La présence d’au moins neuf cadavres visibles et l’existence de trois fosses communes à Rubare, sur le territoire de Rutshuru (Nord-Kivu), au Nord-Est de la Rdc ont été officiellement confirmées par la division des Droits de l’homme de la mission de l’Onu dans le pays (Monuc) qui enquête actuellement sur les faits avec la collaboration de la magistrature militaire de la zone.

Les fosses ont été localisées dans le camp de l’ancien état major du 2ème bataillon de la brigade mixe Bravo, qui regroupait des éléments fidèles au général dissident Laurent Nkunda, responsable de combats au Nord-Kivu depuis fin août. Jusqu’à présent, les restes de neuf personnes ont été exhumés des sépultures de masse, mais leur nombre est certainement voué à augmenter.
Selon des sources locales - a déclaré la Monuc à la presse-, « avant le retrait du 2eme bataillon une semaine plus tôt, trente civils auraient été détenus dans ce camp dont trois auraient réussi à s’enfuir ». Cette même brigade avait été « responsable du massacre d’au moins 15 civils à Buramba, les 9 et 10 mars 2007”, a ajouté un porte-parole de la mission.
En ce qui concerne la découverte de fosses communes de Rubare, le président Joseph Kabila a déclaré hier, depuis Goma, chef-lieu du Nord-Kivu, que des coupables seront traduits en justice. Nous savons qui était à Rubare. L’impunité, c’est fini ». « La visite du président Joseph Kabila a apporté une sérénité à la surface, mais en réalité, ça sent le roussi », raconte une source missionnaire contactée par Misna au Nord-Kivu, dans l’est de la République démocratique du Congo, en décriant l’atmosphère de la zone de Goma, bien que la trêve conclue le 6 septembre dernier entre l’armée régulière congolaise et les miliciens fidèles à Laurent Nkunda, le général dissident en faveur des Rwandais, soit encore respectée, et que les combats, qui ont opposé récemment ces derniers rebelles à des groupes armés favorables à Kinshasa, aient été eux aussi interrompus.
« Il y a une grande tension dans toute la zone autour de Goma. Des mouvements de troupes ont actuellement lieu que ce soit dans l’aire de Masisi ou dans la zone de Rutshuru, où les formations reçoivent toutes deux des renforts massifs », ajoute la source. Pendant ce temps, aujourd’hui, avant de quitter le Kivu pour revenir dans la capitale, le président congolais Joseph Kabila a visité les camps de réfugiés aménagés aux portes de Goma et dans lesquels sont accueillis plus de 50.000 civils qui ont fui la zone de Sake (à une trentaine de kilomètres de Goma), épicentre des combats des dernières semaines.
Misna/LP
Last edited: 22/09/2007 16:58:03