La course engagée dans les deux chambres du Parlement pour doter le pays de nombreuses lois vivement attendues au service de la bonne application de la politique du gouvernement semble dénoter une certaine précipitation qui fait craindre le risque de bâclage des enjeux en causes.

C’est fait. Le gouvernement Gizenga a désormais le feu vert du sénat pour la ratification du Pacte sur la paix, la sécurité et le développement de la région des Grands Lacs, de l’Accord sur I’exploration et la production des hydrocarbures dans une zone maritime d’intérêt commun et, enfin, de la convention sur la gestion durable du lac Tanganyika.
Il s’est agi en effet de l’adoption hier, après amendements, de ces trois projets de loi par la chambre haute du parlement. Au terme d’un vote en trois temps, 80 sénateurs présents, sur les 108 qui composent la chambre, se sont prononcés qui pour, qui contre les trois textes, qui encore pour s’abstenir.
Après la sommation des voix, le pacte sur les Grands Lacs à récolté 65 voix pour, 3 contre et 12 abstentions. Le projet de loi en rapport avec l’accord sur l’exploration et la production, des hydrocarbures dans une zone maritime d’intérêt commun, signé entre la République Démocratique du Congo et l’Angola a été voté par 62 sénateurs contre 2 qui ont dit non, tandis que 16 s’en ont abstenus.
Enfin, la convention sur la gestion double du lac Tanganyika est celle qui a récolté le plus de voix, soit 77 oui, où non et 3 abstentions.
Honorable Kalamba Wafuana : « On a voté dans la précipitation »
Les trois textes ayant été ainsi adoptés, ils seront transmis au président de la République, qui va se charger de leur ratification. Seulement voilà en attendant cet exercice, l’un de ces trois projets semble avoir laissé un goût d’inachevé parmi certains membres de la chambre haute. Il s’agit du projet de loi n°14 autorisant la ratification de l’accord sur l’exploration et la production des hydrocarbures dans une zone maritime d’intérêt commun. Accord signé entre Joseph Kabila et son homologue José Edouardo Dos Santos en date du 30 juillet dernier à Luanda et pour lequel le ministère des Hydrocarbures a sollicité et obtenu l’autorisation de ratification.

Aux dires de certains sénateurs qui se sont abstenus de voter pour ou contre cet accord, celui-ci contient des informations qu’on peut qualifier de top secret et qui n’ont donc pas été portées à la connaissance des représentants du peuple que sont les députes et sénateurs. Tel est le point de vue du sénateur Emery Kalamba Wafuana pour qui ce projet de loi a été voté dans la précipitation. « Je suis désolé que l’on ait pas pris en compte mes observations faites lundi au ministre des Hydrocarbures », a confié à la presse cet élu au second degré du Kasai Occidental qui ne comprend pas pourquoi ses collègues se sont précipités à voter un texte pour lequel ils ne maîtrisaient pas très bien tous les tenants et aboutissants. « On ne peut pas signer un accord, même provisoire, lorsqu’on n’en dispose aucune information », a souligné l’honorable Kalamba qui s’était époumoné à démontrer au ministre des Hydrocarbures et à ses collègues qu’il n’était pas bien indiqué d’adopter à l’heure qu’il est, un projet de loi sur une matière aussi sensible.
Celle des hydrocarbures sans que l’on ait déterminé le plateau continental où se trouverait la fameuse zone maritime d’intérêt commun, afin qu’on sache qui a quoi, qui apporte quoi. « On a été pressé pour rien », regrette Kalamba, qui trouve comme une arnaque le fait qu’on prétende que pour la phase exploratoire de cette zone, l’Angola aurait déboursé des frais que la RDC se devra de rembourser au stade d’exploitation. Mais combien d’argent le partenaire a-t-il déboursé, et combien notre pays va-t-il rembourser ? Autant de questions qui restent sans réponses, constate le sénateur et grand chef des Bashilange.
Germain Kadima/Le Phare
Last edited: 03/10/2007 17:56:52