L’album « Kimbanda Nzila » de Shiko Mawatu produit par iMak Entertainment et Tabilulu Productions rappelle les vieux souvenirs de Franco Luambo Makiadi.
L’album « Kimbanda Nzila » de Shiko Mawatu sorti au mois d’avril rapproche cet artiste de Luambo Makiadi et le fait entrer dans la lignée de Madilu comme l’un des descendants spirituels du patron du Tp Ok Jazz.
Sa guitare, l’ensemble de l’orchestration et même de la thématique dans son album rappelle plusieurs souvenirs de Franco.
Il n’y a pas de doute à cela. Nous avons à le constater car nous avons eu la chance de goûter aux délices de cet opus de 11 chansons.
D’abord au sujet de l’orchestration, la guitare notamment, ce musicien ressuscite le Grand Maître Franco. La seule différence est que le patron de l’Ok Jazz grattait la guitare en même temps qu’il chantait aussi. Même si Shiko n’est pas lui-même au micro, le style dans l’écriture des chansons et la manière de les interpréter reste le même. Mais en écoutant « Kimbanda Nzila » l’on croirait aussi que l’on est servi du Madilu ou encore du Tabu Ley, du groupe Kekele, de Bana Ok.
Ce n’est pas tout, conscient de la diversité qui caractérise la musique, il pense aussi à la jeunesse qui de plus en plus, à cause de Blanchard de Plaisir, Fally Ipupa, Koffi Olomide, Ferre Gola …, s’intéresse à la rumba, connaît toujours « l’envoûtement » de son « Ndombolo ».
On le remarque particulièrement dans le générique de cette œuvre qui occupe la 5ème position de l’album et qui a donné le titre phare à son album, c'est-à-dire « Kimbanda Nzila ».
Chanté en « Kimbala », une langue du Bandundu en République démocratique du Congo (Rdc), cette chanson a tout des orchestres jeunes de ce pays, notamment de Quartier Latin en ce qui concerne le rythme. Pour atteindre son objectif, l’artiste a su jongler avec les danses et cris d’animation en vogue comme « E sua, e sala pasi ; Kuanza munu awa ; Kisanola… ». Mais il exploite aussi d’autres cris qui ne sont pas célèbres à Kinshasa. C’est le cas de « Mas a yakunua ve, masa ya kuyobila ». Question de séduire cette catégorie de personnes qui constituent la majorité des consommateurs de la musique.
Certainement c’est la raison pour laquelle Shiko associé à la réalisation de ce projet de jeunes musiciens des chanteurs mais talentueux parmi lesquels Malage de Lugendo, un ancien de Ok Jazz qui est aussi passé par Ok Jazz et de Zaïko, Baby Ndombe le fils de Ndombe Opetun, aussi ancien musicien de Ok Jazz, mais lui –même transfuge de Wenge Mmm. Sans oublier Lucien Lucien Bokilo, Nguma Lokito, ancien guitariste de Anti Choc et autres.
Sur les 11 titres que compte « Kimbanda Nzila » 4 sont sur des clips : « Ntaba ya Bandundu, Moziki, Kibanda Nzila, Afrique ». Ces œuvres sont accompagnées par une sorte de bonus, un « documentaire » et une interview de l’auteur que le producteur propose aux mélomanes. Les autres titres sont « Terminus, Lavandier, Un Etat dans un Etat, Didi, Afrique.
Il faut reconnaître que ces clips sont d’une qualité indiscutable aussi bien en ce qui concerne les sites choisis pour leur tournage et aussi le montage. Donc Kimbanda Nzila est un coffret qui contient un Cd et un Dvd avec un livret qui donne des détails sur les artistes qui y ont pris part et qui présente brièvement le contenu des chansons.
A l’instar de Franco, Shiko peint la société. Sa chanson « Ntaba ya Bandundu » est l’histoire de l’infidélité (le Tshibau) d’une femme, Hélène qui déçoit son amant par sa méconduite. Celui- ci lui colle tous les qualificatifs : Barabas, « Pulu- pulu » (Diarhée), Abomination. Cette chanson, à cause des sons, rythmes de la guitare, rappelle « Mamou » de Luambo Makiadi que ce dernier a interprété avec Madilu.
Dans « Kupanda », l’auteur dans l’Afro cubain en offrant aux mélomanes une bonne sauce de charanga, sans oublier de faire l’éloge de certains individus dont son producteur.
Dans « Moziki », dans un air de la rumba à la Franco, il décrit l’ambiance qui règne dans les associations des femmes (mais aussi parfois des hommes) mais qui dans le contexte de son œuvre, est à la base des remous dans un couple.
Erreur donc à tous ceux qui croient que Franco est parti avec sa musique ou encore avec la rumba est « morte » avec la disparition Madilu car Shiko dans son « Kimbanda Nzila » perpétue en tout cas son style, son école.
iMak Entertainment et Tabilulu Productions n’ont donc pas eu tord de le produire car il s’agit d’une œuvre de haute facture. Mais sa seule erreur, c’est de ne pas commercialiser cette oeuvre à Kinshasa bien que celle-ci connaît une bonne vente aux Usa.
Bt /MMC
Last edited: 11/09/2007 16:24:47