Le ministre Henri Emenye Ilakankoy a reçu des coups vendredi dernier alors qu’il tentait de convaincre les parents de faire vacciner leurs enfants contre la poliomyélite. L’infortuné a reçu des coups d’un groupe de jeunes gens en colère, tous déterminés à se rendre justice et prêts à tout, parce que lésés face à un climat d’injustice qui couvait dans certaines circonscriptions électorales de élus de la province. La vindicte a été l’une des voies du défoulement de ceux qui ne se sont pas retrouvés dans l’opération de lutte contre cette maladie.  

Le ministre Emenye décrit les circonstances de l’attaque dont il est victime : « Nous sommes arrivés dans la rue. Nous avons entendu un cri dans la maison que nous venions de quitter (sic). Quelqu’un, une bouteille à la main, a commencé à crier : je vais me suicider. Alors, il est sorti en courant dans la rue. Il est tombé. Les gens se sont rendus compte que cette personne est morte à cause de notre passage là-bas. On a commencé à nous lapider. J’ai demandé à mon collègue de la Santé d’amener la personne directement à l’hôpital.

Et nous avons suivi. Comme les pierres et les bâtons commençaient à pleuvoir, les deux jeeps ont démarré. J’ai été abandonné sur place. Toute la foule va tomber sur moi. C’était vraiment une bagarre généralisée. On a déchiré ma veste, on a tenté de me faire beaucoup de mal que je ne peux pas décrire ici devant la presse. Mais grâce à Dieu, un officier de la police a assuré ma protection.»

C.L/MMC