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Invité d'honneur au sommet d'affaires Etats-Unis - Afrique organisé par \"Corporate Council for Africa'', le président congolais Joseph Kabila a accordé une importante interview en anglais ŕ la presse américaine.

Invité d'honneur au sommet d'affaires Etats-Unis - Afrique organisé par \"Corporate Council for Africa'', le président congolais Joseph Kabila a accordé une importante interview en anglais ŕ la presse américaine.

Les relations bilatérales de la République démocratique du Congo avec l'Occident, la paix, le conflit, le dialogue intercongolais, les élections, l'aide financičre de la communauté internationale, les investissements étrangers, les attentats du 11 septembre dernier, la défense des frontičres de la RDC, autant des points évoqués au cours de cette interview dont nous ne pouvons vous restituer que la substantifique moelle.

Parlant d'Addis-Abeba, Joseph Kabila a déclaré : « Ce qui s'y était passé était dű au fait que la rencontre n'avait pas été bien préparée mais je crois que le Facilitateur prend le temps qu'il faut pour préparer Durban de telle sorte que nous ne puissions pas quitter Durban avec les męmes contradictions qu'Addis-Abeba. Mais ŕ tout prendre, pour moi, Addis-Abeba a été une rencontre positive ». « La faute est partagée entre les rebelles, la facilitation et le gouvernement ».

« La faute est partagée. Pour ętre tout ŕ fait objectif, peu-ętre le gouvernement n a-t-il pas poussé chacun ŕ faire les choses comme il le fallait », a déclaré Kabila II avant d'envoyer toutes les parties dos-ŕ-dos: « Les rebelles, le gouvernement et le Facilitateur, chacun a sa part de responsabilité et sa compréhension ». « Mais si le destin le veut, je servirai mon pays avec beaucoup de coeur et d'amour ».

A la question de savoir s'il se représentera comme candidat présidentiel aux élections, Joseph Kabila a répondu ; Pour pouvoir me décider s'il faut ou non me présenter comme candidat ŕ l'élection présidentielle, je demanderai l'avis de beau-coup de personnes. La vie va Continuer, que je sois ou non ŕ présidence. Mais si le destin le veut, je servirai, comme je le fais maintenant, mon pays avec beaucoup de Coeur et beaucoup d'amour. Il a ajouté : « Lorsque je parle d'élection, ce n'est pas seulement un souhait, mais un engagement pris en 1997 lorsque la révolution a triomphé. Nous avions promis des élections libres et transparentes deux ans aprčs. Mais la guerre intervenue entre-temps ne nous a pas permis d'honorer cet engagement. Cependant, nous devons organiser ces élections, bien qu'il soit difficile de vous dire en combien de temps. Mais si le pays est unifié, s'il n'y a plus de guerre et qu'il y a une paix totale, comment ne pouvons-nous pas organiser des élections en un an ou en 18 mois avec l'assistance de la communauté internationale ?

A la question de savoir ce que les gouvernements occidentaux trouvent en lui de positif qu'ils ne trouvaient pas en son papa, Kabila, il répond intelligemment : « Peut-ętre les gouvernements occidentaux seraient-ils mieux placés pour répondre ŕ cette question ».

« Aujourd'hui, nous voulons relancer notre économie, la communauté internationale ne nous promet que de beaux mots et rien de sérieux ».

Au chapitre du concours de la communauté internationale, la réponse du n°1 Congolais est sans équivoque: « La communauté internationale doit nous amener la fin de la guerre. Parce que nous ne pouvons pas parler de l'appui de la communauté internationale, alors que le pays est sous occupation étrangčre depuis 3 ans... Pour moi, je ne peux parler que de la simple hypocrisie. Aujourd'hui, nous voulons relancer notre économie et que constatons-nous ? De beaux mots et rien de sérieux... Au mois de mars, l'Union européenne a promis beaucoup de choses quand le dialogue allait commencer.. ».

Il poursuit : « Ce que le Congo attend de la communauté internationale , ce n'est pas des millions ou des milliards de dollars. Que pouvons-nous faire de l'argent dans un pays divisé ? Ce que nous voulons de la communauté internationale, en premier lieu : nous assurer du respect des lois internationales violées en ce qui concerne la guerre d'agression. Et je peux vous dire qu'avec la paix au Congo, nous n'avons pas besoin de tout l'argent du monde ». « Que les événements du 11 septembre ne jettent pas le Congo dans les oubliettes »!

Le président Joseph Kabila craint que les attentats du 11 septembre aux Etats-Unis détournent l'attention de la communauté internationale au détriment de son pays. Ainsi a-t-il déclaré : « Que les événements du 11 septembre ne jettent pas le Congo dans les oubliettes car l'instabilité va se poursuivre dans une partie de notre pays... Le moment est propice pour que rčgne la justice lŕ oů existe la loi de la jungle ». Il va męme loin en comparant la guerre d'agression de son pays au terrorisme : « Les événements du 11 septembre ont fait voir aux uns et aux autres que le terrorisme ayant frappé l'Amérique, nous, nous vivons avec depuis 3 ans. Tous les efforts doivent ętre faits pour régler le problčme une fois pour toutes ».

« La paix et l'investissement sont des jumeaux ». Pour ce qui est de la question d'investissement d'opérateurs économiques étrangers en RDC, le président congolais envisage d'attirer les investisseurs et les hommes d'affaires étrangers du Congo par les codes minier et d'investissement en gestation qui seront adoptés par le Parlement en novembre. Il ajoute : « La paix et les investisseurs sont des jumeaux. Ils vont de pair. Les deux doivent évoluer de maničre parallčle. Maintenant, nous avons besoin de la paix pour mettre les investisseurs en confiance »

\"Dans 3 ans, je voudrais voir un Congo stable et démocratique\".

Trčs visionnaire, Kabila II a déclaré : « Pour moi, 5 ans c'est trop. Parlons de 3 ans. Je voudrais voir un Congo stable et cheminant vers la démocratie. Dans 3 ans, nous pouvons organiser des élections. Nous aurons des leaders et des membres de gouvernement élus ŕ tous les niveaux et le peuple participant ŕ tous les aspects économiques et politiques. Dans 5 ans, je vois un Congo servir de centre d'impulsion pour l'Afrique centrale\".

Pour la défense de ses frontičres face ŕ 9 pays dont certains nourrissent beaucoup d'ambitions, la RDC doit avoir une armée forte en mettant tous les 3 pays limitrophes en position de bénéficier de ses ressources avec l'intégration de la sous-région et de tous ces pays sous des bases équitables, a déclaré Joseph Kabila avant de préciser que la guerre n'affecte pas seulement ses populations, mais aussi 6 de ces pays.

A la question de son apport ŕ la paix au Congo, le président Kabila a annoncé qu'il a apporté une vision pragmatique en essayant devoir les choses autrement. Le problčme n'est pas l'âge de celui qui voit le problčme, mais la vision qu'il a du problčme. « Je veux prouver que la plupart des gens qui m'ont sous-estimé, se sont trompés sur moi. Le problčme n'est pas interne, mais celui d'agression.

Le Rwanda, l'Ouganda et le Burundi doivent ętre réalistes en sachant que faire la guerre n'est pas bien a déclaré Kabila avant d'ajouter qu'on ne peut pas en męme temps faire la paix et la guerre.



Last edited: 07/05/2006 00:08:33

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