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Les musiciens se font des ennemis jurés. D’autres journaux polémistes les appellent des « frères ennemis ». Dans leurs œuvres, au lieu de construire la société par leurs messages, ils se dénigrent mutuellement. Les conflits  des adeptes des groupes musicaux des années 1950, 1960, 1970 et 1980, se faisaient avec des échanges verbaux mais sans violence.

Le cas de l’écurie Loningisa de Henry Bowane et de l’écurie Ngoma de D’Oliveira dans les années 1947 en 1955, de l’African Jazz et l’O.K. Jazz de 1956 en 1962, d’African Jazz et l’African Fiesta de 1963 en 1965, d’African Fiesta National et d’African Fiesta Sukisa de 1967 en 1970, de Veve et Sosoliso, de Zaïko et Isifi en 1975, de Zaïko et Yoka Lokole de 1976 en 1977, de Viva La Musica et Zaïko de 1977 en 1981, de Viva La Musica et Victoria Eleison de 1982 en 1984, Victoria Principal et Victoria Eleison en 1983, de Langa Langa Stars et Zaïko Langa Langa de 1981 en 1983, de Choc Stars et Langa-Langa Stars entre 1983 et 1986, de Zaïko Nkolo Mboka et Zaïko Familia Dei entre 1988 et 1991, de la Nouvelle Génération et Viva La Musica en 1994, etc.

Soutenu aujourd’hui par la propagande, les clips, les méga-concerts et les grandes salles de renommée, la polémique a changé de cap. Elle est devenue mésentente, haine, au lieu d’être rivalité simple. En 1996, Papa Wemba et Koffi Olomide, après avoir été en conflit pendant longtemps, ont enregistré l’album « Wake Up », qui veut dire « réveille-toi », pour ressusciter les polémiques, querelles, mésententes et injures entre eux. Les accolades et les rires radieux qui apparaissaient à leur visage dans les clips de cet album, n’ont servi à rien. Cela a continué jusqu’aux récents accords de Maïsha Park.

Les musiciens se font des ennemis jurés. D’autres journaux polémistes les appellent des « frères ennemis ». Dans leurs œuvres, au lieu de construire la société par leurs messages, ils  se dénigrent mutuellement. Dans des interviews à la télé, nous suivons les déclarations choquantes et ordurières des musiciens.

Les animateurs « atalaku » et les porte-paroles des orchestres, eux aussi, cultivent l’esprit de la prolifération d’injures sur les leaders des orchestres qu’ils n’apprécient pas. Il n’y a pas de tolérance, les défauts l’emportent sur les qualités.

Aujourd’hui, la plupart des artistes-musiciens sont entourés de gens sans importance artistiquement, mais maîtres à penser ou idéologues, qui vivent des conflits et de mésententes entretenues entre les leaders des groupes musicaux. Ces fondateurs des rumeurs, les animateurs télé en rajoutent un peu avec des informations provocantes pour opposer les orchestres, et créent un climat de nervosité, d’angoisse psychologique et de guerre permanente. Ces conflits sont persistants et multiformes. Le conflit se popularise et forme des adeptes de deux camps, souvent violents.

Jeannot Ne Nzau Diop/Le Potentiel

Last edited: 24/09/2007 17:13:40

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