La grogne est perceptible parmi les Congolais demandeurs des passeports. Dans les environs du ministère des Affaires étrangères où ces citoyens congolais s’agglu­tinent ordinairement pour s’enqué­rir de ma suite réservée à leurs demandes, le sentiment est au bord de la révolte. Certains qui at­tendent cette pièce d’identité de­puis deux à trois mois, envisagent même d’organiser une marche de protestation pour exprimer leur ras-le-bol.

Contactés à ce propos pour connaître la cause de cette pénu­rie de passeports, quelques agents et cadres du ministère des Affaires étrangères ne sont pas allés par le dos de la cuillère pour stigmatiser l’incapacité de l’Hôtel des Monnaies à honorer sa part de contrat conclu avec leur admi­nistration. Pour preuve, il cite l’in­cident qui s’est produit le vendredi 14 septembre 2007. Ce jour-là, ont-ils révélé au journal L’Obser­vateur, la direction de la chancellerie attendait 10.000 passeports conformément à une commande préalablement faite. Contre toute attente, l’Hôtel de monnaies n’a livré que 2.000 passeports.

Pour éviter tout incident, le di­recteur de la chancellerie à tout simplement refusé de recevoir ce petit lot des passeports. En plus, déplorent nos sources, le minis­tre des Finances a déjà signé, en faveur de l’Hôtel de Monnaies un Ordre de paiement(OP), non seu­lement pour 10.000 passeports, mais aussi pour une autre de ± 100.000.

A juste titre, ils se demandent avec indignation pourquoi cette importante unité de production de la Banque centrale se trouve dans l’impossibilité d’honorer ses enga­gements vis-à-vis du ministère des Affaires étrangères? Pour ce ministère, Si l’Hôtel des Monnaies n’est pas à mesure de lui livrer ses commandes, la meilleure voie pour lui, consiste à répondre favo­rablement au contrat que lui pro­pose une firme Sud-afnicaine. Se­lon les révélations de nos interlocuteurs, ce contrat est alléchant dans la mesure où les Sud-Afri­cains consentent à livrer un impor­tant lot à crédit. A ce propos, ils rappellent qu’à l’époque où les passeports étaient fabriqués en Allemagne, le ministère des Affaires étrangères n’avait jamais connu une telle pénurie.

Cette version des agents du ministère des Affaires étrangères est-elle vraie ? Si tel est le cas, il importe que les autorités de la Banque centrale de qui dépend l’Hôtel des Monnaies prennent des mesures appropriées pour mettre fin à cette situation. Si c’est le contraire, il faut que le gouverne­ment paie à l’Hôtel des Monnaies ses créances. Car, il est impensa­ble et même ridicule pour un Etat de priver ses citoyens d’une pièce d’identité par laquelle ils sont re­connus comme tels à l’extérieur. Par cette turpitude, il se prive aussi d’importante recette administrative que génère la vente des passeports.

Pour les demandeurs des pas­seports, le gouvernement devrait traiter cette question lors de son prochain conseil des ministres pour fixer, une fois pour toute, l’opi­nion.

(Ern.)

Rombaut Ot./L’Observateur