Le mot d’ordre de grève lancé le week-end par le SYECO (Syndicat national des enseignants du Congo) a été observé lundi sur toute l’étendu de la ville de Kinshasa où seul les élèves des écoles privées ont pris leur premier contact de l’année scolaire 2007-2008 avec leurs moniteurs, a-t-on constaté.

Selon la taille et le réseau de l’école, nous avons fait le constat suivant, au cours de notre ronde hier dans les écoles : pas d’élèves du tout, très peu d’élèves ou beaucoup d’élèves pour les grandes, quelques enseignants pour certaines écoles, beaucoup pour d’autres, mais tous assis ou debout par petits groupes discutant de leur sort, surtout de salaire du mois d’août qui n’est pas encore payé à plusieurs d’entre eux.
Devant ce tableau pour le moins inquiétants, il faut reconnaître que la rentrée n’est pas effective. Les enseignants trouvés dans les écoles, affirment respecter le mot d’ordre de leurs syndicats, à l’image de ce professeur du Collège St Théophile de Lemba que nous avons rencontré devant l’ordinateur à la bibliothèque et qui a requis l’anonymat : « Chez nous, le mot d’ordre est aussi à la lettre. Les Syndicats ont eu raison, d’ailleurs, c’est la base que sont les enseignants qui leur a donné mandat.
Après avoir constaté que les enseignants ont été roulés dans la farine, le mot d’ordre est respecté sans faille. Si les élèves viennent les jours suivants, nous, nous sommes en grève, il vont nous trouver assis comme tu le constates là-bas dans la cour de l’école comme le veut la loi. Nous de St Théo, nous sommes certes payés pour le mois d’août, mais quel salaire ! De quoi faire rire une vache ».
A l’Institut littéraire Mokengeli, si tous les enseignants ont été présents, loi oblige, il n’en était pas le cas pour les élèves. Juste une vingtaine sur plus ou moins 1.000 élèves, effectifs officiels. Nyamadjoni, élève de 4ème littéraire, explique à L’Observateur pourquoi elle est arrivée à l’école. Hier, le ministre est passé à la télévision et a annoncé que la rentrée scolaire, c’est pour aujourd’hui le 3 septembre. Je respecte la parole du ministre. Je ne connais pas les syndicalistes ».
Le spectacle était quelque peu différent au Lycée Mpiko de la même commune, où beaucoup d’élèves ont été trouvées dans les salles des classes, pendant que les enseignants fouettaient d’autres chats à l’extérieur. Une élève s’est confiée à L’Observateur : « Nous voulons étudier. Il faut que le gouvernement prenne les choses au sérieux. C’est la jeunesse qui va diriger le pays demain. Le gouvernement doit prendre en charge les enfants, ce n’est pas la tâche des parents. Si les parents doivent payer, il faut que ça soit un montant revu à la baisse. Nous sommes persuadés que le gouvernement finira par arranger la situation des enseignants pour que nous ne rations pas l’année. Les autorités sont mieux payées que les enseignants qui les ont formées. Dommage ! ».
Situation identique à l’intérieur
Grève à Kinshasa, grève également dans toutes les provinces du pays. A l’Equateur, malgré l’ouverture solennelle par le gouverneur José Makila de l’année scolaire 2007-2008, très peu d’élèves et à peine quelques enseignants se sont présentés dans les écoles.
A Matadi, selon les écoles, soit les chefs d’établissements seuls, soit avec les enseignants sans élèves, soit avec les élèves sans enseignants.
A Kikwit, les enseignants ont fait hier un sit-in devant la mairie de la ville, non pour observer la grève, mais pour réclamer leurs salaires afin de préparer la rentrée scolaire de leur progéniture, note Radiookapi.net. La même source indique qu’à Goma et à Butembo, Si les écoles privées ont ouvert leurs portes, les écoles publiques ont observé le mot d’ordre du Syeco et du Synecat.
Alors que dans la province Orientale, continue la même source, si quelques élèves se sont présentés à l’école, aucun enseignant n’a été aperçu. C’est le cas à Kisangani, à Buta et à Bunia. Le moins que l’on puisse dire, est que la grève décrétée par les syndicats des enseignants est effective.
V. Wakudinga/L’Observateur
Last edited: 04/09/2007 17:22:19