Deux mois après la sortie de son album « Le chant de mon cœur », Nana Lukezo a présenté cet opus aux journalistes, au cours d’un point de presse qu’elle a animé à Bruxelles en Belgique en compagnie de son époux et manager Jean- Claude Tshikangu.

Mama na (la mère de) Quentin Lael Charles a évoqué les conditions difficiles dans lesquelles elle a réalisé cette œuvre et a fustigé le comportement des hommes des médias et aussi des pouvoirs publics qui, selon elle, n’accordent pas une attention à la musique chrétienne. La fille de notre ex confrère et feu le Pasteur Lukezo lua Nsi n’a pas aussi oublié de saluer la mémoire de Charles Mombaya qui fut l’un de ses maîtres.

Tout a commencé par le mot introductif  de M.Gustave Ngoyi dit Mitch Mitchinini, manager des artistes chrétiens.  Après les remerciements d’usage et sans oublier de présenter ses salutations aux journalistes, il a présenté à la presse le nouvel opus de 12 titres « Le chant de mon cœur » de Nana Lukezo en commentant qu’il était l’un des meilleurs albums actuellement sur le marché du disque congolais, notamment de la musique chrétienne en ce premier trimestre de l’année 2007.

A cet effet, il a évoqué l’article d’un confrère relatif à cet album qui souligne : « Nana Lukezo est une artiste d'origine congolaise, qui évolue dans un style "Afro - rumba - spirituel". Sans cesse à la recherche d'innovations artistiques, aimant explorer divers horizons musicaux, Nana nous offre avec "Le Chant de mon cœur", un album de louange, riche, aux paroles sincères et profondes, sur des mélodies chaloupées invitant à la joie et à la danse. A découvrir sans attendre ! »

Il a ensuite expliqué en ce qui  concerne l’appréciation d’un album, des critères qui selon lui devront être pris en compte. Il s’agit, a-t-il dit, de la  qualité musicale, de la qualité du message, de la  qualité du packaging (livret, pochette...) ainsi que l’adéquation avec le marché (attentes du public...)

Pour le manager Mitch Mitchinini, Nana Lukezo  peut être considérée comme la voix qui manquait à la musique congolaise depuis la disparition de la très regrettée M’pongo Love, à cause de sa capacité d’interprétation en particulier dans la chanson « Elykia na ngai ».

C’est après cette intervention que l’artiste s’est prêtée volontiers au jeu des questions et réponses avec les journalistes en  leur répondant sans détours et en donnant des explications, relatant des anecdotes vécues lors de la réalisation de cet opus.

En ouverture, elle a répondu à la question qui consistait à savoir comment elle gérait son temps entre sa carrière musicale et sa vie de famille, (rappelons que Nana Lukezo est mariée et mère de 3 enfants ; Jériel 6 ans, Nathan 4 ans et Quentin-Lael Charles qui à peine deux mois (Ndrl nous sommes au mois de juillet).

« Mes différentes tâches et la joie avec laquelle je m’y emploie pour les faire, même si cela  n’est pas toujours facile mais  je les fais en m’efforçant d’être la femme vertueuse dont parle la Bible dans le livre des Proverbes 31, 10 », a-t-elle précisé.

Au sujet de son album réalisé par Michel Lorentz à Paris, elle s’est étendue sur les difficultés qu’elle a rencontré dans sa réalisation en relevant les fausses promesses de certains producteurs tout en  racontant aussi une anecdote marrante, le fait qu’il passé la nuit à la belle étoile … « Nous devrions loger  chez le couple Manzila à Ris-Orangis, nous attendions sur le parking alors que le couple Manzila, nous attendait au « Temple » chez des amis. Nous avons attendu jusque vers minuit, une heure du matin. Quand nous nous sommes décidés d’aller à l’hôtel, il était trop tard pour trouver une chambre et voilà comment nous avons passé la nuit à la belle étoile. Alors que le lendemain, j’avais des prises de voix à réaliser en studio. D’Où, je me suis pointée au studio avec une voix enrouée et sèche, j’ai dû faire avec … »

S’exprimant sur le choix du titre de l’album, elle a précisé : « …J’ai fait cet album avec tout mon cœur. Comme si c’était mon premier album, j’y ai mis tout ce que j’ai comme capacité. Voilà pourquoi lors du choix du titre de l’album, nous avons décidé de l’intituler ainsi.  Donc,  c’est une expression de reconnaissance à Dieu pour tout ce qu’Il est ».

« L’aptitude que j’ai à chanter différents styles, je la dois au grand nombre d’artistes avec qui j’ai travaillé au début de ma carrière, il y a les frères Joël Mbumba, Aimé Nkanu, surtout et encore celui qui restera dans mon cœur  toujours papa Charles Mombaya ». Nana Lukezo a aussi expliqué les raison de son absence aux veillées organisées en hommage à celui qu’elle appelle affectueusement papa Charles, …  « j’ai appris la nouvelle de la disparition de papa Charles le dimanche 20 mai 2007  vers la fin des après midi et le lundi 21 mai vers 4h du matin je donnais naissance à mon troisième fils Quentin-Lael Charles. Donc durant toute cette période de deuil,  j’étais à la maternité, voilà pourquoi, je n’étais pas là ».

