociale, inédite. Ainsi la musique congolaise moderne a-t-elle engendré un phénomène social de grande envergure qui interpelle la conscience de notre peuple et suscite en conséquence notre curiosité intellectuelle. Par elle, la culture ne s’exprime pas seulement dans les livres et dans les universités ; elle est dans la rue, dans les bars, dans les masures des grandes cités. Elle est avant tout une culture de masse.
Cette recherche tente de déterminer les circonstances particulières de la construction d’une identité culturelle à travers la musique congolaise moderne. Il s’agit de décrire et d’analyser le processus ordonné et systématique qui articule les formes spécifiques d’action au sein d’une culture collective à l’échelle nationale. Notre thèse vise à analyser ce phénomène dans sa globalité et dans sa totalité suivant le schéma sociologique d’art, c’est-à-dire en partant de la naissance de la musique en passant par son évolution jusqu’à sa consommation en examinant le fonctionnement de cet art, des rapports qu’il établit ou rétablit entre les forces sociales comme lieu de communication ou d’épreuve.
La République démocratique du Congo s’étend sur une superficie de 2.435.000 km2. C’est le troisième Etat africain sur le plan de l’étendue. C’est quatre vingt fois la superficie de la Belgique et quatre fois la France. Au début de la colonisation belge, la population de ce vaste territoire comptait et compte encore aujourd’hui 365 ethnies qui parlaient autant de dialectes. Mais durant la période de la colonisation, on est parvenu à forger quatre langues nationales en sus du français, qui est demeuré depuis lors la langue officielle du pays.
Partant de ce qui précède, la République démocratique du Congo est une invention de l’Occident. C’est dire que ce pays n’a pas pour seul défi à relever le redressement de l’économie pour son entrée dans le concert des nations modernes, mais il doit surtout construire une identité nationale nécessaire à sa consolidation en tant que nation.
(* ) Il s’agit du résumé d’une thèse de doctorat en Sciences de l’information et de la communication.
A suivre…
Monsengo V. Antibah Mabele/Le Potentiel
Last edited: 04/10/2007 13:11:44