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Nyboma toujours optimiste

Kinshasa, 10/09/2007 / Musique
Nous faisions l’art pour l’art. On ne visait pas le ma­tériel. De nos jours, le fac­teur commercial est prédo­minant. En plus, les stars congolaises sont sponsorisées par des sociétés brassicoles et de té­léphonie cellulaire, etc. Impérial dans les années 70 et 80, Canta Nyboma a trôné dans plusieurs orchestres, Baby National, Negro Succès, Lipua Lipua, Bella Bella, etc. Depuis un quart de siècle, il tente une percée en Europe. Après la disparition de son ami Madi­lu, l’artiste séjourne encore à Kinshasa. Son étoile a-t-elle pâli ? Quels sont ses souvenirs aux côtés du disparu? Curiosité oblige, nous l’avons donc « malmené » pour pénétrer ses secrets. Voici ses réponses à nos questions.

Le Phare : Des artistes mu­siciens arrives au bout du rouleau s’installent en Euro­pe. Etes-vous de cet avis?

Nyboma : A la fin des an­nées 70, les Kamalés se signalent avec des titres comme Andoya, Masudi. C’est ce moment que choisit Sam Mangwana pour demander a certains ténors de Kamale de le rejoindre à Lomé. Et là, nous avions trouvé Bopol Mansiamina, Syray Mbenza et consorts. Sam et Dizey Mandjeku se trouvaient à cette époque à Abidjan. Vers 1980, j’ai réalisé « Doublé Doublé ». Ce disque s’est vendu comme de petits pains. L’éditeur de « Doublé Doublé » m’a dis­suadé de regagner le pays. Au terme d’une tournée afri­caine qui nous avait conduit au Gabon, Bénin, Ghana, Côte d’Ivoire, Mali, etc. Moi, Bopol; Syran Mbenzà et un peu plus tard Wuta Mayi, avons alors décidé de nous installer en Europe.

Vous avez fait danser les mélomanes dans les an­nées 70 et 80. Aujourd’hui, c’est une autre génération qui est au top. Regrettez­ vous ce passé glorieux ?

Non. Un enseignant doit se flatter de voir un de ses élèves émerger ou de­venir une célébrité politique. L’enfant devenu grand, doit quitter le toit paternel pour mieux s’épanouir.

Qu’est ce qui vous dif­férencie de jeunes stars ?

Nous faisions l’art pour l’art. On ne visait pas le ma­tériel. De nos jours, le fac­teur commercial est prédo­minant. En plus, les stars congolaises sont désormais sponsorisées par des sociétés brassicoles et de té­léphonie cellulaire, etc.

Madilu était un de vos meilleurs amis. Comment est née cette amitié ?

Vous savez qu’il avait créé Mayopi avec le con­cours de Yossa et Pindu. A une certaine époque, lui et ses amis ne se produisaient plus sur scène. Il a alors toqué à la porte de Lipua Li­pua. Au même moment, les ténors de Bakuba Mayopi apprirent qu’ils étaient invi­tés au Gabon. « Nyboma, me confia-t-il, je ne suis jamais monté à bord d’un avion.

Entre-temps, Verckys ve­nait de satisfaire à mes exigences. C’est la raison pour laquelle j’ai commence à prester dans Lipua Lipua. Dois-je rester à vos côtés où aller au Gabon ? « A cette question, je lui répondais qu’il était libre de choisir la filière gabonaise. Depuis cette époque, notre amitié n’a jamais pris des rides.

Je me trouvais en Allemagne avec d’autres sociétaires de Kekele quand il est décédé. J’ai alors tout arrêté et est descendu en catastrophe à Kin. Je garde de lui l’image d’un ami pré­férant détendre l’atmosphè­re avec des plaisanteries. C’était un amuseur né.

(Ern.)

Jean-Pierre Nkutu/Le Phare

Last edited: 10/09/2007 18:45:18

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