Les deux chambres du Parlement entament les travaux de la session d’octobre dans un contexte marqué par de nombreux problèmes sociaux, sécuritaires et économiques qui demandent des réponses bien élaborées au niveau politique et donc de la part surtout des élus que sont les députés et sénateurs.

Finies les vacances parlementaires. Les sénateurs et députés congolais ont regagnent l’hémicycle depuis le samedi 15 septembre dernier. Les deux Chambres de l’organe législatif ont démarré leur session budgétaire après trois mois des vacances qui ont permis aux parlementaires de revoir leurs bases électorales.
Du côté de deux Chambres, on affirme que toutes les batteries sont mises en marche pour la réussite de cette session de septembre qui s’annonce « capitale » pour le pays, aujourd’hui confronté aux pressions sociales. Prévue pour trois mois, elle aura suffisamment de la matière à traiter en plus des dossiers de la session précédente.
Les dossiers prioritaires
Réunis le 12 septembre en congrès, les Bureaux du Sénat et de l’Assemblée nationale ont examiné quelques sujets qui pourront être traités en plénière. Bien que tous les dossiers prioritaires ne soient pas encore définis, la population s’attend à être fixée sur certaines matières sensibles, notamment sur la rentrée scolaire, l’insécurité au Nord-Kivu...
Les élus du peuple pourront probablement voter la loi sur la décentralisation pour permettre au gouvernement d’appliquer, d’ici janvier 2008, la rétrocession des 40 % dus aux provinces et autres entités décentralisées. Et pour rendre effectif le Congrès, les deux chambres se presseront de voter le règlement intérieur de cette institution qui sera constituée des sénateurs et députés.
Pendant cette session, les parlementaires pourront également passer en revue les lois sur le Haut conseil de la magistrature, sur le fonctionnement et le fonctionnement des partis politiques, sur la création : de la Commission Electorale National Indépendante (CENI).
Projet de construction d’une cité du Parlement
La réunion du 12 septembre a permis également aux membres des deux Bureaux du Parlement d’harmoniser leurs vues sur le projet de construction d’une cité devant abriter le siège du pouvoir législatif. Selon une source proche de l’Assemblée Nationale, cette cité sera érigée dans la commune de Lingwala, précisément sur le site « Tembe na Tembe », où plusieurs constructions anarchiques ont été démolies. Les travaux d’érection de la cité sont confiés à une entreprise coréenne, précise cette source. Les deux chambres se préparent, par ailleurs, à accueillir le chef de l’Etat brésilien, Luiz Inacio da Sitva, dit Lula. Elu en janvier 2003 et réélu à la tête du Brésil en octobre dernier, « Lula » va, sauf imprévu, s’adresser aux parlementaires en congrès.
Les retombées des vacances parlementaires
Les parlementaires vont profiter de la présente session pour déposer leurs rapports élaborés à l’issue des vacances. Si certains attendent encore le démarrage effectif des travaux en plénière pour faire le point de leur voyage dans leurs circonscriptions électorales, d’autres sont beaucoup plus diligents. Au terme de son séjour au Kasaï-Occidental, le sénateur Modeste Mutinga a alerté l’opinion sur la misère et les nombreux problèmes que connaît la province dans le secteur des infrastructures, de l’eau, de l’électricité, de l’éducation et de la santé.
La ville de Kananga est enclavée, à cause d’un embargo économique qui ne dit pas son nom. Les marchandises destinées à ce centre urbain traînent inexplicablement à la gare de Mwene-Ditu, pendant plusieurs mois, avant d’être acheminées à Kananga, souvent dans un état d’avarie, a indiqué Modesto Mutinga lors d’un point de presse tenu début septembre.
A l’issue des échanges avec les députés provinciaux et les notabilités du Kasaï-Occidental, le sénateur Mutinga a fustigé le contrat signé par certains investisseurs et la société Minière de Bakwanga (MIBA) pour l’exploitation minière dans la périphérie de la ville de Kananga, notamment au village Nkonko.
Il a, en outre, déploré des affrontements sanglants qui se sont produits entre les habitants du village de Ntenda, situé dans le territoire de Dibaya, au Kasal-Occidental, et leurs voisins de Kamiji, au Kasaï-Oriental. Ces conflits, souligne-t-il, risquent d’avoir des conséquences fâcheuses si le Gouvernement central n’y prend pas garde.
Pour sa part, Aubin Minaku, député national de la circonscription d’Idiofa, dans la province du Bandundu, redoute le retour des pluies, qui risque d’aggraver la misère de la population dans une contrée où les routes de desserte agricole se trouvent dans un état de dégradation avancé. Selon ce député, sa « base » se montre encore « attentiste » face aux cinq chantiers du chef de l’Etat.
Blaise Ndongala/Marcel Tshishiku/Journal du Citoyen
Last edited: 17/09/2007 16:46:00