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Bonjour | 22/11/2008 12:35 | English Make DC Home page | RSS feed

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Les relations entre la République démocratique du Congo et ses voisins immédiats dont plus particulièrement l’Ouganda, l’Angola, le Rwanda et la Zambie, et dans une très moindre mesure le Congo/Brazza sont régulièrement perturbées par des incidents, pour partie, en raison des soutiens que les milices congolaises bénéficient des Gouvernements voisins, soit encore des contestations territoriales au sujet du tracé de la frontière. Entre la République démocratique du Congo et ses neufs voisins avec lesquels elle partage une longue frontière, les crises sont fréquentes, par la force des choses et du fait de la promiscuité découlant du partage du continent africain par les puissances coloniales en 1885.

Causes de crises à la frontière avec le Rwanda : l’exploitation des ressources naturelles par les soldats rwandais

Les crises qui surviennent entre la Rd Congo et ses voisins sont de plusieurs natures. Entre l’Ouganda, le Rwanda et la Rd Congo les raisons des crises latentes se situent au niveau des infiltrations des forces négatives qui opèrent le long de la frontière pour déstabiliser le régime congolais. L’insécurité qui a élu domicile en Ituri et au Nord-Kivu en sont la démonstration.

Les éleveurs Soudanais de la tribu Mbororo qui ont envahi le Nord de la province Orientale avec familles et bétails ont naturellement soulevé les protestations véhémentes de Kinshasa, sans toutefois provoquer des situations de crise entre les deux pays qui entretiennent des relations pacifiques et privilégie l’option diplomatique plutôt que les démonstrations militaires pour résoudre cette question.

Par voie de négociations assidues entre les « deux capitales les plus rapprochées du monde », l’écueil qui a fragilisé les rapports de bon voisinage entre Kinshasa et Brazzaville a été, depuis la fin du régime du maréchal Mobutu la menace récurrente constituée par la présence à Brazzaville des redoutables militaires de l’ancienne garde prétorienne de Mobutu.
Dans ce cas également, en huit ans de tension entre les deux capitales, aucun coup de fusil n’a perturbé la quiétude des habitants des deux villes sœurs, les politiques des deux pays ayant une fois de plus donné leur préférence au règlement pacifique de ce différend.

C’est éga    lement de la même manière qu’a été aplanie la crise qui a opposé la Zambie et la Rd Congo.

Dans tous les cas, les frontières entre la Rd Congo et ses deux autres voisins l’Ouganda et l’Angola restent celles qui posent le plus de problèmes, indépendamment de leur nature.

A deux reprises entre 1998 et 2001, Kigali a envoyé sur le sol congolais un corps expéditionnaire dans les confins des deux provinces du Kivu. Le pouvoir rwandais a, à ces deux occasions pris prétexte sur la présence en terre congolaise des anciens militaires hutus accusés d’avoir perpétré le génocide, alors que son régime, qui a soutenu la rébellion du Rcd à Goma cinq ans durant a été incapable de venir à bout des ex-Interahamwe et autres Fdlr qui infestent encore aujourd’hui les massifs forestiers montagneux du Nord-Kivu, commettant de pires exactions sur les populations rurales. Mais, à la vérité, personne n’est dupe de ce que les vraies raisons de la présence des soldats rwandais sur le sol congolais est d’un tout autre ordre : l’exploitation des ressources naturelles qui foisonnent dans ces parages.

Le Président Joseph Kabila s’est gardé de revenir sur ces raisons au cours de sa conférence de presse. Par souci de 
contribuer à l’apaisement en cours dans la région des Grands Lacs, sans doute.

La République démocratique du Congo qui privilégie le retour à la paix à toutes ses frontières le prouve maintenant, notamment en créant une « Commission des frontières » qui, comme l’indique son nom, a pour mission de s’attacher à la recherche, par voie des négociations, des solutions aux crises transfrontalières qui opposent notre pays à tous ses voisins.

Un intervenant au point de presse du Président de la République, qui a estimé que la Rd Congo « négocie toujours en position de faiblesse » s’est entendu répondre à juste  titre que « la Rdc ne négocie jamais en position de faiblesse, et que le Gouvernement, en ce qui concerne la diplomatie qu’il mène actuellement s’attache à donner plus de visibilité aux actions entreprises, alors que notre pays a été absente de la scène politique internationale au cours des quinze dernières années. Ce qui n’est plus le cas aujourd’hui ».

Joseph Kabila : « Les peuples de la région des Grands Lacs ont plus besoin de paix que de guerre » !

