Des experts du département Afrique du Fonds monétaire international entament à partir de ce mercredi 19 septembre 2007, et ce, jusqu’au 3 octobre une mission à Kinshasa. Des analystes pensent que c’est le dernier round des négociations entre le FMI et la RDC pour la conclusion d’un deuxième programme triennal au titre de la FRPC.

C’est désormais confirmé. La délégation des experts du département Afrique du Fonds monétaire international (FMI) entame, dès ce mercredi 9 septembre 2007, la dernière ligne droite pour la relance du dialogue FMI-RDC en vue de la conclusion d’un deuxième Programme économique du gouvernement (PEG 2) au titre de la Facilité pour la réduction de la pauvreté et pour la croissance (FRPC).
Conduite probablement par Brian Ames, chef de division au département Afrique du FMI, en remplacement de Cyrille Briançon, la délégation aura jusqu’au 3 octobre 2007 pour boucler sa mission, celle qui est censée lever le voile sur la coopération en veilleuse entre le FMI et le gouvernement de la RDC depuis la fin brutale du PEG I en mars 2006 et de l’échec du Programme relais de consolidation en décembre de la même année.
Trois points feront l’essentiel de la mission du FMI à Kinshasa. Il s’agira dans un premier temps de faire le point de l’évaluation des réformes entamées dans le cadre du PRC, de faire un tour d’horizon de la situation économique, financière et monétaire en fin août 2007 et de dégager les grands agrégats du projet de budget 2008. Bien sûr que les experts du département n’auront pas un pouvoir de décision sur les relations entre le FMI de la RDC, mais leur jugement après trois semaines d’intenses contacts Kinshasa permettront au Conseil d’administration du FMI et de la banque mondiale, prévues du 20 au 22 octobre 2007 à Washington de conclure ou non un nouveau programme triennal avec la RDC.
D’où, tous les enjeux de ce dernier round des négociations entre le gouvernement congolais et le FMI. Car, des résultats de ces échanges dépendra la suite des rapports entre le FMI et la RDC, et éventuellement de l’avancée de la RDC sur le chemin du point d’achèvement à l’initiative en faveur des Pays pauvres très endettés (PPTE). Une sanction positive de la mission du FMI aux matières prévues au calendrier ouvrira grandement la porte au gouvernement congolais à la mise en oeuvre de grands axes de son programme pour les cinq prochaines années.
Ultime étape
Que nous réservent les trois semaines à venir ? Bien des choses sûrement pour autant que la RDC aura pris, depuis la fin dramatique du Peg 1, plus d’une année pour réunir les éléments à soumettre à la sanction du FMI. Le gouvernement espérait y parvenir avec le PRC, mais les résultats en ont déclaré autrement. Le dernier round se joue donc pendant trois semaines ; trois bonnes semaines pour amener le FMI à adhérer au programme du gouvernement. Le Premier ministre Antone Gizenga y croit, de même la Commission interministérielle de suivi des programmes avec les institutions de Bretton Woods (Cispi) qui a multiplié des réunions pour dégager un consensus autour des données à soumettre aux experts du FMI.
La dernière partition reviendra donc de la troika économique financière du gouvernement, composée de la Banque centrale du Congo, des ministères des Finances et du Budget. C’est à ce Trio que reviendra la lourde charge de présenter des éléments de défense de la capacité du gouvernement congolais à respecter scrupuleusement les prescrits de l’accord signé au titre de la FRPC. A Kinshasa, c’est juste une étape qui sera franchie, mais l’ultime bataille se jouera en octobre prochain à washington en marge des assemblées du FMI et de la Banque mondiale. C’est au Conseil d’administration du FMi que reviendra le dernier mot sur la recevabilité du dossier de la RDC.
Soutenir l’action
Mais, l’on doit se rappeler qu’une équipe du FMI a séjourné à Kinshasa du 23 mai au 7juin 2007 dans le cadre des consultations au titre de l’Article IV des statuts du FMI pour 2007.
Les discussions avaient porté sur un cadrage macroéconomique à moyen terme compatible avec une accélération non inflationniste de la croissance et une réduction de la pauvreté.
La mission a recommandé que le gouvernement renforce la coordination de son programme et le suivi des réformes structurelles aussi bien au niveau politique que technique. Elle a noté les progrès récents au niveau budgétaire et monétaire et encourage les autorités à poursuivre leurs efforts afin de renforcer la stabilité macroéconomique qui demeure fragile. La mission a également souligné l’importance de respecter le cadre budgétaire pour 2007 afin d’atteindre les objectifs du programme.
Le relâchement des politiques macroéconomiques en 2005 et 2006 a remis en cause les progrès réalisés en matière de stabilisation macroéconomique. L’accroissement des dépenses publiques durant la période électorale a contribué à une reprise de l’inflation dont le taux annuel a avoisiné 20%, et une diminution des réserves de la BCC à environ 100 millions Usd en février 2007, soit moins d’un mois de couverture des importations. Des retards importants ont également été enregistrés en matière de réformes structurelles.
Un resserrement de la politique budgétaire dès l’avènement du nouveau gouvernement en février 2007 a contribué à stabiliser la situation macroéconomique. Ceci a permis une réduction du crédit net à l’Etat, un assèchement des réserves libres des banques, une appréciation du franc congolais en mai 2007 et un ralentissement de l’inflation. Dans ce contexte, la BCC a pu à fin mai reconstituer ses réserves internationales à environ 185 millions Usd en partie en intervenant sur le marché des changes à hauteur de 25 millions - et baisser son taux directeur de 40 à 30%.
Le défi majeur à moyen terme consiste à instaurer une croissance économique forte et durable en vue d’une réduction tangible de la pauvreté. A ce propos, les discussions ont été centrées sur la croissance et la réduction de la pauvreté, la stratégie budgétaire et le développement de l’intermédiation financière.
Mais, des analystes pensent qu’une croissance élevée dans un cadre macroéconomique stable est possible, à condition d’accélérer la mise en œuvre des réformes structurelles.
(Milor)Faustin K./Le Potentiel
Last edited: 18/09/2007 16:46:14