« L’idée est partie de là. Nous avons vu toutes les manifestations culturelles et nous nous sommes dit : « Invitons ces artistes à montrer un autre visage de la RDC que celui que l’on voit tous les jours dans la presse ».
Fredy Jacquet, Délégué de la Communauté française de Belgique en RDC, est l’un des promoteurs du « Journal du Citoyen ». Dans l’interview qu’il nous a accordée, il a parlé du festival « Yambi » et souligné le rôle joué par le JDC qui est arrivé à son 100ème numéro. Fredy Jacquet a profité de cette occasion pour expliquer dans les moindres détails le Festival Yambi qui se déroule en Belgique où une centaine d’artistes venus de la RDC ont été invités.
Fredy Jacquet, comment vous est venue l’initiative du festival Yambi ?
L’année dernière nous avons fêté les 20 ans de présence de la Délégation Wallonie–Bruxelles et, plus particulièrement, du Centre culturel Wallonie–Bruxelles. En vingt ans de travail avec las artistes congolais, toutes disciplines confondues, nous commençons à les connaître. Nous avons découvert tellement des richesses culturelles qu’il nous a semblé important de les faire connaître également aux Belges francophones qui habitent Bruxelles et la Wallonie.
Donc, l’idée est partie de là. Nous avons vu toutes les manifestations culturelles à Kinshasa et en provinces et nous nous sommes dit : « Invitons ces artistes à montrer un autre visage de la RDC que celui que l’on voit tous les jours dans la presse ; des guerres, des difficultés… Montrons aussi un pays qui se construit toujours sur la culture ».
Comment avez-vous préparé ce projet ?
Les préparatifs de Yambi comportent deux étapes. Premièrement, il faut un accord entre les partenaires. Cet accord a été signé en 2005 entre le gouvernement de la RDC, représenté par le ministre de la Culture et des Arts de l’époque, Philémon Mukendi, et le gouvernement de la Communauté française de Belgique, représenté par Mme Marie Dominique Simonet. L’accord prévoyait une grande fête en Communauté française de Belgique durant les mois de septembre et octobre 2007.
Deuxième étape, il s’agissait d’avoir une idée très précise d’une programmation qu’il fallait proposer. Nous nous situions au départ, et même aujourd’hui, dans la perspective d’une action de coopération au développement. Il s’agissait de voir quels étaient les artistes, et pas uniquement à Kinshasa mais aussi en provinces, qui pourraient participer à cette grande rencontre en Belgique francophone. C’est ainsi que, depuis deux ans, le professeur Yoka Lye Mudaba, désigné comme le Commissaire général congolais de la manifestation, a visité toute une série de villes en provinces ; Matadi, Kisangani, Bukavu, Lubumbashi…
L’objet de ces visites était de prendre contact avec les artistes et de faire le point. Parce que l’un des problèmes importants de la RDC, c’est qu’il y a eu rupture de communication dans le secteur culturel. Bref, il fallait essayer de retracer des liens entre les artistes.
La première démarche était évidemment d’aller les voir sur le terrain. Après avoir rencontré des centaines d’artistes, le professeur Yoka a fait un constat : la culture, en provinces, est forte. Il y a beaucoup d’artistes, mais ils sont loin aujourd’hui des professionnels de la culture, parce qu’ils ont été isolés et n’avaient pas de moyens à leur disposition. Première conclusion à laquelle nous sommes arrivés : il fallait, dans un premier temps, faire des formations de « remise à niveau » avec ces artistes de provinces. Deuxième élément : il fallait aussi jeter un regard critique sur Kinshasa et, à ce niveau, organiser des séminaires de « professionnalisation ». Voilà comment s’est faite la préparation. La formation a été un élément déterminant pour le projet Yambi.
A suivre…
Ben-Clet Kankonde/Yves Kalikat/Journal du Citoyen
Last edited: 25/09/2007 17:13:59