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A toutes les époques de la musique congo­laise, il y a eu conflit entre diffé­rents groupes musicaux et autres musiciens congolais. Dans les années 1940, nous avons connu l’orchestre Victoria de Brazza­ville. On a vu naître Victoria-Kin et Trompette Victoria. La recrudescence de la violence entre les musiciens et les gardes du corps des chefs d’orchestres Quartier Latin Inter­national et Cultur’A Pays Vie inquiète. C’est vraiment déplora­ble. La musique congolaise, à travers son histoire, n’a connu que des dissidences et des dislocations. Mais la barbarie affi­chée ces derniers jours a atteint le summum.

Le sens du conflit n’est pas caché. Il donne lieu à l’opposition de deux forces ou une rivalité de leadership. Il est synonyme d’an­tagonisme, le conflit des passions ou de tendance. Il y a conflit lors­qu’il existe la concurrence, le rapport des forces ou des gens qui s’opposent ou qui s’affron­tent. Quant à la polémique, c’est un adjectif relatif à la dispute, qui incite à l’échange des propos vio­lents entre des personnes, à la querelle, à la controverse ou à la discussion par son ton agressif.

On doit retenir que la moitié des orchestres qui naissent à Kins­hasa et à Brazzaville sont issus d’un conflit ayant rongé un en­semble musical qui connaît un succès. Les forces génératrices de conflits dans la musique congolaise sont toujours présentes et tout y passe : les polémiques de presse, la propagande, la publi­cité, la diffamation, la rumeur, l’injure, la haine, l’argent, les fem­mes, la gloire, la vanité, le clien­télisme, la richesse, la jalousie et la pauvreté.

L’antagonisme en­tre musiciens par leurs fanatiques interposés est encouragé et to­léré pour noircir l’image du concurrent. Cela provoque la destruc­tion de l’autre. Or, il faut que chaque mélomane ou fanatique parvienne à démontrer à l’opinion qu’il défend la meilleure cause, par rapport à l’autre, avec des arguments convaincants. Qu’on essaie d’apprécier à sa juste va­leur une œuvre musicale, sans manifester son penchant pour un artiste musicien ou un orchestre. La conséquence de cette mauvaise conception de la polémique, c’est la négligence du talent des musiciens et la baisse de la qualité de la musique congolaise.

Les premiers conflits

Les conflits entre orches­tres et entre musiciens ne datent pas d’aujourd’hui. A toutes les époques de la musique congo­laise, il y a eu conflit entre diffé­rents groupes musicaux et autres musiciens congolais. Dans les années 1940, nous avons connu l’orchestre Victoria de Brazza­ville. On a vu naître Victoria-Kin et Trompette Victoria.

African Jazz a connu les orchestres dis­sidents : African Fiesta, African Fiesta National, African Fiesta Sukisa, Bantous de la Capitale, Tembo, les Fantômes, les Nzoï du Trio Cepakos, Zaïko Langa Langa, Zaïko Familia Dei, Zaïko Langa-Langa International, Isifi Lokole, Yoka Lokole, O.K. Jazz, Bana O.K., O.K. International, etc.

On constate que ces conf­lits des orchestres débutés dans les années 1940 se sont ampli­fiés jusqu’aujourd’hui. Au fur et à mesure qu’on avance vers les grands orchestres et les grands succès, le conflit et la polémique deviennent une nécessité artisti­que pour les musiciens congolais. Dans les années 1975-76, la Radio Télé Publicité, en sigle RTP, service chargé de la publicité et des productions musicales de la Voix du Zaïre, organisait sous la direction de feu Jean Mateta Kanda, des concerts jumelés, qu’on peut aussi appeler des duels entre les orchestres kinois, au Ciné Palladium.

Il y a eu des duels entre Zaïko Langa-Langa et Yoka Lokole, Stukas et Isifi Malodia, Zaïko Langa-Langa et Isifi Mélodia, Stukas et Yoka Lokole, etc., mais jamais on a entendu des quolibets inutiles comme font les musiciens d’aujourd’hui.

(Yes)

Jeannot Ne Nzau Diop/Le Potentiel

Last edited: 22/09/2007 14:20:27

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