Digitalcongo.net 3.0

Home
Bonjour | 22/11/2008 11:48 | English Make DC Home page | RSS feed

Actualite RDC

International

Services

NEWSLETTER 'Basango'
CONNEXION Nom d'utilisateur Mot de passe Rappellez-moi | Vous avez oublié votre mot de passe? | Déjŕ inscrit?
Ces derniers temps, le centre-ville dans la commune de la Gombe est pratiquement quadrillé par les « shegués », à partir de 18H00. Les enfants en rupture avec leurs familles, appelés communement « enfants de la rue » ou « shegue » dans le jargon kinois  ont de nouveau envahi le centre-ville et autres places publiques de Kinshasa. Avec tous les méfaits qu’entraîne leur présence indé­sirable. Tous les moyens leur sont bons pour la survie : vols à la tire, extorsions d’argent et autres biens de valeur, usage d’armes blanches pour intimider, etc.

Les enfants en rupture avec leurs familles de Kinshasa défient l’autorité urbaine qui a fait instruire l’inspection provinciale de la Police nationale de procéder à leur évacuation de la ville. Cela au lendemain des affrontements sanglants ayant opposé, les 22 et 23 mars 2007, les éléments de la garde du sénateur Bemba, alors vice-président de la République à ceux des Forces armées de la République démocratique du Congo (RDC). Après une éclipse de près d’un mois seulement, parce que traqués ces enfants ont regagné leurs sites respec­tifs. Reprenant ainsi de plus belle, pour la survie les actes de violence décriés, notamment les extorsions des biens aux pas­sants, avec menaces à l’arme blanche. Sans oublier le vol à la tire dans les places publiques, en l’occurrence les marches et dif­férents ronds-points.

Ces derniers temps, le centre-ville dans la commune de la Gombe est pratiquement qua­drillé par les « shegué », à partir de 18H00’. Il est devenu dange­reux de se promener seul ou à deux dans les rues de cette par­tie de la Gombe. Des groupes d’enfants en rupture avec leurs familles apostrophent les gens, les ceinturent et leur exigent de l’ar­gent. Au cas contraire, ils leur arrachent le téléphone portable ou tout autre bien de valeur. Leurs « proies » faciles se recrutent sur­tout parmi les femmes et les jeu­nes filles. Ces dernières libèrent facilement les billets de banque exigés pour se libérer de l’em­merdement de ces mauvais gar­nements.

La menace est telle que la victime s’exécute sans deman­der le reste. Canifs, tessons de bouteille, bâtons et autres barres de fer en mains, ces « shégue » profèrent des injures, des mena­ces de mort pour intimider et pro­cèdent à l’extorsion en cas de résistance. Parfois, cela se passe au vu et au su des autres pas­sants qui poursuivent leur che­min. De peur de subir le même sort. Même les expatriés ne sont pas épargnés. Ceux qui s’hasar­dent à circuler seul ou à deux tombent également dans les « fi­lets » des « shégue ».

S’attaquer aux causes

Cette situation ne date pas d’aujourd’hui. Cependant, elle est loin de trouver solution. Le gou­vernement central, jusque-là, ne propose rien pour mettre fin au phénomène « shegue »  tant dans la capitale que dans les villes et autres centres urbains de l’inté­rieur du pays. A Kinshasa, bien que la situation préoccupe l’Hô­tel de ville, celui-ci aussi semble ne pas savoir que faire au juste. Après l’ultimatum d’une semaine que le gouverneur de la ville, André Kimbuta, avait accordé aux enfants en rupture avec leurs familles pour « évacuer » la ville de Kinshasa, il n’ y a pas eu de suivi. En outre, la mesure sem­ble n’avoir pas été bien mûrie dans la mesure ou les sites d’hé­bergement de ces enfants pour leur prise en charge n’ont pas été prévus. Les héberger, c’est bien. Cependant, faut-il encore non seulement les nourrir mais aussi les occuper pour les rendre uti­les à la société.

Cela en les en­voyant dans les centres d’appren­tissage professionnel et autres centres agricoles de l’Etat. In­frastructures, dont la plupart, n’existent plus que de nom, aujourd’hui, tant à Kinshasa qu’en provinces. C’est ainsi que, ne sachant pas où aller, les « Shégue » sont revenus dans la rue.

A relever aussi le fait que la police a été freinée dans son élan de « traquer » les enfants de la rue. Elle avait été instruite de traiter ceux-ci avec ménage­ment. Sans brutalité. Alors que les policiers ont affaire à des­ marginaux, de véritables hors-la loi. Il leur a été difficile d’exécu­ter convenablement la mission leur confiée par l’autorité urbaine. D’ailleurs, certains éléments des forces de l’ordre « travaillent » en étroite collaboration avec les « Shégue » dont ils assurent la pro­tection, après un cas de vol, par exemple, pour des raisons évi­dentes.

A tout prendre, faute d’éradiquer le phénomène « Shegue » pour lequel on devra d’abord s’attaquer aux causes, les autorités compétentes sont tenues à lutter contre l’insécurité que sèment les enfants en rup­ture familiale. Leur situation ne doit pas les amener à se mettre au-dessus de la loi, en se permet­tant n’importe quoi, sous la barbe des agents de l’ordre.

(Th)

Olivier Dioso/Le Potentiel

Last edited: 04/09/2007 15:59:25

Avenue Kabasele Tshiamala No 21 (Ex. Avenue Flambeau No 4)
Kinshasa/Gombe, RD Congo
E-mail: lettres@digitalcongo.net, relapub@digitalcongo.net
Tel.: +2438941010; Fax.:+1 801 665 1067