Toutefois elle a  précisé : «  bien qu’étant à la maternité, j’ai été sollicitée pour des interviews à la radio, notamment par votre confrère Botowamungu avec qui nous avons fait un direct au téléphone à partir de Nantes. »

Pour Nana Lukezo, les mélomanes presse a accueilli ce nouvel opus, comme une œuvre artistique bien présentée de la conception graphique réalisée par Adneyd Images à Paris, au contenu qui est empreint d’originalité et non comme le font plusieurs autres artistes qui se livrent à des plagiats d’œuvres déjà existantes, des textes profonds qui ne sont pas une juxtaposition des versets bibliques.

Nana Lukezo n’a pas manqué de fustiger la presse pour son manque d’intérêt pour la musique chrétienne …  «  le journaliste aujourd’hui, n’est plus à la recherche de l’information,  préférant se contenter des bruits de couloir, des « on dit ».

Aujourd’hui, s’est-elle interrogée,  quelle est la  place de la musique chrétienne dans les médias ? Je vous signale que la sœur L’Or Mbongo a rempli de nombreuses salles en Europe où un grand nombre de nos confrères de la musique des variétés ont fait le  vide, évoquant à ce sujet l’exemple de la salle du Théâtre St Michel à Bruxelles. Elle a aussi parlé de José Nzita. A place de la musique chrétienne qui élève l’homme, la presse préfère privilégier celle qui consacre  la dépravation des mœurs, l’avilissement de la femme, …

Elle n’a pas épargné l’autorité étatique en soulignant : « en ce qui concerne le gouvernement congolais que fait- il pour les artistes chrétiens ? Ne sommes- nous pas tous artistes congolais ? L’Amcc ,(Association des musiciens chrétiens du Congo) existe voilà bientôt une vingtaine d’années, mais sans subside de l’Etat, encore moins de notre ministère de tutelle.  Mais lorsque celui –là insulte celui-ci, cela fait la une des journaux, que donnons nous au peuple ?»,  a poursuivi l’artiste.

L’album étant réalisé à Paris, nous constatons, qu’à part la sœur Dorcas Kaja, Nana Lukezo n’a pas fait intervenir d’autres artistes de Paris, cela dénoterait –il d’un climat conflictuel ?  Non,  a répondu l’artiste, seulement, Nana Lukezo est difficile à chanter, il faut vraiment me connaître pour pouvoir chanter avec moi, il y a certaines subtilités dans ma façon de faire les choses qui ne sont  pas facile à maîtriser. Dorcas, cela fait plusieurs années que nous travaillons ensemble, donc elle me connaît bien et nous arrivons à harmoniser nos voix rapidement. Dès que je chante, elle sait ce qu’elle doit faire. Donc voilà et à 750€ par séance au studio, vous comprenez que je devais faire très vite, au regard du budget dont nous disposions ».

L’artiste a parlé de sa conception  de la musique en affirmant : « Nous ne devons pas faire de discrimination entre artistes pratiquant la musique chrétienne ou des variétés, … Je conçois que chacun puisse avoir ses opinions et je l’accepte, mais il ne faudrait pas considérer la musique chrétienne comme une sous musique. Elle a beaucoup perdu au détriment de la musique de variétés, favorisée par les médias, par le ministère de la Culture, … la musique chrétienne manque des moyens mais réalise de grandes choses… nous avons aussi besoin des subsides et autres avantages comme les autres artistes ».

Revenant sur Charles Mombaya, elle reconnu: « il  a été pour moi un tremplin, il m’a permis de pouvoir me dépasser, j’ai pu m’épanouir grâce à mes contacts avec lui. J’ai développé des facultés d’improvisation de chants avec papa Charles, quand nous participions dans ses albums. Non seulement il nous mettait en valeur, mais nous donnait l’opportunité de nous exprimer et de nous faire remarquer. C’est comme ça que grand nombre d’entre nous ont  pu nouer des contacts avec des producteurs, des distributeurs. Il n’a pas seulement servi la musique chrétienne, mais il s’est investi  personnellement dans cette musique en contribuant largement à son expansion. Il a mis à la disposition des artistes chrétiens des moyens ultra modernes de production. C’est une grande perte pour la musique chrétienne en particulier et la musique congolaise en général, c’était un rassembleur, nous ne le dirons jamais assez».

Avec beaucoup d’émotions, Nana Lukezo a ajouté au sujet de feu Mombaya Masani : « Le plus beau souvenir que je garde de papa Charles c’ est le jour de mon premier grand concert à Kinshasa au Cinémax. A l’époque il était rare qu’un artiste se produise dans ce cadre. Je crois même que c’était si pas le premier en tout cas  l’un des premiers concerts d’un artiste musicien chrétien dans cette salle. Il est venu me soutenir et à l’occasion, il a chanté « Tu es ma vie », l’une de ses plus beaux chants. Ce n’est seulement ça. Il m’a fait un cadeau extraordinaire, la réalisation des vidéo clips de mon premier album « Jésus ma Référence » de manière gratuite dans son studio Asifiwe. En tout cas c’est le plus beau souvenir que je garde de papa Charles …il y en a d’autres mais en tout cas celui là reste le plus beau souvenir… ».

Pour sa part, ne prenant que très peu la parole, M. Jean-Claude Tshikangu qui est à la fois époux, manager, auteur-compositeur et producteur de Nana Lukezo a profité de cette rencontre pour attirer l’attention des participants sur le phénomène de la piraterie des œuvres des artistes congolais.

Ainsi ,a-t-il lancé un appel à la mobilisation contre ce fléau, car, a-t-il dit ce sont les artistes qui en pâtissent en dénonçant que ce sont nos frères congolais qui achètent ces produits piratés.

Bon succès à l’album  « Le chant de mon cœur », qui est d’une qualité irréprochable et qui peut être entendu.

BT/MMC