Bras de fer syndicats de l’EPSP-Gouvernement : les enseignants radicalisent la grève
Kinshasa, 12/09/2007 / Politique
Réunis mardi à Matete, les enseignants ont décidé de ne pas reprendre la craie tant que le gouvernement n’aura pas répondu à leurs exigences.
Les enseignants grévistes ont électrisé, mardi 11 septembre 2007, la salle paroissiale St Alphonse de la commune de Matete à l’occasion de l’assemblée générale extraordinaire conjointe tenue par le Syndicat des enseignants du Congo (Syeco) et le Syndicat des enseignants des écoles conventionnées catholiques (Synecat). Une foule nombreuse d’enseignants a été présente au rendez-vous pour exprimer leur ras-le-bol à l’endroit du gouvernement qui reste indifférent aux préalables posés.
Quelques chansons ont été entonnées pour agrémenter la salle notamment « yawe, yawe sala, yawe sala Biko akufa sala (seigneur, seigneur, rappelle auprès de toi Biko ». Les enseignants ont imploré le Dieu tout puissant à venir prendre l’âme, de leur bourreau, l’Abbé Biko.
Le secrétaire général du Synecat, M. Jean-Bosco Puna, a félicité les enseignants de la ville de Kinshasa et ceux de l’arrière pays pour avoir suivi le mot d’ordre de grève. Il les a invités à demeurer constants, car, la cause défendue « est juste et fondée ». Il a noté que plus de 98% d’écoles ont respecté le mot d’ordre de grève à travers le territoire national. C’est ainsi qu’il a invité tout le monde « à ne pas céder aux menaces des assassins du peuple ».
Pour sa part, le secrétaire général du Syeco Jean-Pierre Kimbuya, s’est attardé sur les lois qui régissent les syndicats en République démocratique du Congo. Il a indiqué qu’aucun texte ne stipule que la grève doit se faire au lieu de travail.
Deux responsables des comités de parents de la ville de Kinshasa sont venus encourager les enseignants. Le premier, M. Steve Diatezua, président provincial de l’Anapeco ville de Kinshasa, a déploré la division au sein de la communauté enseignante et a demandé aux enseignants de rester unis.
De son côté, le représentant provincial de l’Association des parents d’élèves des écoles conventionnées catholiques, M. Mangoyo Kemba, a indiqué qu’étant élu des parents, il a fait savoir que les parents ne sont plus disposés à prendre les enseignants en charge. Il a invité le gouvernement au dialogue pour mettre fin à la crise qui secoue l’EPSP.
Ainsi, après le tour d’horizon, les enseignants ont noté qu’après une semaine de non reprise de travail dans le secteur public de l’EPSP, les deux syndicats ont constaté le refus du gouvernement de résoudre la crise, campant ainsi sur sa positon en utilisant la politique d’usure.
Face à cette attitude non démocratique, les enseignants de Kinshasa solidaires de ceux des provinces décident la radicalisation de la grève dans le secteur public de l’EPSP sur toute l’étendue du territoire national à partir de ce mardi 11 septembre 2007 et ce, jusqu’à nouvel ordre.
Ils invitent les églises et les parents congolais à ne pas conforter le gouvernement dans son attentisme qui menace l’avenir de la jeunesse et de l’éducation en République démocratique du Congo. Ils demandent aux parents d’élèves de garder leurs enfants à la maison pour éviter des accidents inutiles.
Quant aux enseignants, l’assemblée leur rappelle que leur employeur reste et demeure l’Etat congolais. Ils doivent cesser de s’accrocher aux parents car, ces derniers ne sont plus disposés à exercer les fonctions dévolues au gouvernement. « Ce serait une erreur fatale et un suicide par rapport à la carrière enseignante », ont fait savoir les enseignants.
Le Syeco et le Synecat restent fidèles aux desiderata de leurs affiliés et sympathisants de toute la République et n’attendent qu’un dialogue sincère.
Prosper Bioto/La Référence Plus
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