Ils auront été militants indépendantistes, anticolonialistes, syndicalistes, communistes ou hommes et femmes politiques de premiers plans, intellectuels de haut voltige, docteurs en droit, diplômés de sciences politiques, ingénieurs ou artistes de tous les calibres.
J’ai fait une découverte glaciale, au gré de mes pérégrinations dans les capitales européennes, celle, bouleversante, de ces bibliothèques africaines fournies à plus que souhait, suintant de richesses calfeutrées, qui se consument sous le regard indifférent des aspirants, apprentis, futures élites négro-africaines. Ils ont passé la soixantaine, témoins ou acteurs de grands événements du siècle précédent, amis, adversaires de grandes et petites figures de l’histoire contemporaine, ils terminent le fil de leurs vies en quasi-clandestinité, à demi exilés à Paris, Londres, Bruxelles, Amsterdam, Berlin…
Ces précieux ascendants m’ont parlé de Cheikh Anta Diop qu’ils ont côtoyé, m’ont montré le petit studio austère d’où le savant allait révolutionner l’histoire et l’advenir de la politique africaine à renaître. Bien des anecdotes conservées dans une mémoire prodigieuse n’attendent qu’à être égrenées au gré des conversations initiatiques de ce nouvel âge nécessaire de la transmission des savoirs et secrets ancestraux ; nouvel âge qui dans un paysage désormais colonisé par les gratte-ciels et les méga avenues urbaines, devra trouver des substituts intelligents au bois sacré et au baobab, réceptacles de ces traditionnels rituels intergénérationnels.
Ils auront été militants indépendantistes, anticolonialistes, syndicalistes, communistes ou hommes et femmes politiques de premiers plans, intellectuels de haut voltige, docteurs en droit, diplômés de sciences politiques, ingénieurs ou artistes de tous les calibres. Ils auront parcouru le monde, connu la griserie contagieuse des rapports Est-Ouest, s’y croyant mêlés jusqu’à la prunelle de leurs yeux, défenseurs érudits des dialectiques marxistes, hégéliennes, à tord ou à raison, avec une vraie espérance, au moins pour un temps, et un réel engagement pour d’aucuns, une entrée en religion pour d’autres. Jusqu’au sacrifice de leurs jeunesses, de leurs vies, de leurs familles, nomadisant d’un pays hôte à l’autre, encaissant les coups tordus des gouvernements de potentats redressant le cours des alliances et vassalités coloniales au détriment de ceux qui trop mal pensaient.
Ceux qui avaient le malheur et la damnation de penser, alors sue l’unique parti, la seule et voix seule seulement autorisée du maître et de son fils héritier, éclairant jusqu’à l’ubuesque de l’obscurantisme ostensible destinées des descendants mal accomplis des Gaulois et des Pères plutôt méga modernes de la nation.
A suivre…
Akam Akamayong/Congoforum.org/Le Potentiel
Last edited: 26/09/2007 15:36:55