Face au mouvement de grève constaté depuis l’annonce officielle de la rentrée scolaire 2007-2008, Solange Ghonda trouve que l’attitude des enseignants se justifie mais qu’il faut agir avec stratégie.

La grève des enseignants se durcit même si dans certaines écoles, les leçons ont débuté. Dans beaucoup d’autres écoles pourtant, les élèves chôment ou sont contraints de rentrer à la maison, suite au mouvement de protestation déclenché par les enseignants.
L’intersyndical des enseignants reste formel sur la question : «Pas de rentrée effective sans salaire décent et sans l’application de la gratuité de scolarité dans les écoles primaires ».
A ce sujet, l’ambassadrice des enfants Solange Ghonda a donné son point de vue. Selon elle, le comportement des enseignants se justifie, la rentrée des classes ne doit plus demeurer un casse-tête pour les enseignants et pour les parents par faute de moyens pécuniaires et s’accompagner de mouvement de grève par-ci par-là chaque année. Le gouvernement ne doit donc négliger aucun paramètre susceptible de résoudre ce problème. Car les retards accumulés sur le plan scolaire n’auraient pour effet que de fragiliser davantage la valeur des diplômes congolais.
Ainsi donc Solange Ghonda, soucieuse du sort des écoliers, suggère aux enseignants de maintenir leur grève mais sous une autre forme. Par exemple en donnant les cours, en organisant les tests scolaires normalement, mais sans pour autant publier les résultats des tests, tout en bloquant tous les bulletins ainsi que les feuilles d’examens et d’interrogations.
En contre partie, le gouvernement devra fournir plus d’efforts pour arriver à améliorer les conditions salariales des enseignants en appliquant graduellement le barème de Mbudi jusqu’à atteindre le plafond arrêté. Ceci essayant, bien sûr de respecter les paliers impartis.
Elle précise aussi que cette opération ne sera pas facile pour le gouvernement, mais avec un peu de volonté politique, les choses peuvent changer. L’opinion nationale et internationale se souviendra des exploits du feu président Laurent-Désiré Kabila qui avait pu dès son arrivée à la tête du pays, donner une solde de 100 $ US aux moins gradés dans l’armée nationale.
L’autre préoccupation concerne la gratuité de l’enseignement primaire. Solange Ghonda a bien exprimé son enthousiasme : «Ce serait un grand pas dans le cadre du développement de la RDC et la lutte contre la pauvreté, si notre pays s’alignait d’ici 2015 parmi les pays du monde où l’enseignement primaire est gratuit. Cependant, par rapport aux réalités socio-économiques du pays, ce serait de l’utopie de croire que cela peut se réaliser par un coup de baguette magique. Des coups de baguette, il en faudra plusieurs et énormément de baguettes pour arriver à la finalité ».
Cependant, l’ambassadrice Ghonda estime qu’au lieu de rester au stade du pessimisme, il vaudrait mieux commencer par les moyens dont on dispose. Par exemple si le gouvernement décidait d’assurer la gratuité le l’enseignement primaire en commençant par les enfants handicapés avec le soutient des Ong internationales pour la protection des enfants handicapés. Il peut aussi solliciter des crédits et orienter les dons internationaux pour soutenir la gratuité de la scolarisation de ces enfants tout en encourageant les écoles privées à inscrire des enfants handicapés par l’octroi d’une subvention. Ainsi peu à peu la gratuité pourra s’étendre graduellement jusqu’à toucher les autres structures de l’enseignement et nous aligner aux grands rendez-vous de l’an 2015.
En fin de compte, pour l’ambassadrice des enfants « Mbudi : oui, gratuité à l’école primaire : oui » mais encore faudra-il continuer à procéder avec des stratégies pour ne pas pénaliser les enfants, les parents ou les enseignants eux-mêmes qui sont aussi des parents en fin de compte.
Chrys Muzingu/MMC
Last edited: 15/09/2007 16:38:33