Déjà 160 décès sur 352 cas en quatre mois à Mweka au Kasaï Occidental. Le pays entier est menacé d’une contagion généralisée.

352 cas dont 160 morts, tel est le bilan macabre d’une épidémie qui sévit depuis plus de quatre mois dans la province du Kasaï Occidental. Le ministre de la Santé du gouvernement central a confirmé hier que l’épidémie qui a déjà tué 160 compatriotes est bel et bien la fièvre hémorragique Ebola.
Ce virus mortel a été attesté par des médecins d’un grand laboratoire de France-ville au Gabon. Jusqu’il y a peu, seule la zone de santé de Mweka était frappée par ce fléau, mais tout récemment deux cas viennent d’être signalés, dont l’un à Kananga et un autre dans la localité de Bena Leka, toujours dans la province du Kasaï Occidental.
Approché par la presse, le Dr Fortunat Ntumba Tshitoko, ministre provincial de la Santé, a indiqué que ce fléau se communique de plusieurs façons. Notamment par les postillons et éternuements. Ainsi donc, pour éviter toute contagion, finis les contacts du genre salutations, embrassades. C’est ce qui est grave, car autrement dit, il va falloir obliger les gens de se munir des scaphandres ou des habits spéciaux généralement réservés aux astronautes.
Le ministre provincial de la Santé a tout de même recommandé aux habitants d’observer scrupuleusement certaines règles d’hygiène. Notamment se laver les mains au retour des toilettes, de ne pas garder des malades présentant les symptômes de cette épidémie dans les maisons, les lieux publics et de culte et surtout de désinfecter l’intérieur et l’extérieur des installations où l’on garde les animaux domestiques.
On rappelle que des échantillons prélevés par des experts du ministère de la Santé ont été expédiés aux Etats-Unis d’Amérique et à Kinshasa dans le but de procéder à l’identification des éléments porteurs des germes de cette épidémie. Ce sont les échantillons qui ont permis aux spécialistes de constater qu’il y a bel et bien de fièvre Ebola. Ce qui permettra d’envisager une thérapeutique à même de soulager et de sauver certains malades.
Le pays entier sous la menace d’une contagion généralisée
Comme le Kasaï occidental est situé au centre du pays et que les mouvements des populations s’effectuent souvent vers la capitale politique et les autres villes de la République, il est fort à craindre que cette épidémie se répande à travers toute la République dans un laps de temps assez court. Les vols d’avions en partance ou à destination de Kananga sont si fréquents que les risques de contagion sont évidents. Etant donné que la contagion se fait par des simples contacts physiques si l’on en croit le Dr Ntumba Tshitoko.
Comme d’habitude, les autorités du gouvernement central semblent négliger ce danger et ne se réveilleront que lorsque cette épidémie aura causé des dégâts énormes parmi les populations innocentes et abandonnées à elles-mêmes. La vitesse de contagion se remarque par le nombre des victimes qui a atteint le chiffre macabre de 160 morts en l’espace de 18 semaines uniquement dans la zone de Mweka.
(Th)F.M./Le Phare
Last edited: 11/09/2007 15:34:45