On l’attendait à Kinshasa avant le 15 septembre pour prendre part à la session ordinaire du Sénat.

La session a démarré, la date est passée, il n’est toujours pas de retour. Lui, c’est le sénateur Jean-Pierre Bemba Gombo, le challenger de Joseph Kabila au deuxième tour de l’élection présidentielle.
En séjour dans la ville de Faro au Portugal pour des raisons de santé, le président du Mouvement de Libération du Congo (MLC) attendait, selon ses proches, des garanties de sécurité de la part du président de la République, mais ce dernier renvoie plutôt la balle à la justice et au Sénat.
Alors qu’on croyait le terrain déblayé par Vital Kamerhe, le président de l’Assemblée Nationale, lors de sa dernière visite au Portugal, Joseph Kabila ne se sent pas lié par l’initiative du précité.
Au cours du point de presse qu’il a tenu le 13 septembre au Palais de la Nation, le Chef de l’Etat a tenu à lever toute équivoque : « J’avais dit effectivement que la question de Jean-Pierre Bemba, c’est entre deux institutions : la Justice et le Sénat. Est-ce une question entre l’institution président de la République et le sénateur Bemba ? Moi je ne le pense pas. Il y a la séparation des pouvoirs. Il y a d’autres institutions. C’est ça un Etat de droit. Il ne faut pas faire de moi un dictateur… Donnons une chance à nos institutions de fonctionner conformément à la Constitution. C’est tout. Il faut poser la question au président du Sénat… et pourquoi pas au Procureur Général de la République, soit encore au ministre de la Justice… ».
Le tête-à-tête Kamerhe–Bemba

On se souvient que le président de l’Assemblée Nationale avait rencontré, le 7 septembre dernier, le sénateur Jean-Pierre Bemba en séjour au Portugal depuis le 16 avril de l’année en cours. « J’ai voulu savoir dans quelles circonstances Bemba accepterait de revenir pour qu’ensemble et, en ayant comme objectif la cohésion nationale, il soit possible de reconstruire le pays », avait confié Vital Kamerhe à l’Agence France Presse.
Le président de la Chambre basse du Parlement s’était même montré rassurant au terme de l’entretien : « Jean-Pierre Bemba peut retourner au pays en toute sécurité. Il jouit de l’immunité parlementaire ».
Cette rencontre entre un proche de Kabila et l’ancien vice-président de la République avait été accueillie comme un signe de décrispation politique. C’est ainsi que le Bureau politique du MLC, par le biais de son Secrétaire général François Muamba, s’est félicité « du climat et de l’état d’esprit favorable ayant entouré cette rencontre ».
« Cette démarche représente une réponse favorable des autorités de la République aux appels, maintes fois réitérés, aussi bien par le sénateur Jean-Pierre Bemba que le MLC, pour une solution politique durable à la situation née des événements malheureux des 22 et 23 mars 2007 », avait estimé François Muamba dans une déclaration publiée par le Bureau politique de son parti le 8 septembre dernier.
Le suspense relancé

Au lendemain des affrontements entre la garde rapprochée de l’ancien vice-président de la République et des éléments des Forces armées nationales, le Procureur général de la République avait lancé un mandat d’arrêt contre Jean-Pierre Bemba pour « atteinte à la sûreté de l’Etat ». Il avait à la même occasion écrit au Bureau du Sénat pour solliciter la levée de son immunité parlementaire. Jusqu’ici, la réponse se fait attendre.
Joseph Kabila ayant renvoyé la balle dans le camp du Sénat et de la Justice, le suspense est relancé. La chambre haute du Parlement est appelée à se prononcer de nouveau sur une nouvelle prolongation ou non du séjour de Jean-Pierre Bemba à l’étranger.
Elle devrait également fixer l’opinion sur son dossier judiciaire en rapport avec les événements de mars 2007. Mais, jusqu’à présent, le retour du sénateur demeure incertain.
Jacques Kimpozo/Journal du Citoyen
Last edited: 18/09/2007 15:01:36