Selon d’autres opinions, la mesure prise récemment par le ministre de Transports et Voies de communication, clouant au sol plus d’une trentaine d’Antonov, n’est pas de nature à contribuer au développement économique de la République démocratique du Congo. Car, certains accidents se déroulent à la suite de mauvaises qualités d’infrastructures aéroportuaires.
L’une des lois de la dialectique matérialiste stipule que « tout se tient, tout influence tout ». C’est la loi de la connexion naturelle. Il suffit par exemple qu’un seul doigt soit blessé pour que le corps entier en ressente la douleur. Ce principe intervient également en économie où par effet d’entraînement, un secteur de la vie nationale peut favoriser ou bloquer le développement des autres branches.
En vertu de cette logique, le secteur des transports et voies de communication a un rôle déterminant à jouer dans la réussite des cinq chantiers qui justifient le quinquennat du Chef de l’Etat, Joseph Kabila, et pour lesquels il devra rendre compte au peuple congolais.
Voilà pourquoi toute décision dans ce secteur stratégique des transports doit être réfléchie et suffisamment mûrie pour éviter qu’elle ne produise des effets pervers sur la relance économique. La mesure prise récemment par le ministre des transports et voies de communication, qui cloue au sol plus d’une trentaine d’Antonov, ne semble pas obéir à cette logique.
En effet, réagissant aux deux terribles accidents d’avions russes qui se sont produits en Rdc dernièrement, le ministre Remy Henry Kuseyo Gatanga s’est emballé au point de frapper sans distinction aucune tous les avions de type Antonov.
Ceci tout en sachant que les deux derniers accidents qui ont secoués le pays ont pour cause les infrastructures aéroportuaires dont la responsabilité lui incombe et ne sont pas liés au type d’avions.
Point n’est besoin de rappeler, en effet, que l’avion qui a fait un crash à Goma s’est encastré dans un mur de lave qui devrait être depuis longtemps retiré de la piste de Goma.
Cet accident pourrait tout aussi bien arriver tous les jours avec un Boeing. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, il suffit que les condition météo se dégradent ou qu’une piste devienne glissante à cause de l’humidité pour que la même catastrophe qu’on a déploré se produise avec peut être cette fois une centaine de passagers à bord.
Quant à l’autre crash, il est le fait de surcharge occasionné à l’Est du pays par l’appât du gain que tous les avions pratiquent avec les minerais, situation qui, du reste, laisse indifférentes sinon complaisantes les autorités aéroportuaires pour des raisons que l’on connaît.
Là où on attendait des mesures salutaires allant, par exemple, dans le sens de la réhabilitation des infrastructures de la RVA, réaménagement des pistes et interdiction ferme de cargaisons honteusement lourdes, le ministre a choisi tout simplement des boucs émissaires.
De l’avis des experts de l’aéronautique, il s’agit là d’une simple diversion pour détourner l’attention de l’opinion sur les causes réelles de ces accidents. Autrement, comment expliquer que les avions Antonov de la Monuc ne soient pas concernés par cette mesure ou encore que l’avion Iliouchine de même technologie que les Antonov soient épargnés ?
Et comme si cela ne suffisait pas, le ministre des transports vient de créer une énième commission de contrôle alors qu’il y a 60 jours, les compagnies d’aviations ont été soumis au même exercice par une autre commission dont les résultats ont été validés par le Conseil supérieur de l’aviation civile, organe compétent en la matière.
De quoi se demander à quoi servent finalement ces contrôles si finalement les résultats seront remis en cause plus tard. Ce qui est évident, ce que ces prétendues commissions soutirent de l’argent aux compagnies d’aviation et risquent de pousser les entreprises moyennes à mettre la clé sous le paillasson. En effet, une compagnie moyenne qui possède 4 avions devra verser à cette commission 6.000 à 10.000 dollars Us.
Par ailleurs, il nous revient des sources fiables que cette fameuse commission est pilotée par un proche parent par alliance du ministre, un pilote dont la licence n’est plus en cours de validité et qui n’a plus volé depuis 10 ans. En outre, sur les 12 membres de cette commission, deux seulement ont l’expertise en la matière d’aéronautique.
Quel crédit peut-on accorder aux travaux d’une telle commission qui de par sa composition n’a aucune compétence pour produire une évaluation technique valable. Question qui devrait pousser le premier ministre Antoine Gizenga à ouvrir l’œil et le bon.
LPM/La Prospérité
Last edited: 13/09/2007 18:46:01