Ces dos courbés, clients des services sociaux, des aides aux démunis sont détenteurs d’une mémoire collective qu’il serait criminel d’abandonner en friche ou pis, de folkloriser par prétention moderniste.
De ces vieux fringants se soutenant du souvenir vague d’une fierté d’antan, celle d’une mythologique ascendance d’héroïques guerriers, de charismatiques souverains, d’industrieux et thaumaturges forgerons, il reste quelques forces. Forces de nègres fatigués, justes bons à curer les rues des métropoles occidentales reclus dans des foyers d’immigrés indicibles d’insalubrités et de bizarreries en micmacs de toutes coutures.
Ces dos courbés, clients des services sociaux, des aides aux démunis sont détenteurs d’une mémoire collective qu’il serait criminel d’abandonner en friche ou pis, de folkloriser par prétention moderniste, cette crétine et
teigneuse aux peuples orphelins d’histoire valorisante.
Ces vieux et vieilles, dont la beauté d’une sagesse cultivée au cours de mule et une expériences ne se révèle qu’a l’orée d’esprits attentifs voire attentionnés, pourraient avoir perdu tout lustre ou au contraire n’avoir jamais connu les frivolités des projecteurs médiatiques qu’ils auront presque toujours gardé ces trésors de choses vécues, de recettes de marmites appelées a éclairer intelligemment les décennies prochaines.
Anciens d’Algérie, du Ghana, de Libye, de Guinée, de RDA, de Tchécoslovaquie, d’Union soviétique ou titulaire de plusieurs doctorats en pratiques journalières de l’intégration des immigrés aux sociétés blanches « de souche », ils seraient vite intarissables sur les attributions d’aides sociales, les refus de séjours, les licenciements ambigus, les contrats illégaux, la précarité professionnelle avant l’heure...
Dans les milieux artistiques certains ont accompagné James Brown, Claude François, joué à l’Olympia sacralisé des années 70, maîtrisant pour quelques-uns uns Bach, Mozart ou Duke Ellington.
Ils ont voyagé sur la surface de la terre à fabriquer et propager du son, et d’autres à-côtés plus fumants. Par le menu ils détailleraient 50 ans de vie d’Africain, d’Antillais,de Noirs en France, en Europe, dans les pays socialistes, aux Etats-Unis avec toutes ces nuances de vécu qui rendraient aux générations actuelles, une trame vivante des rapports des Négro-Africains aux sociétés et civilisations européennes, occidentales, anciennes métropoles.
Il m’est apparu qu’un double devoir unissait à notre insu ces générations qui se croisent plus qu’elles ne se rencontrent désormais. Celui pour les uns de conter sans compter, celui pour les autres d’écouter sans écourter. Au vrai, un trésor est caché dedans, malheureusement je ne sais pas l’endroit. Mais il faudra et il suffira de peu, et d’à peine davantage pour exhumer ces sommes éclairantes de parcours et de profils.
Ne nous y trompons pas, rien ne se fera qui ne démêlera les noeuds de l’histoire sur lesquels plus souvent que le contraire, nos Précieux Ascendants ont buté violemment, emportant une partie de leurs rêves, de leurs êtres et de leurs descendances dans l’erreur...
Aka Akamyong/Congoforum.org /Le Potentiel
Last edited: 29/09/2007 14:39:35