Le Chef de l’Etat a énuméré les unes après les autres les actions qui éclairent le cheminement qu’emprunte présentement la diplomatie congolaise.

D’abord au niveau de l’Afrique Centrale où, a-t-il dit, « l’objectif est de faire entendre la voie de la Rd Congo. D’abord à Brazzaville, puis en Angola, et ensuite en Afrique du Sud », où il s’était successivement rendu depuis le début de cette année, réactivant à chacune de ces étapes les Commissions mixtes qui régissent les rapports bilatéraux entre nos Etats respectifs. Toutes ces actions ont eu pour objectif, a affirmé le Président Joseph Kabila, « la consolidation de nos relations avec nos voisins ».

En tous les cas, Joseph Kabila est revenu à trois reprises, au cours de son entretien avec la presse sur une phrase qui donne la mesure de sa détermination à aller jusqu’au bout d’une logique qu’il veut implacable. « Ce que les peuples de la région des Grands Lacs ont le plus besoin, c’est de la paix et de la stabilité durables ». Parce que, dans son entendement et dans celui de toute personne sensée, seuls ces deux facteurs apportent les garanties nécessaires au développement durable. Joseph Kabila l’a souligné
dans sa conférence de presse en rappelant à cet effet que « ce dont nos peuples ont le plus besoin, ce n’est pas de guerre, paix de paix et de stabilité pour propulser le développement ».

Le Chef de l’Etat fonde beaucoup d’espoir sur la Commission des frontières pour la résolution de tous les différends frontaliers avec les voisins de la Rd Congo. Cette instance est déjà à pied d’œuvre. La veille du jour où  s’est tenu le point de presse présidentiel, le ministre d’Etat à l’Intérieur, à la Décentralisation et à la Sécurité, Denis Kalume Numbi, a eu  une séance de travail liée à la préparation des membres de cette Commission des frontières qui devra se rendre dès cette semaine à Bruxelles, en Belgique, pour récolter et recueillir un maximum d’informations à cette fin.

Il s’agit des experts crédibles de renommée internationale, dont des géographes et des juristes tant de l’armée que des universités qui devront se pencher sur la reconstitution des frontières physiques de la Rdc. Car, qu’il s’agisse des frontières avec la Zambie, de l’Angola, de l’Ouganda  ou des six autres pays limitrophes, seule l’implication des puissances coloniales pourrait aider à l’apaisement dans ces différends sur les frontières héritées de la colonisation, rendues intangibles par le Traité de l’Oua pris en 1964 à la création de cette institution continentale.

La Commission des frontières sera à tous points de vue un instrument efficace pour la délimitation exacte de la frontière lacustre au moment où la Rd Congo et l’Ouganda s’apprêtent à entamer des concertations avec la partie ougandaise en vue de l’exploration et de l’exploitation en, commun du pétrole sur le lac Albert.

Ce faisant, le Président Joseph Kabila paraît avoir pris, en amont, des précautions utiles quant à  d’éventuelles contestations pouvant surgir dans le futur au sujet du pétrole du lac Albert.

Entre Kigali et Kinshasa : d’abord la sécurisation de la frontière avant l’ouverture des ambassades

C’est cela, la vision exprimée par le Président Joseph Kabila à une question sur l’état des relations entre les deux capitales au lendemain de la visite à Kinshasa   du ministre rwandais des Affaires étrangères Charles Murigande.

Au cours de son séjour dans la capitale congolaise, le chef de la diplomatie rwandaise et son homologue congolais ont eu des entretiens qui ont fait un tour d’horizon complet sur les points de divergence qui opposent les deux pays.

A l’heure de la résolution de ces points, la partie rwandaise a, entre autres solutions, préconisé la reprise des relations diplomatiques par l’ouverture des ambassades des deux pays à Kinshasa et à Kigali.

Sans rechigner sur le fond, Joseph Kabila à qui un journaliste a demandé de donner son point de vue  sur ce sujet a répondu : « Personnellement, je pense qu’il vaut mieux, commencer d’abord par l’apaisement des esprits,  puis déboucher sur l’ouverture des ambassades ». Une façon de dire que le contraire serait une démarche tendant à mettre la charrue devant les bœufs. Tellement il serait insensé d’ouvrir les ambassades alors que les questions sécuritaires restent encore problématiques au niveau des frontières. L’empressement rwandais  cacherait-il une anguille sous la roche ?

Chi lo sa ! Seul l’avenir saura nous le dire.

Clément Vidibio/MMC

Last edited: 17/09/2007 17:31:25

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