« Je me lance comme défi de faire connaître la musique gabonaise aux Congolais. Pour cela, je compte amener des artistes gabonais à Kinshasa pour faire des "featuring" avec des artistes congolais. Ça sera une occasion de promouvoir cette musique».
La rumba congolaise, les anciens succès de la musique de la RDC sont le credo de son émission « Elengi ya mbonda » sur Radio Génération Nouvelle 94.7 FM à Libreville au Gabon, mais son nouveau cheval de bataille est la promotion de la musique gabonaise à Kinshasa. Frédéric Lumumba Matodi, qui n’a aucun lien de parenté avec la famille Lumumba mais à qui son père a donné, à la naissance, ce nom en mémoire du héros national, se veut le héraut, l’ambassadeur de la musique de son pays d’adoption. Il s’en est ouvert à Afriqu’Echos Magazine (AEM)
AFRIQU’ECHOS MAGAZINE (AEM) : Comment se porte la musique gabonaise ?
Frédéric Lumumba Matodi (FLM) : La musique gabonaise se porte plutôt bien. Les Gabonais font de la musique aussi bien que les Congolais, les Ivoiriens ou les Camerounais.
AEM : Pourquoi cette musique ne s’impose-t-elle pas à l’extérieur depuis le succès d’ "Aïda" ou "Bane" de Oliver Ngoma ?
FLM : C’est tout simplement par manque de producteurs et de managers capables d’investir des moyens conséquents. Les artistes musiciens se prennent eux-mêmes en charge pour enregistrer et produire leurs œuvres. Personnellement, je trouve que ces oeuvres sont de très bonne qualité artistique, mais elles ne franchissent pas les frontières.
AEM : Quels styles de musique font-ils ?
FLM : Ils font tout : de la rumba au rap en passant par la world music, le zouk, le folklore, le jazz, le Rnb, le Hip Hop.
AEM : La musique congolaise a-t-elle toujours la cote au Gabon ?
FLM : Les Gabonais raffolent de la rumba congolaise et les musiciens gabonais l’exécutent à la perfection.
AEM : Quelles sont les vedettes congolaises les plus connues des Gabonais ?
FLM : À part Franco et Tabu Ley, il y a Koffi Olomide Papa Wemba, J.B. Mpiana, Werrason, Wazekwa, Mbilia Bel et Tshala Mwana.
AEM : Qu’en est-il alors de Fally Ipupa et Ferre Gola ?
FLM : Fally est connu des Gabonais et son album marche très bien. Quant à Ferré, il n’est pas assez connu faute de promotion. J’avais tenté d’approcher son staff pour leur parler, mais ils n’ont rien compris. Ils m’ont semblé très amateurs.
AEM : À part la radio, que fais-tu d’autre ?
FLM : Je m’occupe de la promotion des orchestres et artistes congolais et gabonais. J’ai fait produire Werrason plusieurs fois au Gabon. J’ai amené des artistes gabonais à Kinshasa pour leur promotion. Et d’ailleurs, je suis en pourparlers avec Werrason pour un concert au profit de la Fondation "Horizons nouveaux". Ça sera un concert gratuit pour les enfants démunis et Werrason a déjà donné son accord de principe.
AEM : Pourquoi particulièrement Werrason ?
FLM : J’ai longtemps travaillé avec Werrason et il a toujours respecté ses engagements et reste quelqu’un de très coopératif.
AEM : Des projets d’avenir ?
FLM : Je me lance comme défi de faire connaître la musique gabonaise aux Congolais. Pour cela, je compte amener des artistes gabonais à Kinshasa pour faire des "featuring" avec des artistes congolais. Ça sera une occasion de promouvoir cette musique.
AEM : Un mot pour clore cet entretien.
FLM : Je remercie votre magazine Afriqu’Echos pour tout ce qu’il fait pour la promotion de la culture africaine.
Herman Bangi Bayo/AEM/MMC
Last edited: 05/09/2007 14:20:03